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Hydro demande une nouvelle hausse des tarifs

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Malgré des hausses récurrentes, Hydro-Québec a demandé une augmentation de tarifs de 1,9 % à la Régie de l’énergie, ce qui porterait à plus de 11 % l’augmentation des coûts d’électricité depuis 2013.

«Ce n’est pas le chiffre en tant que tel qui est important, mais c’est plutôt le fait qu’il s’inscrit dans une hausse incessante des tarifs», dénonce Olivier Bourgeois, analyste en énergie pour Option consommateurs.

En 2015, Hydro-Québec a obtenu une hausse de 2,9 %. En 2014, c’était un bond de 4,3 % qui avait été autorisé et de 2,4 % l’année précédente tandis que le coût de la vie a augmenté d’à peine 3,41 % entre ces deux périodes.

M. Bourgeois signale également qu’environ la moitié de cette nouvelle hausse n’est même pas attribuable à la consommation elle-même d’électricité.

Hydro-Québec explique en effet cette demande par de nouveaux coûts d’approvisionnement en énergie, principalement en éolien ainsi que par l’indexation du prix du bloc patrimonial (90 % de l’électricité consommée). Une autre partie vient de l’impact des deux derniers hivers plus froids que la normale.

<b>Jean-François Blain</b> <br/>
Analyste en énergie
Photo courtoisie
Jean-François Blain
Analyste en énergie

Inutile

«On a besoin de puissance durant les grands froids, mais l’éolien ne le permet pas, alors on paie une énergie dont on n’a pas besoin. On n’a rien contre l’éolien, mais on s’oppose à ce que ce soit les clients d’Hydro qui le subventionnent», indique M. Bourgeois.

Toutes ces hausses totalisaient 3,9 %, mais Hydro-Québec a réussi à retrancher 2 % en augmentant sa productivité. L’installation de compteurs intelligents a notamment permis d’épargner 36 M$.

«Le gouvernement oblige Hydro-Québec à utiliser cette énergie [l’éolien] plutôt que d’utiliser complètement celle que nous avons. Il ne faut pas se surprendre si elle n’a pas réussi à comprimer plus», s’insurge Jean-François Blain, analyste en énergie.

Démunis plus touchés

Lorsque de telles hausses surviennent, ce sont les gens à faible revenu qui en subissent plus durement les conséquences, selon M. Blain.

Les plus démunis consacrent de 7 à 8 % de leur revenu à l’électricité. Mais ceux dont le revenu familial est autour de 110 000 $ n’utilisent que 1,5 %. «C’est tellement régressif comme distribution de la richesse. Lorsqu’on passe par un tarif essentiel plutôt que la fiscalité, c’est la pire chose que l’on peut faire», soutient-il.

En 2014, pas moins de 70 000 foyers ont été débranchés en raison de défaut de paiement. De son côté, Hydro-Québec assure que tout est mis en place pour soutenir ceux qui auraient plus de difficulté à payer.

«Il est toujours possible de s’entendre. Il ne faut pas mettre les factures de côté, mais nous appeler pour prendre un arrangement», insiste Marc-Antoine Pouliot, porte-parole d’Hydro-Québec.

La Coalition avenir Québec a déploré cette nouvelle hausse jeudi, en reprochant au gouvernement libéral son «entêtement» à vouloir développer les parcs éoliens, en partie responsables de cette hausse. Le ministre de l’Énergie, Pierre Arcand, a pour sa part soutenu que «c’est dans l’intérêt des Québécois que les coûts soient autour de l’inflation. C’est ce qu’on a dit et on espère qu’il en sera ainsi».

— Avec la collaboration de Louis Gagné et de Marc-André Gagnon, Bureau parlementaire

Impact de la hausse de 1,9%

  • Logement : 1,39$ par mois
  • Petite maison : 2,53$ par mois
  • Maison moyenne : 3,31$ par mois
  • Grande maison : 4,05$ par mois