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Moi, islamophobe ?

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Je n’ai jamais écrit une seule ligne, ou prononcé une seule parole contre l’islam en tant que religion ou contre les Musulmans parce qu’ils sont musulmans. Ce qui n’empêche pas Adil Charkaoui de croire que je suis islamophobe. C’est son droit, nous vivons dans un pays libre.

Je n’ai jamais écrit une seule ligne, ou prononcé une seule parole contre l’islam en tant que religion ou contre les Musulmans parce qu’ils sont musulmans. Ce qui n’empêche pas Adil Charkaoui de croire que je suis islamophobe. C’est son droit, nous vivons dans un pays libre.

Je déteste l’islamisme, cet islam perverti, conquérant, violent, suprémaciste, qui met des balles dans la tête de fillettes qui veulent fréquenter l’école, qui demande à des enfants de mourir en martyrs.

J’en ai aussi contre les État islamique de ce monde et leurs courroies de transmission locales qui blâment toujours l’Occident pour les problèmes des Musulmans.

Ricochet, un webmédia canadien de gauche, publie une lettre ouverte signée par des membres de la Collective des Féministes musulmanes du Québec et un chercheur en dé-radicalisation, pour expliquer l’attrait du djihadisme.

Grosso modo, ces jeunes qui partent en Syrie seraient en quête d’une solution à des problèmes tels «les injustices qui frappent les contrées lointaines de l’islam... la haine islamophobe qui se déverse abondamment ici même... et surtout, les conséquences de ces injustices sur les jeunes», dont la stigmatisation.

Ajoutant que «le jihadisme est au service des rentiers de l’impérialisme et de l’islamophobe».

Je ne veux pas nier le rôle de l’Occident dans la débâcle actuelle mais c’est pousser fort le café d’affirmer que l’islamophobie crée le jihadisme ou que la haine islamophobe se déverse abondement ici.

Mais que vois-je à Québec? Des Libéraux qui opinent du bonnet?

Charlie, où es-tu ?

Pendant que nous étions occupés à débattre d’hypothétiques tchadors, le gouvernement libéral a présenté un projet de loi «visant les discours haineux et à accroître les mesures de protection des personnes».

Le projet de loi 59, dont les dispositions seraient aussi enchâssées dans la Charte des droits et libertés, rendrait très périlleuse toute critique d’une religion.

Cet absurde projet de loi liberticide donnerait à la Commission des droits de la personne d’immenses pouvoirs pour enquêter sur des propos haineux, à partir de dénonciations ouvertes ou anonymes, faites par des individus ou au nom d’une communauté et de décider si un crime a été ou sera commis. Le cas échéant, la Commission poursuivrait. En plus d’écoper d’amendes salées, les coupables verraient leurs noms affichés sur internet. Cela s’appelle du shaming.

La Commission pourrait aussi initier ses propres enquêtes et faire interdire des propos avant leur diffusion ou publication.

Il existe déjà une loi canadienne contre la propagande haineuse, reconnue comme une des meilleures au monde, en raison des conditions strictes qu’elle impose pour inculper quelqu’un. Avec le projet de loi 59, le gouvernement se donnerait un mécanisme de contrôle moins rigoureux.

À quand mon tour ?

Adil Charkaoui, qui m’en veut, entre autres choses, d’avoir écrit que la décapitation existait au temps de Mahomet, pourrait s’en plaindre à la Commission. Ou dénoncer mon collègue Martineau. Les sites d’information sur l’islamisme comme Point de bascule ou Poste de veille passeraient à la trappe, déjà qu’ils sont dans la mire du président de la Commission, Jacques Frémont qui dit viser des «gens qui écriraient contre... la religion islamique». Entendu à Radio-Canada l’an dernier.

Et moi qui croyais que nous vivions dans un pays libre.