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Lantier accueille le premier quartier de micromaisons au Québec

Lantier accueille le premier quartier de micromaisons au Québec
Photo Reuters

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Le marché de la micromaison est peu développé au Québec, mais il fait déjà preuve d’originalité: micromaisons mobiles, usinées, en autoconstruction et même un «projet de développement domiciliaire durable» et un premier quartier de mini-résidences.

Le tiny house movement, qui a vu le jour aux États-Unis il y a plusieurs années est fondé sur des principes similaires à ceux de la simplicité volontaire. Un des buts recherchés est de réduire ses besoins immobiliers en optant pour une résidence très fonctionnelle et plus efficace sur le plan énergétique, en somme: payer moins pour obtenir une meilleure qualité de vie.

L’une des premières entreprises québécoises spécialisées dans la micromaison, Habitations MicroÉvolution, a été créée en 2013. Elle offre aujourd’hui trois produits distincts:

  • Des micromaisons usinées, clés en main, livrées sur le terrain du propriétaire comme les maisons usinées traditionnelles
  • Des «coquilles extérieures», soit un plancher isolé, une toiture en acier, une charpente en épinette, porte et fenêtres, etc., que le propriétaire peut compléter et décorer à son goût
  • Et une remorque pour l’autoconstruction, c’est-à-dire une plateforme sur roues, socle mobile où l’on peut construire sa propre micro-maison.

Les prix des unités clés en main varient de 35 000 $ à 52 500 $. Habitations MicroÉvolution estime à environ 40 000 $ la valeur des matériaux pour une auto-construction. En supposant que le propriétaire paie le même prix pour le terrain, il est donc possible de se loger pour moins de 100 000 $.

Ces micromaisons sont équipées de toilettes au compost. Le chauffage est assuré par gaz propane. Un propriétaire qui a la fibre écologique peut aussi installer un panneau solaire thermique.

Un microvillage

La petite municipalité de Lantier, dans les Laurentides (à environ 20 minutes au nord de Sainte-Agathe-des-Monts), est sur le point d’abriter le premier quartier de micromaisons au Québec: un P3D, pour «projet de développement domiciliaire durable» de l’entreprise d’économie sociale Habitat Multi Générations.

Ces micromaisons seront regroupées en hameaux de six unités sur un terrain d'environ 15 000 pieds carrés. Chaque propriétaire devra partager environ 4000 pieds carrés en y aménageant des installations communes: serre collective, poulailler collectif, arbres fruitiers, jeux pour enfants, etc. Qui dit installations communes dit économies d’échelle.

Les micromaisons sont orientées vers le sud pour maximiser l’apport en énergie solaire passive et réduire les coûts reliés au chauffage. Tout propriétaire peut bien sûr modifier sa propriété pour y inclure des panneaux solaires.

La municipalité de Lantier, qui a modifié des règlements pour permettre l’implantation du P3D, a aussi accueilli les 24, 25 et 26 juillet dernier un Festival des mini-maisons.

Deux chambres à coucher

«Est-ce possible de vivre en famille dans une micromaison?», demanderont les sceptiques. «Si vous choisissez un modèle de 24 pieds avec un 2e étage, il y a assez de place pour 2 chambres à coucher», peut-on lire dans le site web d’Habitations MicroÉvolution.

«Depuis une trentaine d’années, ce qu’on remarque, c’est que le prix des maisons augmente et les salaires stagnent», commente Philippe Perreault, porte-parole d'Habitat Multi-Génération. «L’objectif des P3D, c’est l’accès à la propriété», affirme-t-il.