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Un père qui en mène large

Le père de l’attaquant du Canadien serait la cause du divorce entre son fils et Igor Larionov

Alex Galchenyuk
Photo AFP Alex Galchenyuk

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Le divorce prononcé il y a 11 jours entre Alex Galchenyuk et son agent, Igor Larionov, ne serait pas que le résultat d’une mésentente sur la façon de négocier la prochaine entente du joueur américain.

Des sources près du dossier ont indiqué au Journal de Montréal qu’Alexander Galchenyuk, le père de l’attaquant de 21 ans, a les dents longues et en mène large dans la carrière de son fils. On avance même que le jeune homme est le pourvoyeur de la famille.

«Il y a un bon moment que Larionov songeait à demander au paternel de prendre ses distances. Il est possible qu’il soit allé de l’avant dans ce dossier et que cela n’ait pas plu à M. Galchenyuk», a raconté un agent influent de la LNH.

Il y a une dizaine de jours, Pat Hickey, du quotidien anglophone The Gazette, faisait état des relations tendues entre le clan Galchenyuk et celui de son agent. 

Dans l’article, on pouvait lire que Larionov estimait avoir été congédié parce que la famille de Galchenyuk et l’athlète lui-même refusaient ses conseils.

«Ian [Pulver, son associé] et moi tentions de l’aider à devenir un bon joueur de hockey, mais de façon plus importante, de devenir un bon être humain», soutenait Larionov dans le texte publié le 22 juin.

Alex Galchenyuk
Photo courtoisie

Pas une première

Depuis, Galchenyuk a rejoint Pat Brisson de la puissante écurie Creative Artists Agency.

Ce n’est pas la première fois qu’un joueur de la LNH est aux prises avec un problème similaire.

«Non, ce n’est pas nouveau. D’ailleurs, c’est l’une des premières choses que Pat devra régler», a confirmé un autre agent de la LNH, bien au fait de l’influence de M. Galchenyuk sur son fils. 

«Habituellement, une façon de régler le problème est de dire au jeune: «On comprend que c’est ta famille. On ne te demandera jamais de couper les ponts. Tu peux lui faire un chèque qui couvrira certaines dépenses pour l’année, mais tu n’as pas à veiller à ses besoins sur une base quotidienne». Souvent, ça fonctionne», a-t-il ajouté.

Les cas Roussel et Johnson

Souvent, mais pas tout le temps. 

La situation de Galchenyuk est loin d’être aussi dramatique, mais elle n’est pas sans rappeler deux histoires similaires.

Dominic Roussel, qui a roulé sa bosse dans la LNH entre 1991 et 2001, s’est fait flouer par son père, qui lui servait d’agent. Alors que le gardien tentait de garder la tête hors de l’eau avec les Flyers, son père pigeait dans les avoirs de son fils pour acheter trois propriétés. 

Il avait également modifié la police d’assurance-vie de son fils en remplaçant, sur la liste des bénéficiaires, le nom de sa bru et de ses petits-enfants, par celui de sa femme et le sien.

L’automne dernier, Jack Johnson a dû déclarer faillite après avoir accumulé des dettes totalisant 10 M$

En 2008, le défenseur qui jouait alors pour les Kings avait confié le contrôle de son argent à ses parents. Plusieurs mauvais investissements et des dépenses exorbitantes ont mis Johnson, ciblé conséquemment par trois poursuites, sur la paille.

Le Journal a tenté, sans succès, de joindre le joueur du Canadien.

 

Vers un contrat transitoire

Le dossier d’Alex Galchenyuk avance. Marc Bergevin a profité de ce point de presse pour répéter que les deux parties étaient près d’une entente.

Selon ce que Le Journal a pu apprendre, les intentions du Canadien seraient d’offrir à l’attaquant de 21 ans un contrat transitoire de deux saisons.

Il devra faire ses preuves avant d’espérer un contrat à long terme

Bergevin souhaiterait que l’Américain fasse un peu plus ses preuves avant de lui dérouler le tapis rouge en direction du coffre-fort.

Le directeur général opterait ainsi pour la stratégie contractuelle qu’il avait utilisée avec P.K. Subban. Une stratégie qui avait rapporté des dividendes. Carey Price et Max Pacioretty ont également dû franchir cette étape.

À l’inverse, le directeur général du Canadien y est allé immédiatement pour l’union à long terme lorsqu’est venu le temps d’offrir une prolongation de contrat à Brendan Gallagher, en novembre dernier. L’Albertain de 23 ans avait apposé sa signature au bas d’un contrat de six ans évalué à 22,5 M$.

Voilà un autre point litigieux qui aurait mené à la rupture entre le clan Galchenyuk et la firme d’Igor Larionov.

Le père de Galchenyuk aurait exigé que Larionov mette de la pression sur le Canadien pour obtenir une entente similaire.

Peu de comparaisons possibles

Or, les comparatifs entre les deux jeunes attaquants sont, pratiquement, inexistants.

Bien sûr, les statistiques paraissent similaires. En trois saisons, Gallagher a récolté 116 points, dont 58 buts. Au cours de la même période, Galchenyuk, en a accumulé 104, faisant scintiller la lumière rouge à 42 reprises.

Cependant, au-delà des points, la contribution de Gallagher est nettement supérieure à celle de son coéquipier. Utilisé sur la première unité, l’ailier droit exerce un échec avant soutenu, dérange l’adversaire et fait la vie dure aux gardiens de but.

Quant à Galchenyuk, il fait encore trop souvent preuve de cette inconstance qui afflige les jeunes attaquants talentueux.

La saison dernière, il a connu des sécheresses de 10 et neuf rencontres sans but, avant de terminer la campagne avec une séquence de deux buts en 22 matchs.

Encore des points d’interrogation

Le cas de Galchenyuk soulève tellement de questionnements du côté de l’état-major du Canadien qu’on ne sait même plus si on tentera de le muter au centre comme le prévoyait le plan initial, ou si on le laissera poursuivre sa carrière sur le flanc gauche.

«Ce n’est pas une chose qu’on a mise de côté (de le ramener au centre). Mais on ne veut pas mettre de la pression sur le jeune», a indiqué Bergevin.

«Rien n’a changé. Mais le centre est une position difficile. Tu dois être responsable dans les trois territoires. Pour y arriver, ça peut prendre du temps. J’espère qu’il deviendra un centre un jour», a-t-il ajouté.

Des propos un peu plus nuancés que ceux qu’il avait tenus lors du bilan de fin de saison.

 

Qui est Alexander Galchenyuk ?

 

Lui-même ancien joueur de hockey, Alexander Galchenyuk a joué pendant 17 saisons dans différentes ligues professionnelles d’Amérique du Nord et d’Europe.

Il a représenté l’URSS au Championnat mondial de hockey junior de 1987 et à la Coupe Canada de 1991.

M. Galchenyuk a toujours suivi de très près la carrière de son fils. Il occupait le rôle d’entraîneur adjoint du Sting de Sarnia durant le séjour d’Alex avec cette équipe de la Ligue junior de l’Ontario.

Lors de la saison écourtée par le lock-out, la première d’Alex dans la LNH, l’homme de 47 ans est demeuré à l’emploi du Sting.

Ce n’est qu’à compter de la saison suivante que M. Galchenyuk a emménagé chez son fils avec sa femme Inna et sa fille Anna.

Après un an de colocation, ils ont quitté la demeure du joueur du Canadien. C’était avant le début de la dernière campagne.