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Obama, le pire président de l’histoire des É-U?

Obama, le pire président de l’histoire des É-U?
Photo AFP

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À la mi-juin, je prenais part à Montréal à une réception privée en l’honneur du gouverneur du Wisconsin, Scott Walker, qui vient de joindre les rangs de la surpeuplée course à l’investiture républicaine en vue des présidentielles de 2016 (Walker a été gentil et affable avec tout le monde. Visiblement, un politicien terre-à-terre. Peut-être le meilleur espoir des républicains après l’actuel favori dans cette course, Jeb Bush. Mais ce n’est pas l’objet de ce billet).


Sans surprise, la salle du cocktail fourmillait de prorépublicains adeptes de Fox News. L’un d'eux, un Américain qui enseigne à l'Université McGill, m’a gentiment narguée au sujet de l’actuel leader démocrate chez nos voisins du Sud. «Barack  Obama est le pire président de l’histoire des États-Unis!», m’a-t-il lancé frondeur. «Nomme-moi une seule réalisation de sa part depuis qu’il est en poste.»


Je pensais justement à ce type, ce mardi matin au réveil, en apprenant que les pays du groupe 5 + 1 en étaient finalement arrivés à une entente historique pour limiter les ambitions nucléaires de l’Iran. Un compromis arraché après 12 ans de négociations infructueuses. Si ça a marché cette fois-ci, c’est grâce à la diplomatie américaine. Évidemment, vous me direz que l’accord reste à être approuvé par le Congrès, à majorité républicaine. Ce qui s’annonce difficile... N’empêche, un gros «plus» au bilan d’Obama.


En fait, en prenant connaissance de cet historic deal à CNN, je me disais surtout que c’était bien dommage que je n’aie pas croisé ce prof de McGill cette semaine, plutôt qu’il y a un mois. Parce que le président Obama, ces jours-ci, les réalisations, il les enfile les unes après les autres. Et elles sont tout aussi historiques, les unes que les autres.


Des preuves?


Le 10 juillet: la Caroline du Sud retire le controversé drapeau confédéré qui flottait au-dessus de son Parlement depuis 1961. Ce dénouement survient après qu’Obama, dans un des gestes les plus mémorables (et les plus émouvants) de sa présidence alors qu’il entonne le fameux Amazing Grace aux funérailles d’un pasteur noir abattu par un suprémaciste blanc à Charleston, eut exhorté les autorités à se débarrasser de ce relent de l’esclavage. Message reçu.


1er juillet: la Maison-Blanche annonce officiellement le rétablissement des relations diplomatiques avec Cuba, rompues il y a plus de 50 ans. Une étape sans précédent vers la fin des hostilités. Les États-Unis rouvriront leur ambassade à Cuba, et vice versa, lundi prochain.


26 juin: la Cour suprême légalise le mariage gai dans la totalité des 50 États américains. Le président avait préparé le chemin en 2010 en abolissant la législation «Don’t ask, don’t tell » discriminatoire envers les homosexuels dans l’armée.


25 juin: le même tribunal déclare constitutionnel l’Obamacare, la fameuse réforme de la santé d’Obama qui assure des soins en cas de maladie à quelque 30 millions d’Américains parmi les plus démunis.

 

Bien dommage, en effet, que je n’aie pas croisé ce type cette semaine...


Je me suis quand même contentée de lui répondre que depuis sa première élection en 2008, le président Obama a réussi à sortir son pays de deux guerres (Irak et Afghanistan) qui ont coûté des milliards et que son prédécesseur avait «mises» sur la carte de crédit.


Réussi à sortir le pays d’une des pires crises économiques de son histoire.


Réussi à sauver de la faillite le système bancaire américain et le géant de l’automobile GM.


Réussi à doubler le rendement des marchés boursiers.


Réussi à créer un nombre record de 13 millions d’emplois dans le secteur privé.


Réussi à réduire le chômage de moitié (de 10,1 % au moment d’entrer à la Maison-Blanche à 5,5 % aujourd’hui).


Réussi à débarrasser la planète du plus meurtrier terroriste jamais vu, Ousama Ben Laden.


Quoi qu’en disent et qu’en pensent ce prof américain de McGill et Fox News, ce n’est somme toute pas si mal pour le «pire président de l’histoire des États-Unis»...