/investigations
Navigation

Une juge désavoue Me Anne-France Goldwater

La célèbre avocate aurait sciemment caché un document à la cour pour obtenir une saisie avant jugement de 5,6 M$

Réclamant le paiement de ses honoraires dans une affaire de divorce, l’avocate Me Goldwater avait obtenu avant le jugement la saisie de la résidence de sa cliente.
Photo d'archives Réclamant le paiement de ses honoraires dans une affaire de divorce, l’avocate Me Goldwater avait obtenu avant le jugement la saisie de la résidence de sa cliente.

Coup d'oeil sur cet article

Une juge montréalaise a conclu que la célèbre avocate Anne-France Goldwater a omis de dévoiler une convention «dans un but stratégique et non par erreur», afin d’obtenir une saisie avant jugement d’une résidence de 5,6 millions $ d’une cliente qui lui devrait des honoraires.

La juge France Dulude de la Cour supérieure du Québec a fait cette conclusion en cassant cette saisie avant jugement accordée par la juge Johanne Mainville en février.

«Le Tribunal est d’avis que l’omission est importante, que les allégations contenues à l’affidavit sont incomplètes et que le défaut de divulguer ces informations de façon franche et directe est suffisant pour justifier l’annulation de la saisie, dit la juge France Dulude dans un jugement en juin. Si la convention avait été divulguée, le Tribunal doute que la saisie aurait été accordée.»

France Dulude
Juge
Photo courtoisie
Juge

De son côté, Me Goldwater soutient qu’elle n’a jamais été appelée à témoigner. «Je ne voyais aucune pertinence de soulever cette entente parce que ma cliente avait décidé de ne plus aller de l’avant avec son divorce. Ça ne m’est jamais passé par la tête que j’avais une stratégie.»

Me Goldwater, qui fait appel de cette cassation de jugement, est devenue la plus célèbre avocate en droit familial du Québec en défendant des causes controversées, notamment celle de Éric c. Lola. Plus récemment, l’animatrice de L’Arbitre, sur V télé, a fait parler d’elle à la suite d’une plainte d’un collègue, qui l’accusait d’avoir vulgairement exhibé son généreux décolleté en plein interrogatoire.

Saisie impressionnante.

Le 16 février dernier, le cabinet Goldwater, Dubé obtenait exceptionnellement de la juge Mainville de la Cour supérieure une saisie avant jugement «sur la foi d’un affidavit signé par Me Anne-France Goldwater» dans une histoire de divorce d’une cliente de Saint-Lazare.

La saisie comprenait une résidence avec 75 acres de terrain actuellement en vente pour 5,6 M$, le compte bancaire, ainsi que 40 chevaux et onze chiens!

Dans une déclaration assermentée, Me Goldwater soutenait que sa cliente lui devait 351 594$, qu’elle discutait d’un règlement avec son mari et que celui-ci avait plutôt «l’habitude de se soustraire à ses obligations financières», apprend-on à la lecture du jugement Dulude.

Comme la cliente comptait sur son conjoint pour des revenus mensuels de 60 000$, elle avait signé avec Me Goldwater une convention d’honoraires en juillet 2014, prévoyant que ceux-ci ne seraient payables et ne porteraient pas intérêt avant qu’un jugement final soit rendu. En fait, le cabinet Goldwater, Dubé finançait le recours de la cliente jusqu’au jugement.

Lors de la saisie, cette convention n’avait pas été produite.