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Passion microsillon

Passion microsillon
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier

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Olivier Robillard Laveaux nous avait donné rendez-vous aux 33 tours sur Mont-Royal, une boutique de disques vinyles à Montréal. Ce choix n’était pas innocent. Grand amoureux du microsillon, le journaliste et chroniqueur a incorporé sa passion au concept de FAQ (Fabriqué au Québec), sa nouvelle émission à MusiquePlus.

Brossant le portrait de différentes formations musicales émergentes, ce magazine transporte le téléspectateur en studio, où chaque semaine seront enregistrés les titres d’une compilation... qui verra le jour exclusivement en vinyle. Nous avons parlé musique avec l’animateur.

Quand t’es-tu découvert une passion pour les vinyles ?

Il y a seulement deux ou trois ans.

Quelle a été la bougie d’allumage ?

Je voulais écouter les disques de vieux bands rock comme les gens les écoutaient dans le temps. Je me suis donc acheté une bonne table tournante et tranquillement, j’ai commencé à acheter en vinyle des disques compacts que j’avais déjà. J’avais beau avoir des coffrets de CD de Pink Floyd, c’était en vinyle que je voulais les écouter. Pour le vieux stock, j’allais piger dans la discothèque de mon père. Quand il a voulu vendre ses vinyles, il m’a dit: «Prends ce que tu veux!» C’est ce que j’ai fait!

Des exemples ?

J’ai pris tous les Bob Dylan, les Rolling Stones, les Led Zeppelin, Grateful Dead, Sting... Il avait vraiment une collection tripante. En plus, mon père faisait très attention à ses disques. Ils étaient tous en super bon état.

Outre la qualité sonore, comment expliques-tu ton attachement au vinyle ?

J’aime l’objet, mais c’est une déformation professionnelle. Parce que quand t’es journaliste musique, tu reçois plein de CD gratuitement chaque semaine. Au bout d’un certain temps, tu en as tellement que tu arrêtes de leur faire attention. L’objet perd sa signification... Pour moi, le vinyle a ramené son importance. Quand je tiens Live at the BBC de Jimmy Hendrix, c’est trois vinyles dans la même pochette, j’ai l’impression d’avoir un monument du rock entre les mains. C’est lourd, c’est gros, c’est précieux... J’aime aussi le rituel qui vient avec: s’assoir devant le système de son, devoir se lever pour aller changer le disque de bord... Ça te permet d’être plus concentré sur la musique. Quand j’écoute des trucs en mp3 sur mon ordi, je surfe sur internet, je fais plein de choses en même temps... Ce n’est pas pareil.

Te souviens-tu du tout premier vinyle que tu t’es acheté ?

Si on avait besoin d’une cinquième saison d’Harmonium. J’étais tombé dessus dans une vente de garage. Il était 50 cennes. En bon état. Pas trop scratché.

FAQ (Fabriqué au Québec) est articulé autour de groupes locaux. D’où vient ton amour pour la musique québécoise ?

Mon père écoutait beaucoup de musique anglophone, mais aussi beaucoup de ­Michel Rivard, de Richard Desjardins... Je me suis vite familiarisé avec la musique francophone. Au primaire, je me faisais écœurer parce que je tripais sur Vilain Pingouin et Jean Leloup, quand tout le monde tripait sur Guns N’ Roses et ­Metallica. Je n’étais pas dans la gang des cools!

Est-ce difficile d’intéresser le grand ­public à des groupes émergents ?

C’est le grand défi. J’ai participé à ­plusieurs émissions culturelles au fil du temps et les cotes d’écoute n’étaient jamais très grandes. Mais en même temps, ce n’est pas vrai de dire que les gens n’aiment pas la musique à la télé, parce que l’émission la plus regardée, c’est La Voix, qui met en vedette des jeunes artistes que personne ne connaît.

Joues-tu d’un instrument de musique?

Je joue un peu de batterie, un peu de guitare, un peu de basse... J’ai plein d’instruments chez moi, mais je suis bon dans rien! Une fois par semaine, je jam avec un band pour le fun. Certains gars vont jouer au badminton le mardi soir... Nous autres, on fait du bruit le mardi soir!

Olivier Robillard Laveaux anime FAQ (Fabriqué au Québec) le jeudi 20 h 30 à MusiquePlus.

Brèves

Top 5

Ses vinyles préférés

  • After the Gold Rush (de Neil Young)
  • Jaune (de Jean-Pierre Ferland)
  • Mermaid Avenue Vol. I (de Wilco et Billy Bragg)
  • Love Tara (de Eric's Trip)
  • Kind of Blue (Miles Davis)