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La légende inspire les coureurs

Bernard Hinault stimule 2800 cyclistes inscrits

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Louis Garneau avait vu juste en recrutant le légendaire cycliste Bernard Hinault comme président d’honneur de la septième édition du Granfondo Garneau-Québecor.

Les quelque 2800 cyclistes sur la ligne de départ ont fait honneur à la réputation du Français en défiant un imposant vent de face pour la bonne cause.

L'édition 2015 du Granfondo devrait verser autour de 90 000 $ pour poursuivre l'œuvre des Petits Frères auprès des personnes âgées seules

Hinault roule

Avant même le coup d’envoi dans la matinée, à Trois-Rivières, pour cette randonnée de 118 km jusqu’à Saint-Augustin-de-Desmaures, le succès de ce rendez-vous cycliste au profit des Petits Frères, qui soutiennent les personnes âgées seules, était déjà assuré avec la présence du quintuple vainqueur du Tour de France.

L’invité et l’organisateur ont roulé une soixantaine de kilomètres avant de laisser toute la place aux bienfaiteurs d’un jour.

«Aujourd’hui, j’ai vécu de belles émotions, de belles sensations. Quand j’étais derrière la roue de Bernard, je rêvais. Vous savez, je n’ai jamais couru comme professionnel et de le suivre, c’était un beau moment. Il a fait preuve d’une grande générosité, il y a beaucoup de respect entre lui et moi», a témoigné l’homme d’affaires québécois, qui invitait la légende à un souper d’anniversaire avec sa famille dans la soirée, dans un restaurant de Québec.

L’ancien athlète olympique a comparé son mouvement à celui de Pierre Lavoie. «Pierre fait bouger les jeunes, moi les vieux, a lancé M. Garneau. On a tous le vélo à cœur, Bernard, Pierre et moi. Les gens (âgés) seuls ont besoin de soutien, et on fait bouger le monde!»

Tout en pédalant, le président d’honneur donnait les conseils aux participants. «Je leur ai appris à rouler contre le vent, à rouler gentiment et à avancer par tranches de 50, 60 mètres, a précisé le champion du monde sur route en 1980. Ça roulait pas mal! J’aime pédaler dans l’effort.»

Reconnu partout où il passe dans son pays natal, Hinault a vécu totalement le contraire en se promenant dans les rues du Vieux-Québec, samedi. Il a apprécié au plus haut point ce bref séjour dans la Vieille Capitale.

«C’était vraiment des vacan­ces! On nous fout la paix, ici! En France, le public est trop harassant. On dit aux gens d’attendre cinq secondes pour un autographe et ils ne comprennent pas. C’est inadmissible. Ici, les gens ne sont pas agressifs et prennent leur temps.»

Victoire devant l’idole

Miguel Sanchez a enlevé les honneurs de ce Granfondo 2015. À 53 ans! Le Qué­bécois d’origine espagnole, qui participera aux Jeux européens des maîtres, en octobre, a couru aux côtés de son «idole», hier.

«Quand il a gagné Paris-Roubaix, à Roubaix, chez moi, c’était impressionnant. Il a emmené tout le monde dans sa roue, mais il était tellement puissant que personne ne l’a doublé. Je ne m’attendais pas à gagner, je venais pour faire un bon training.»


 

Un septuagénaire qui carbure au vélo

Bernard Hinault a été généreux avec les cyclistes et il a pris quelques minutes pour jaser avec Édouard Garneau, le fils de Louis.
photo daniel mallard
Bernard Hinault a été généreux avec les cyclistes et il a pris quelques minutes pour jaser avec Édouard Garneau, le fils de Louis.
 
Jacques Duquette était presque frais comme une rose après avoir terminé les 118 km du Granfondo. Le résident de Beauport est un fringant cycliste de 72 ans, ce qui en fait l’un des plus vieux participants cette année.
 
Floridien l’hiver, Québécois l’été, le septuagénaire se tape environ 18 000 km par année les deux mains sur son guidon. Sa performance d’hier — il a terminé l’épreuve en 4 h 7 min — était d’autant plus exceptionnelle qu’il se remet d’une sévère chute survenue à la fin mai.
 
«J’ai eu trois côtes brisées et je me suis fait mal à l’aine aussi. Ça m’a ralenti dans mon entraînement puisque j’ai été six semaines en arrêt», a confessé M. Duquette, qui a parcouru 85 km la veille pour se réchauffer. «Je suis parti avec le peloton, mais ça me tirait dans l’aine et j’ai dû ralentir.»
 
Depuis le lancement du Granfondo, il y a sept ans, cet ancien militaire n’a pas raté un seul rendez-vous. Il n’oubliera pas de sitôt l’expérience de rouler aux côtés de Bernard Hinault. «Quand j’étais en France au début des années 70, pour les Forces, je suivais ses exploits à la télé et dans les journaux. J’ai une photo de lui quand il gagne et je lui ai demandé de me la signer.»
 
Passionné
 
Le Beauportois pratique le vélo de route depuis l’âge de 48 ans. Sportif dans l’âme, il a aussi joué au tennis, au golf et achevé plusieurs marathons. Quel est son secret?
 
«J’ai un bon cœur! J’ai toujours fait du sport, je n’ai jamais fumé et je ne suis pas un buveur, répond-il fièrement. C’est ça que je dis aux jeunes! De lâcher la cigarette, de bouger et manger sainement. Je bats certains jeunes de 50 ans!»