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10 cents de plus qu’en janvier dernier

Pétrole - prix à la pompe
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Malgré la chute du prix du pétrole, les consommateurs montréalais paient aujourd’hui 10 cents de plus le litre qu’en janvier dernier avec un prix du baril de Brent identique à 49 $ US.

Malgré la chute du prix du pétrole, les consommateurs montréalais paient aujourd’hui 10 cents de plus le litre qu’en janvier dernier avec un prix du baril de Brent identique à 49 $US.

Selon les recherches effectuées par notre Bureau d’enquête, deux facteurs expliquent cette situation: l’augmentation des marges des raffineurs et la dévaluation du dollar canadien.

Les raffineurs font le plein

Le 10 janvier, le prix du baril de Brent était de 49,37 $. Le 10 août dernier, il était de 49,55 $. Pourtant, le prix à pompe était plus élevé de 10 cents le litre le 10 août.

Depuis sept mois, le constat est très clair, qu’on prenne une lecture tous les 10 du mois comme nous l’avons fait ou qu’on prenne les moyennes pour tous les mois. Dans les deux cas, une évidence saute aux yeux: les marges des raffineurs ont doublé au cours de la pério­de.

«Tout est une question d’offre et de demande», explique Carol Montreuil, vice-président pour l’est du Canada de l’Association canadienne des carburants. «Actuellement, le secteur du raffinage fonctionne à plein rendement (96 %), donc la demande est forte et la pression est à la hausse sur les prix.»

Selon les chiffres de Kent Marketing, une agence qui mesure les prix dans tout le pays, à Montréal, les marges de raffinage moyennes sont passées de près de 8 cents en janvier à un peu plus de 18 cents en juillet. Les chiffres disponibles à la Régie de l’énergie confirment que du 10 janvier au 10 août, la marge a également doublé, passant de 9,7 cents/L à 19,4 cents/L. L’an dernier, la marge des raffineurs était de 7,3 cents/L à Montréal.

Chute du huard

La chute du huard contribue également à la hausse des prix à la pompe puisque le pétrole est négocié en dollars américains. Avec un taux de change qui est passé de 1,18 à 1,30 cents en dollars américains, le prix d’achat du brut est passé de 36,82 cents/L à la pompe le 10 janvier à 40,7 cents/L le 10 août dernier; une augmentation de 4 cents/L pour les automobilistes qui ont fait le plein le 10 août dernier.

«Au fond, ce n’est pas la marge de détail moyenne qui fait une différence. C’est la marge de raffinage et le prix du brut en dollars américains», explique la PDG de l’Association québécoise des indépendants du pétrole Sonia Marcotte.

Dans les faits, les marges des détaillants, contrairement aux marges des raffineurs, sont plutôt stables depuis le début de l’année; elles ont oscillé sur une base mensuelle, entre 6,9 et 9,5 cents/L. En 2014, la marge moyenne des stations-service à Montréal avait été de 7,7 cents.

La hausse spectaculaire des marges de raffinage n’est pas particulière à Montréal. Selon les chiffres de Kent Marketing, à Toronto, les marges moyennes mensuelles sont passées de 16,1 cents/L en janvier à 34,5 cents/L en juillet, soit presque le double de celles des raffineurs sur le marché montréalais.

Le prix de l'essence de janvier à août 2015

 

10 janvier

10 août

 

Prix de détail

108,8 cents/L

118,7 cents/L

+ 10 cents/l

Prix du brut

36,8 cents/L

40,7 cents/L

+ 4 cents/l

Marge de raffinage

9,7 cents/L 19,4 cents/L

+ 10 cents/l

Marge de détail

11,2 cents/L

7,1 cents/L

– 4 cents/l

Sources : Régie de l’énergie, Banque du Canada, Bloomberg