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«Innover comme la STM» et les lecteurs Opus: quand on se compare...

Métro New York
Photo Archives / AFP

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Il y a quelques jours, à la lueur du débat qui se tient ici autour du secteur du taxi, j’ai fait des comparaisons entre ce qui se passe ici, et ce que j’ai pu observer en tant que visiteuse, lors de mes dernières vacances, à New York et à Boston. J’ai maintenant envie de faire la même chose en ce qui concerne certains aspects des transports publics.

J’étais là-bas lorsque la STM a lancé son lecteur USB, qui permet de recharger à distance la carte Opus, cette carte sur laquelle on enregistre les titres de transport. Et j’ai suivi... à distance, justement, tout le débat et l’avalanche de commentaires qui ont suivi ce lancement. Au fil des nouvelles attrapées sur les médias en ligne, j’ai pu voir comment on s’est rapidement payé la tête de la STM, en jugeant cette «innovation» bien archaïque, par rapport à ce qui devrait être fait en 2015. J’ai même pris le temps d’aller lire quelques-unes des remarques qui ont été faites à ce moment sur Twitter. Comme beaucoup de monde, j’ai bien ri...

Mais en même temps, j’ai eu vent de tout cela, alors que je redécouvrais les casse-tête liés au paiement, puis à l’usage, dans le métro de New York. Et avant d’aller découvrir les mêmes «joies» en ce qui a trait au métro de Boston. Et je dirai déjà ceci: ailleurs, ce n’est pas forcément plus brillant.

Loin de moi l’idée, ici, d’excuser à tout prix les lacunes, sous prétexte qu’«ailleurs, c’est pas mieux...» Au contraire: si on voit ici des possibilités d’innover, et même de montrer le chemin par rapport à ce qui pourrait être fait, pourquoi les ignorer? Et puis pour cela... c’est une bonne idée de relativiser un peu les choses, en jetant un coup d’œil sur la façon dont cela se passe, ailleurs, pour les usagers des réseaux de transport en commun. Et donc, un peu sur le modèle de ce que j’avais écrit en ce qui concerne les taxis, voici un rapide compte-rendu de mes observations de fréquentation des transports en commun, ailleurs.

Première considération d’ordre général: si vous connaissez un endroit dans le monde où le système de transport public est simple et facile d’accès, où il est facile de se repérer et de comprendre comment payer, j’aimerais bien que vous me l’indiquiez. Parce que je n’en ai pas encore trouvé... Dans une ville où on vient de débarquer, prendre le transport en commun revient à passer de longs moments de perplexité devant un guichet, afin de comprendre au juste comment payer, et quelle formule peut être un tant soit peu avantageuse... Et ceci, avant d’arriver à repérer comment se rendre au juste à notre destination. Mais, voici donc quelques faits saillants en ce qui concerne divers endroits.

À New York, avec la MTA: il est loin d’y avoir partout des employés dans des guérites pour nous renseigner (et donc, pour fournir un plan des lignes d’autobus, par exemple). Il faut se fier aux indications données par les bornes de paiement automatique. Cela nous a pris un moment pour comprendre que, si on passe quelques jours là, on a avantage à prendre une MetroCard (1 $), que l’on va recharger... Mais quand on la recharge, les montants disponibles ne sont pas des multiples de la somme que coûte un passage. Concrètement: un ticket coûte 3 $. Mais, quand on recharge la carte, on a le choix entre ajouter 10 $, ou 20 $... Puisque le billet coûte 3 $, pourquoi ne pas proposer des recharges pour un montant de 18 $, 21 $, 24 $?? Go figure, comme on dit en anglais. Là, on se retrouve tôt ou tard avec l’équivalent d’une fraction de billet quand on veut s’embarquer... Et, autre chose: il n’y a pas possibilité d’acheter un nombre illimité de passages pour deux ou trois jours, par exemple. Même pas pour une journée. Le minimum, c’est la «passe» hebdomadaire. Et puis, comme partout, mensuelle, évidemment.

À Boston, avec la MBTA: s’il y a peu de gens pour aider et renseigner dans des guérites à New York, il n’y en a à peu près JAMAIS à Boston... où la compréhension et l’utilisation des bornes de paiement est tout aussi compliquée. Pour notre part, nous avons dû notre salut à une responsable de l’entretien\sécurité, qui, nous voyant perplexe devant la machine, est venue à notre secours. Elle semblait avoir l’habitude... Plus tard dans la journée, en repassant à la même station, nous l’avons d’ailleurs vue porter secours, de la même manière, à un autre voyageur tout aussi perplexe. Et puis, là encore, pas de tarifs pour des déplacements illimités pour deux, ou trois jours. Mais au moins, il existe des «passes» à la journée.

Et puis, si je fais appel à des souvenirs moins récents... À Paris, surtout étant donné l’étendue et la complexité du réseau, le repérage et le paiement se font assez bien, il me semble. Le paiement et l’utilisation aussi... à condition d’être bien au courant de cette tradition bien française qu’est l’obligation de «composter» son billet, c’est-à-dire de le faire valider, avant de monter dans le métro. Sous peine d’amendes sévères, si vous vous faites attraper par un contrôleur avec un billet «non composté». (J’ai le vague souvenir de quelque chose d’un peu semblable dans le métro de Hong Kong... En fait, si je me souviens bien, il fallait penser à récupérer son billet après l’avoir introduit dans une machine. Sous peine de ne pas pouvoir ressortir du métro, une fois arrivé à destination. Je ne sais pas si c’est encore comme ça.) Et par ailleurs, je fais juste penser aux multiples quiproquos que peut engendrer, chez des visiteurs d’ici, l’utilisation du terme «composter». Si vous avez des histoires en ce sens, n’hésitez pas à les partager... Mais au moins, pour Paris, il y a des formules bien pensées par la RATP pour les visiteurs occasionnels: formule «Paris Visite» pour un, deux, trois ou cinq jours... (En ce qui concerne Montréal et la STM: il y a des passages illimités pour une journée, et pour trois jours aussi. En plus de week-ends illimités).

À noter quand même que mes observations concernent les usagers très occasionnels que nous étions, et non des habitués qui prennent ces réseaux de transport chaque jour. Et ici, l’objet de la controverse est une façon de recharger sa carte, qui concerne les usagers réguliers. Fait-on mieux ailleurs? Y a-t-il des endroits où les modes de paiement, pour les usagers réguliers, sont technologiquement plus au point? N’hésitez pas à m’en faire part.

Et puis, règle générale: quel est votre expérience du transport public? Comment compareriez-vous l’expérience vécue à Montréal, par rapport à ailleurs? Quels sont les endroits qui, selon vous, pourraient et devraient servir d’inspiration?