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Hydro à l’international?

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La commande vient directement du bureau du premier ministre Philippe Couillard. Hydro-Québec a maintenant le mandat d’aller investir l’argent des Québécois à l’étranger. Mais est-ce vraiment une bonne idée?

 

Photo d'archives

La commande vient directement du bureau du premier ministre Philippe Couillard. Hydro-Québec a maintenant le mandat d’aller investir l’argent des Québécois à l’étranger. Mais est-ce vraiment une bonne idée?

Ce n’est pas la première fois que l’on donne un tel mandat à Hydro-Québec, un monopole d’État qui a toujours manœuvré à sa guise au Québec, sans concurrents directs.

Par le passé, Hydro-Québec a investi beaucoup d’argent dans des participations d’entreprises à l’international. Et les rendements n’ont pas été très concluants.

Si bien que la division internationale d’Hydro-Québec a cessé ses activités en raison d’une performance jugée insatisfaisante en 2007.

Mais est-ce vraiment à Hydro-Québec d’investir à l’étranger? Ce n’est pas son mandat. Si le gouvernement du Québec veut vraiment investir hors du Québec, qu’il passe une commande à la Caisse de dépôt et placement, qui est beaucoup mieux outillée qu’Hydro-Québec dans ce type de transaction.

D’ailleurs, pourquoi Hydro-Québec irait-elle investir à l’étranger alors que les sociétés étrangères d’électricité ne peuvent venir investir ici en raison de son monopole? Un cas très délicat.

Faible rendement

Il faut savoir que les investissements douteux à l’étranger ont été nombreux chez Hydro-Québec.

À la fin des années 90 et au début des années 2000, la société d’État a investi en Australie, en Chine, au Chili, au Pérou, aux États-Unis, au Costa Rica et au Panama notamment.

En Chine, par exemple, Hydro-Québec a investi 50 millions de dollars US en 1999. Cinq ans plus tard, la vente de sa participation dans la société Meiya Power Company n’a rapporté que 6,8 millions en argent canadien, soit un maigre rendement annuel d’un peu plus de 1 %.

D’ailleurs, la vente des actifs d’Hydro-Québec en Chine a fait l’objet d’un rapport spécial du Vérificateur général du Québec très éclairant sur la comptabilité créative d’Hydro-Québec à l’international.

Ce dernier a conclu que la direction d’Hydro-Québec avait induit les Québécois en erreur en gonflant les profits (à 17 millions de dollars CAN) de son placement en Chine en 2004. Hydro-Québec n’avait pas cru bon tenir compte de la variation du taux de change entre 1999 et 2004...

L’enquête du Vérificateur a aussi permis d’apprendre que la direction d’Hydro-Québec, en raison de son inexpérience sur la scène internationale, n’avait pas suivi des principes de saine gestion.

Encadrement

Un encadrement plus serré aurait été requis, notamment lors d’un versement d’une juteuse commission de 1,4 million de dollars US à une société financière suisse dans le dossier Meiya Power.

D’autres exemples? En 2005, la division internationale d’Hydro-Québec a déclaré une perte annuelle de 72 millions de dollars.

L’année suivante, en 2006, Hydro-Québec disait avoir réalisé un profit net de 750 millions de dollars CAN lors de la vente pour 1,7 milliard de dollars CAN de sa participation dans le distributeur d’électricité Transelec.

Toutefois, dans les états financiers d’Hydro-Québec de l’année 2000 (page 7), on peut lire que l’achat de Transelec a coûté 1,631 milliard, soit la plus importante transaction jamais réalisée par la société d’État à l’étranger.

Alors, comment peut-on parler d’un profit net de 750 millions de dollars?

Qui dit vrai?

À la lumière de ces faits, il est à se demander si Hydro-Québec a vraiment dévoilé les vrais chiffres aux Québécois lors de la vente de ses participations à l’étranger.

Et si le Vérificateur général du Québec nous éclairait davantage sur les dessous inconnus de ces transactions? Les performances financières réelles d’Hydro-Québec à l’international pourraient nous surprendre.

En bref

De grosses pertes dans les casinos français

Il n’y a pas que chez Hydro-Québec que les placements à l’étranger soulèvent des interrogations. Loto-Québec n’a pas eu la main heureuse ces dernières années en investissant dans le secteur des casinos en France. La direction de Loto-Québec était pourtant convaincue qu’elle faisait une très bonne affaire lorsque le gouvernement du Québec l’a autorisée à investir en sol français en 2006. Jusqu’à présent, Loto-Québec a perdu plus de 120 millions de dollars avec ses placements dans le groupe Moliflor-JoaGroupe en France.

 

Photo d'archives

Un échec à la SAQ aussi

La Société des alcools du Québec (SAQ) a aussi tenté de faire une percée à l’international ces dernières années. Son investissement dans la coentreprise Twist s’est toutefois révélé un échec financier. Jusqu’à présent, la SAQ a perdu 15,8 millions de dollars dans le cadre de sa participation dans la Twist Holding Company. Créée en 2010, la coentreprise Twist devait pourtant générer des retombées financières importantes pour la SAQ. La société d’État évoquait alors le désir pour la société d’État de devenir un important grossiste international en vins.

 

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Photo AFP

Correction des marchés

Les investisseurs en voient de toutes les couleurs sur les marchés boursiers. Hier, l’indice Dow Jones a terminé la séance en chute de 530 points. On parle maintenant d’une correction boursière pour le Dow Jones, qui a perdu plus de 10 % de sa valeur depuis le 19 mai dernier. Au Canada, la Bourse de Toronto est également en correction. L’indice TSX a perdu 13 % de sa valeur depuis son sommet du 15 avril dernier. Le ralentissement de l’économie chinoise, la hausse imminente des taux d’intérêt aux États-Unis, ainsi que la chute du prix du pétrole inquiètent les analystes.