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Abuser de la friture obstruerait le cerveau

Les gras saturés agiraient comme une véritable drogue

Poutine
michelaubryphoto - Fotolia Les acides gras saturés se trouvent notamment dans les graisses animales (laitage, viande), ainsi que dans les huiles de coco et de palme utilisées pour la friture.

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En plus d’être mauvais pour la santé, manger gras nuirait au bon fonctionnement du cerveau, d’après une découverte montréalaise.

Une alimentation riche en friture obstruerait en effet le cerveau au point de nuire au fonctionnement d’une voie cérébrale essentielle au contrôle de la motivation, d’après l’équipe de la Pre Stéphanie Fulton, chercheuse à l’Université de Montréal et au Centre de recherche du CHUM ­(CRCHUM).

«Nos recherches démontrent qu’indépendamment du gain pondéral et de l’obésité, une alimentation riche en gras saturés peut nuire au fonctionnement des circuits cérébraux étroitement associés aux troubles de l’humeur, à la toxicomanie et à l’hyperphagie», explique la Pre Fulton.

Comme une drogue

Son équipe est la première à démontrer que consommer une grande quantité de gras saturés atténue la sensibilité du système de récompense au point de pousser à consommer toujours plus de mauvais gras.

En fait, plus on consommerait de frites, par exemple, plus il faudrait «en consommer davantage pour atteindre le même niveau de satisfaction», explique la Pre Fulton.

C’est «un phénomène semblable à la tolérance aux drogues, qui fait que la personne doit augmenter la dose avec le temps pour obtenir le même effet», ajoute la chercheuse du Département de nutrition de l’Université de Montréal.

Stéphanie Fulton
Poutine
Photo courtoisie

 

La scientifique explique que les acides gras peuvent traverser la barrière hématoencéphalique qui sert à réguler le milieu dans lequel baigne le cerveau pour le séparer du sang.

Ces acides s’accumulent dans les tissus du cerveau et pourraient provoquer une inflammation, ce qui expliquerait qu’ils nuisent au bon fonctionnement du muscle cérébral. C’est d’ailleurs l’effet qu’ont les mêmes acides gras sur les tissus du foie par exemple.

Privilégier l’huile d’olive

En revanche, les gras mono-insaturés, présents notamment dans l’huile d’olive, sont connus pour ne pas produire cette inflammation des tissus. Et d’après l’étude de la Pre Fulton, ils ne nuisent pas non plus au fonctionnement du cerveau.

L’équipe montréalaise a fait cette découverte en étudiant trois groupes de rats. Alors que le premier était un groupe témoin, le second a reçu une alimentation riche en gras mono-insaturés et 50 % de ses calories provenaient de l’huile d’olive. Le troisième, par contre, a été nourri de gras saturés et la moitié de ses calories provenaient de l’huile de palme.

Au bout de huit semaines, tous les rats avaient un poids similaire, mais seuls ceux du troisième groupe présentaient une dysfonction du cerveau.