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Osheaga perd des plumes

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Vous avez entendu la dernière? Les organisateurs d’Osheaga demandent aux hipsters qui fréquentent le festival de musique de la fin juillet de ne pas porter de coiffe indienne, pour ne pas offenser les autochtones.

Vous avez entendu la dernière? Les organisateurs d’Osheaga demandent aux hipsters qui fréquentent le festival de musique de la fin juillet de ne pas porter de coiffe indienne, pour ne pas offenser les autochtones.

Personnellement, il ne me viendrait pas à l’esprit de porter un casque de plumes pour aller danser sur du Patrick Watson ou du Black Keys. Mais il semble que c’est très tendance dans les festivals de musique comme Coachella et compagnie.

Je ne veux pas blâmer les organisateurs de Osheaga. Après tout, ils font exactement ce qu’avaient fait en 2014 les organisateurs de Bass Coast, un festival de musique électronique de Colombie-Britannique, qui avaient carrément interdit les parures indiennes.

Non, ce qui me choque, c’est qu’on vive dans un monde tellement politiquement correct que le simple fait de porter un chapeau indien est considéré comme une offense à tout un peuple, un geste raciste, un crime racial et une insulte à la mémoire des ancêtres. Ça va faire !

TEMPÊTES ET VERRES D’EAU

Depuis quelques années, les controverses autour des coiffes indiennes se suivent et se ressemblent.

En 2012, la mannequin Karlie Kloss a dû s’excuser d’avoir porté une coiffe de plumes lors d’un défilé de lingerie féminine Victoria’s secret. (Bon, elle portait aussi des talons hauts en forme de mocassin et une petite culotte sertie de perles indiennes, mais bizarrement, ça n’a choqué personne).

En 2013, H&M avait dû retirer une coiffe à plumes vendue comme accessoire de mode, parce qu’une Amérindienne s’était plainte.

En juillet 2014, Pharrell Williams a posé avec une coiffe indienne à la une du magazine Elle britannique, puis a dû s’excuser d’avoir offensé la culture amérindienne.

On ne parle pas ici de gens ou d’entreprises qui ont traité les autochtones de sauvages, qui ont craché sur un totem ou qui ont piétiné un capteur de rêves. On ne parle pas d’individus ou d’entreprises qui ont ridiculisé ou méprisé une culture, un peuple ou manqué de respect de quelque façon que ce soit. On parle de porter des plumes. Un point c’est tout.

RIEN N’EST SACRÉ

Récemment, j’ai écrit dans Le Journal à propos de cette bisbille qui a forcé Radio-Canada à changer le nom de travail de l’émission Pow Wow, parce que le lobby autochtone dénonçait cette appropriation culturelle.

À chaque controverse, les autochtones affirment qu’en utilisant un de leurs symboles (un mot, un signe ou un vêtement) on insulte le caractère sacré de leur culture.

Mais je voudrais leur rappeler qu’en 2015, dans toutes les cultures, sur tous les continents, plus rien n’est sacré ! Ni les religions, ni les mythes, ni les cultures ancestrales. C’est ce qui caractérise la vie sur terre à notre époque. Les chanteuses pop portent des croix catholiques sur des soutiens-gorges cloutés. Le pape, la reine et les politiciens sont ridiculisés dans les médias.

La culture pop n’est qu’un grand melting pot. On porte des mocassins avec des jeans américains et une chemise hawaïenne.

La culture autochtone n’est pas dans une bulle à part, comme un petit monde fragile qui doit être protégé.

Va falloir en revenir et arrêter de grimper dans les rideaux chaque fois que quelqu’un quelque part parle de pow wow, dessine un totem ou porte des plumes.