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La gestion de l’offre est fondamentale

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Si Stephen Harper a déclenché ses interminables élections au lendemain d’un échec des négociations qui devaient mener à une entente sur le Partenariat transpacifique (PTP), les publicités de l’Union des producteurs agricoles pour la sauvegarde de la gestion de l’offre (GO) continuent de tourner en boucle dans les médias.

Si Stephen Harper a déclenché ses interminables élections au lendemain d’un échec des négociations qui devaient mener à une entente sur le Partenariat transpacifique (PTP), les publicités de l’Union des producteurs agricoles pour la sauvegarde de la gestion de l’offre (GO) continuent de tourner en boucle dans les médias.

Le rapport entre les deux?

Dans la liste des nombreuses catastrophes promises par le PTP, le système de la gestion de l’offre figure parmi les acquis menacés. On sait aussi que son assouplissement, pour ce qui est du secteur laitier, est dans le collimateur des troupes de Stephen Harper.

Plusieurs pensent qu’il s’agit d’une politique qui ne touche que les agriculteurs, étant donc bien peu intéressante pour le commun des mortels. Erreur!

La GO et le secteur laitier

La GO touche les producteurs de volaille, d’œufs et de lait. Mais elle affecte tout autant les consommateurs. On parle de gestion de l’offre, car cette dernière est ajustée en fonction de son équilibre avec la demande. Depuis le début de la décennie 1970, divers mécanismes ont été mis en place.

Pour que l’offre puisse répondre à la demande des consommateurs, les producteurs doivent planifier leur production pour garantir la régularité de l’approvisionnement sans créer de surplus. Il y a ainsi des quotas sur les importations, alors que tout ce qui excède la quantité prédéterminée est soumis à un tarif plus élevé.

Les prix du lait sont aussi fixés en fonction des coûts de production, afin que les producteurs puissent faire face à ceux-ci. L’État définit également le niveau cible que la production canadienne peut atteindre. C’est ce qu’on appelle le quota de mise en marché:

est alors déterminé l’objectif à réaliser pour la production de lait de transformation. L’objectif en question est modifié en fonction des fluctuations de la demande.

La Commission canadienne du lait achète et vend le beurre et la poudre de lait écrémé à un prix fixé, ce dernier servant de base pour les provinces. Celles-ci choisissent les prix à payer pour la transformation en produits dérivés tels que le yogourt, le fromage, la crème glacée, etc.

Laisser le « marché » à lui-même ?

On comprend aisément le délire à l’égard de la GO, venant de ceux qui ne jurent que par le concept fallacieux du «marché», porteur de toutes les vertus et détenant ses propres lois invisibles. La GO, dans son appellation même, perçoit l’État comme un acteur structurant, au centre d’une relation économique bien plus complexe que ce que les idéologues de bas étage peuvent bien prétendre.

Les prix du lait sont aussi fixés en fonction des coûts de production, afin que les producteurs puissent faire face à ceux-ci.

La gestion de l’offre représente plus de 92 000 emplois au Québec, de même que 43 pour cent des recettes agricoles. Elle contribue à l’occupation du territoire, au développement régional et à l’autosuffisance alimentaire.

Son abolition – même partielle – dans le secteur laitier menacerait bon nombre d’emplois, en plus de déséquilibrer violemment la relation entre l’offre et la demande.

Potentiel grand perdant, le Québec aurait intérêt à se faire entendre au cours de cette campagne électorale.