/news/currentevents
Navigation

Il ne supportait pas la rupture

Un père en instance de divorce a tué son fils de 10 mois dimanche avant de s’enlever la vie

La mère de famille, Marta Rzepkowska s’est effondrée de douleur en apprenant la nouvelle.
Photo facebook La mère de famille, Marta Rzepkowska s’est effondrée de douleur en apprenant la nouvelle.

Coup d'oeil sur cet article

Le père qui a tué son petit Adam, 10 mois, avant de se suicider derrière sa résidence d’Anjou dimanche refusait d’accepter la demande de divorce de sa conjointe.

Rafal Zembowicz, 39 ans, prenait tellement mal la rupture avec sa femme Marta Rzepkowska, 43 ans, que cette dernière aurait dû recourir aux services d’un huissier pour lui transmettre des documents la semaine dernière, selon une voisine.

Ce drame familial est survenu alors qu’on apprenait hier qu’un désir de vengeance envers son ex serait à l’origine du double meurtre commis par Michel Dubuc à l’endroit de ses fils jeudi dernier à Boucherville.

Quant au meurtre-suicide d’Anjou, la séparation récente des parents pourrait être l’élément ayant déclenché cet excès de violence.

C’est dans le cabanon situé dans la cour arrière de la résidence, que les policiers ont trouvé les corps du petit Adam, 10 mois, et de Rafal Zembowicz.
Photo claudia berthiaume
C’est dans le cabanon situé dans la cour arrière de la résidence, que les policiers ont trouvé les corps du petit Adam, 10 mois, et de Rafal Zembowicz.

D’après les voisins, le couple qui a emménagé sur l’avenue des Vendéens il y a moins d’un an, semblait heureux.

Chicanes récentes

Mais le père aurait mis son fils de 18 ans à la porte en avril dernier. Et la relation de couple se serait détériorée récemment au point de mettre la maison en vente.

«Il y a eu quelques différends dans les deux dernières semaines», rapporte Nicole Rouillard, qui habite la résidence voisine.

«Jeudi, ils s’engueulaient solidement dans leur langue», continue-t-elle, en parlant du couple d’origine polonaise.

Rafal Zembowicz, Décédé
Photo facebook
Rafal Zembowicz, Décédé

C’est aussi la semaine dernière qu’une autre voisine, Khira Zitouni, les a vu se parler «comme s’ils avaient l’air choqués» pour la première fois. «Lui et sa femme se parlaient fort avec les bras dans les airs», dit-elle.

Pas de danger

Quelques jours plus tôt, Mme Rzepkowska avait annoncé à Nicole Rouillard qu’elle se séparait de son mari après environ 20 ans de vie commune. «Elle m’a dit: “C’est fini, je le laisse. J’ai fait mon effort, mais il n’y a rien qui marche”», raconte Mme Rouillard.

Questionnée par sa voisine, la mère d’Adam aurait ajouté qu’il était important que le petit continue de voir son père. «Il était fort en gueule, mais il n’avait jamais levé la main sur qui que ce soit.»

Mais dimanche soir, M. Zembowicz a enlevé la vie à son petit Adam. Puis, il s’est pendu dans le cabanon. «On a entendu un hurlement vers 22 h. Marta était effondrée par terre devant la maison», souligne Mme Rouillard.

Contactés par la mère inquiète d’être sans nouvelles de son conjoint et de son fils, les policiers venaient de faire la macabre découverte.

Sept parents tuent un enfant chaque année au Québec

 

En moyenne sept parents québécois tuent un de leurs enfants chaque année, un chiffre d’autant plus déroutant que deux drames familiaux différents ont eu lieu dans les cinq derniers jours.

Ce chiffre compte non seulement les parents qui décident d’emporter leurs enfants avec eux dans la mort après une rupture amoureuse ou une demande de garde, mais aussi les enfants qui meurent de leurs blessures après avoir été victimes de maltraitance, explique Suzanne Léveillée.

Selon cette professeure de psychologie à l’Université du Québec à Trois-Rivières, ce sont autant des pères que des mères qui commettent l’irréparable.

«Le filicide – meurtre d’un enfant par un parent – est suivi du suicide chez près de 50% des hommes», ajoute la chercheuse spécialisée en violence intrafamiliale.

La rage, le sentiment de trahison, l’impression de perdre le contrôle et la peur de l’abandon sont autant d’hypothèses pouvant expliquer ces drames familiaux, d’après elle. Ceux qui s’en prennent à leurs enfants ne font pas toujours ça pour punir le conjoint. «C’est une détresse, un traumatisme», explique-t-elle.

Contrôle absolu

Mais lorsqu’un parent tue par vengeance, c’est souvent le désir de contrôle sur l’environnement qui explique qu’il en vienne à assassiner ses enfants plutôt que de simplement se suicider, croit Myriam Dubé, professeure de travail social à l’UQAM.

«La personne n’a pas ce qu’elle veut, alors elle s’en prend aux gens qui, selon elle, sont censés le lui donner. [En tuant les enfants], elle élimine une extension de ceux à qui elle en veut.»

«Dans le cas du suicide [sans homicide], la personne pense qu’elle n’a plus de ressources, qu’elle ne contrôle plus rien, mais elle ne cherchera pas à prendre le contrôle des autres», estime Mme Dubé.

Avec la collaboration de Dominique Scali