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Les forestières rêvent d'immeubles de grande hauteur en bois

montreal skyline gratte-ciel
Photo Andre Forget / Agence QMI

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MONTRÉAL – Scientifiques et membres de l’industrie forestière se réjouissent des modifications apportées aux mesures de construction de la Régie du bâtiment du Québec qui autorise dorénavant l’usage du bois pour des immeubles pouvant atteindre 12 étages.

La Régie a lancé lundi un guide qui indique les éléments essentiels à prendre en compte pour ériger des bâtiments en bois allant jusqu’à 12 étages. L'ouvrage décrit aussi les principes à considérer lors de la construction de bâtiments en bois de grande hauteur.

«La publication de ce guide constitue une avancée importante pour promouvoir cette richesse bien de chez nous et stimuler la construction de bâtiments en bois de grande hauteur. Le nouvel élan que nous donnons aujourd'hui contribuera à dynamiser une industrie dont le potentiel est énorme», a déclaré le premier ministre Philippe Couillard.

L’annonce faite en présence des ministres de la Forêt, de la Faune et des Parcs, Laurent Lessard et du ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, augure des années de prospérité pour les entreprises forestières qui opteront pour l’innovation, estiment des observateurs du milieu.

«Ça ouvre des débouchées pour l’industrie forestière en mesure de travailler avec de nouveaux produits du bois», reconnaît Pierre Lapointe, le président et chef de la direction de FP Innovations, un centre privé de recherche scientifique qui a procédé aux analyses de résistance et de fiabilité des produits du bois.

Les tests ont démontré que les édifices en bois résistent aux tremblements de terre et qu’ensuite, le matériau est réutilisable. Les immeubles offrent de bonnes économies d’énergie, puisque le bois est un isolant performant. Son installation favorise des économies en temps d’assemblage, puisque les panneaux sont préfabriqués en usine et s’assemblent comme des blocs lego. Enfin, l’exploitation maintiendra l’activité forestière et les emplois dans plusieurs régions éloignées du Québec.

De plus, les scientifiques travaillent à un nouveau gypse à base de cellulose de bois, qui aurait des propriétés de résistance significatives et qui s’ajouterait aux autres produits de bois, dans deux ou trois ans.

Leadership nord-américain
«Le Québec est le premier État en Amérique du Nord à permettre une réglementation pour les édifices de 12 étages. Nous devrions pouvoir en tirer avantage dans tous les marchés de l’est de l’Amérique du Nord», a ajouté M. Lapointe.

«Que ce soit reconnu au Québec, c’est un leadership important. Cela crée des précédents qui devraient provoquer un effet d’entraînement sur les autres juridictions. Ça devrait soutenir nos exportations», pense André  Tremblay, président-directeur général du

Conseil de l’industrie forestière du Québec.

La filière industrielle de deuxième transformation, qui fabrique du bois laminé-collé et des panneaux massifs, en tirera également un avantage pour aborder le marché américain.

Marchés porteurs
Le marché des immeubles de cinq à sept étages est celui qui apparaît le plus porteur de retombées financières, puisque le bois pourra s’intégrer à des structures qui utilisent aussi le béton ou l’acier. FP Innovations estime que dans le marché nord-américain, ce sont davantage les technologies et les processus de construction qui pourraient trouver acheteurs, de préférence aux produits du bois désavantagés par les coûts de transport.

«Ça devrait amener une modification du Code canadien du bâtiment, car la demande est croissante un peu partout au Canada pour les immeubles de huit à dix étages en bois», selon Louis Poliquin, directeur général de Cecobois, un centre d’expertise sur la construction commerciale du bois.

«On parle de revenus potentiels de plusieurs milliards de dollars en Amérique du Nord», s’est félicité Pierre Lapointe.