/news/society
Navigation

Violence amoureuse: des centaines de personnes marchent en mémoire de Gabrielle-Élie

Un an pratiquement jour pour jour après la tragédie, la mère de famille se bat pour que cesse la violence conjugale auprès des jeunes et espère que des cours de sexualité feront leur entrée dans les écoles.



Camille Gaïor/24 Heures Un an pratiquement jour pour jour après la tragédie, la mère de famille se bat pour que cesse la violence conjugale auprès des jeunes et espère que des cours de sexualité feront leur entrée dans les écoles. 


Coup d'oeil sur cet article

Gabrielle Dufresne-Élie, 17 ans, voulait devenir infirmière et faire le bien. Elle est morte étranglée présumément par son ex-petit ami qui n’acceptait pas la rupture. 300 personnes ont marché à sa mémoire, dimanche.

Larmes, sourires, accolades, cris de joie et de douleur, les émotions étaient vives pour Marlène Dufresne, mère de la jeune victime. Un an après le drame qui lui a enlevé sa fille, elle souhaitait organiser un événement à son image.

«Gabrielle était toujours enjouée, elle était simple et aimait les petits plaisirs de la vie», a confié Mme Dufresne, lors de la marche Je suis Gabrielle, à l'école secondaire de sa fille, Marguerite-De Lajemmerais.

«Gabrielle venait de terminer son secondaire cinq, elle était graduée et voulait devenir infirmière clinicienne. C’était sa nature d’aider les gens», a dit Mme Dufresne, les yeux pleins d’eau.

Marlène Dufresne, mère de Gabrielle.
Camilel Gaïor/24 Heures
Marlène Dufresne, mère de Gabrielle.

Rupture difficile

Mais le 8 juin 2014 au soir, à l'hôtel Le Chablis, sur la rue Sherbrooke Est, la vie a basculé.

Alors que Gabrielle avait décidé de «prendre ses distances» avec Jonathan Mahautière, un petit ami devenu «trop étouffant», leur histoire a tourné au drame.

«Ce jour-là, en après-midi, ils étaient allés chez une thérapeute pour parler de leur couple, car lui n’acceptait pas la rupture, a ajouté Mme Dufresne. Après, il lui a proposé de l’amener à l’hôtel pour une dernière fois Elle est morte par strangulation.»

Jonathan Mahautière a été accusé de meurtre et risque la prison à vie.

Un an pratiquement jour pour jour après la tragédie, la mère de famille se bat pour que cesse la violence conjugale auprès des jeunes et espère que des cours de sexualité feront leur entrée dans les écoles.



Camille Gaior

Les limites de l’amour

Aujourd’hui, la famille tente de se reconstruire en donnant un sens au drame qui leur a enlevé leur fille, leur sœur, leur amie.

Pour Mourad, beau-père de Gabrielle, il faut aider les jeunes à trouver leurs repères. «À l’école, on leur donne des préservatifs, mais il faut les sensibiliser sur les limites de l’amour, du harcèlement et de la manipulation. C’est encore un sujet tabou et les adolescents ne viennent pas raconter des problèmes qu’ils pensent pouvoir régler eux-mêmes.»

Un discours vivement soutenu par Jasmin Roy, président de la Fondation Jasmin Roy et coorganisateur de la marche, qui plaide pour un retour des cours d’éducation à la sexualité à l’école.

Jasmin Roy, président de la Fondation Jasmin Roy et coorganisateur de la marche.
Camilel Gaïor/24 Heures
Jasmin Roy, président de la Fondation Jasmin Roy et coorganisateur de la marche.

«Pas juste parler de l’acte en tant que tel, mais des relations égalitaires, du respect de soi, de l’autre et de la conscience sociale.»

Selon l'Institut de la statistique du Québec, au secondaire, un élève sur trois est victime de violence, les filles en plus grande proportion que les garçons puisque 11 % d’entre-elles auraient subi des violences physiques et 15 % sexuelles.

La marche «Je suis Gabrielle» a pris part autour de l'école secondaire Marguerite de Lajemmerais, établissement que fréquentait la jeune victime.
Camilel Gaïor/24 Heures
La marche «Je suis Gabrielle» a pris part autour de l'école secondaire Marguerite de Lajemmerais, établissement que fréquentait la jeune victime.

Pression sociale

Des violences souvent passées sous silence par des adolescentes également victimes d’une pression sociale.

«Chez les filles, il y a la pression de prouver aux autres qu’on est «aimable» et aussi la peur de se faire ostraciser si on change trop souvent de chum», a poursuivi M. Roy qui pense que trop de jeunes banalisent l’intimidation amoureuse.

Une pression qui peut être étouffante comme pour une jeune adolescente, qui a lancé un cri du cœur mardi dernier sur sa page Facebook dans une vidéo déjà visionnée plus de 30 000 fois.

«J’ai une réputation de pute, de bitch, explique la jeune fille en sanglots dans sa vidéo et visiblement ciblée par des insultes à répétition. Mais je ne sais pas ce que j’ai fait de mal.»

Après 4 minutes 30, elle s’adresse directement à ses agresseurs pour leur dire: «le monde qui se suicide ne veut pas arrêter de vivre, ils veulent arrêter de souffrir».

Jfais dure jmenfou la video spas pr faire pitier spr vs faire comprendre a quelle point sa fais mal Sincerement jsuis au bout du rouleau

Posted by Emilie Ouellette on Tuesday, June 9, 2015