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Découragé des Québécoises, il s'envole vers l'Ukraine

Un homme cherche la femme de ses rêves en là-bas puisque les femmes ici ne veulent pas s’engager

<b> Maxime</b> <br />
Client CQMI
Photo courtoisie Maxime
Client CQMI

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Déçu par les filles québécoises qui selon lui ne veulent pas s’engager dans des relations durables, Maxime, âgé de 30 ans, s’envole vers l’Ukraine pour tenter de trouver la femme de sa vie.

Déçu par les filles québécoises qui selon lui ne veulent pas s’engager dans des relations durables, Maxime, âgé de 30 ans, s’envole vers l’Ukraine pour tenter de trouver la femme de sa vie.

«Je n’arrivais pas à trouver des filles sérieuses. Elles veulent juste s’amuser pour un soir. Elles n’ont plus de patience. Elles vont te laisser après la première chicane. Ce n’est plus l’amour comme dans le temps de nos parents», se désole Maxime, qui a préféré taire son nom de famille pour ne pas se faire embêter.

Après avoir multiplié les échecs sur les sites de rencontres traditionnels, Maxime a passé une série des tests et a déboursé 1500 $ pour s’inscrire pour un an au Centre québécois des mariages internationaux (CQMI) à Montréal.

Six femmes

Cette agence de rencontre met en contact des hommes québécois avec des femmes de l’Europe de l’Est, principalement de l’Ukraine et de la Russie.

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Posted by Agence CQMI on vendredi 17 avril 2015

Ce serait la première du genre au Québec alors qu’il en existe déjà aux États-Unis.

Maxime a envoyé des lettres à différentes candidates et a eu quelques discussions avec l’une d’entre elles via Skype. Il doit rencontrer six femmes lors de son séjour d’une semaine.

«Quand on leur parle, on voit qu’elles sont prêtes à se battre pour leur homme, qu’elles veulent que leur couple fonctionne. Mes amis ici sont tous séparés, ce n’est pas ce que je veux», insiste celui qui travaille dans une entreprise de nouvelles technologies.

Le CQMI fait affaire avec des agences de rencontre en Europe de l’Est qui sélectionnent les femmes. Elles ont en majorité un emploi et de bonnes études et doivent pouvoir s’acclimater à une nouvelle culture.

 

Antoine Monnier, président de l’agence CQMI, considère que les femmes slaves ont des valeurs plus traditionnelles.
Photo Le journal de Montréal, Marie-Ève Dumont
Antoine Monnier, président de l’agence CQMI, considère que les femmes slaves ont des valeurs plus traditionnelles.

Compétition

«Au Québec, les couples vivent en compétitivité. C’est la course à celui qui a le plus de responsabilités, le plus gros salaire, tandis que là-bas, les couples vivent en complémentarité. L’homme est la figure d’autorité et la femme est le “liant”, elle influence les décisions et s’occupe de l’éducation des enfants, mais les deux travaillent», mentionne Antoine Monnier, président de CQMI.

Maxime ne pense pas revenir de l’Ukraine avec la bague au doigt, mais espère développer les bases d’une relation durable.

Malgré ses attentes, il compte écouter son cœur, dit-il.


Les risques de déception sont grands

Les hommes qui se tournent vers des femmes ailleurs dans le monde pour retrouver des valeurs plus traditionnelles risquent fort d’être déçus, selon des experts.

«On idéalise peut-être ces femmes-là en pensant qu’on pourra les mettre “à notre main”, mais ça ne veut pas dire qu’elles seront dociles non plus, soutient Sylvie Lavallée, sexologue et psychothérapeute. Il me semble que les Québécoises ne sont pas des guerrières et qu’elles sont nombreuses à vouloir des relations solides»,

Sylvie Lavallée, sexologue
Photo d'archives
Sylvie Lavallée, sexologue

Mme Lavallée se déçoit de voir que le modèle de la vie moderne déplaise autant à certains hommes qui veulent retourner au temps de leurs grands-parents.

«Les femmes travaillent fort pour allier travail et famille. Je ne comprends pas comment on peut avoir des idées aussi rétrogrades», dénonce-t-elle.

Longues démarches

Les démarches d’immigration sont aussi très complexes et peuvent prendre des mois, voire des années.

«Lorsqu’on veut parrainer une épouse, peu importe le pays d’où elle vient, le délai de traitement est de 12 à 35 mois», mentionne l’avocat spécialisé en immigration, Me Jean-Sébastien Boudreault.

La personne qui décide de parrainer un membre de sa famille est responsable de pourvoir à ses besoins durant trois ans. Ce qui fait que même si la personne immigrante ne travaille pas, elle n’est pas en droit de réclamer de l’aide sociale.

Et si le mariage ne se déroule pas comme prévu, la responsabilité demeure.

«Les gens veulent essayer quelque chose de nouveau. C’est souvent des hommes qui ont été désillusionnés par leurs relations ou qui ont déjà été mariés, estime l’avocate en droit familial Me Marie Annick Walsh. Il arrive que ça finisse en fausse promesse, ou la réalité les rattrape lorsqu’ils se retrouvent dans le quotidien», cite-t-elle en exemple.