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Machu Picchu en fauteuil roulant

Un Québécois atteint d’ataxie de Friedreich voit son rêve de gravir les Andes péruviennes se réaliser

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Cloué dans un fauteuil roulant par une maladie rare, un jeune Québécois de 22 ans a réussi à monter jusqu’au Machu Picchu, à 2400 m d’altitude, malgré son handicap.

«Dans la première agence de voyages où j’ai appelé, on m’a dit que c’était impossible», indique Samuel Camirand. Mais, finalement, une fois rendu au sommet, son guide péruvien lui a plutôt soufflé «vit tes rêves au lieu de rêver ta vie».

Le Machu Picchu, la cité inca du Pérou, Samuel Camirand en rêvait depuis des années. Mais l’ataxie de Friedreich, une maladie génétique qui lui ronge les nerfs petit à petit, faisait de ce voyage un défi hors normes.

En effet, cette maladie dégénérative empêche Samuel Camirand de marcher depuis maintenant sept ans. Chaque jour, tenir des objets, parler, manger, sortir du lit ou se laver devient une épreuve de plus en plus insurmontable.

À dos de mule

Or, atteindre les hauts sommets de la cordillère des Andes implique plusieurs jours de trek sur d’étroits sentiers et des nuits en bivouac accroché aux falaises.

Rien pour décourager le jeune Québécois qui multiplie les épreuves sportives pour collecter des fonds pour l’Association canadienne des ataxies familiales (ACAF).

De refus en déceptions, il a finalement trouvé l’équipe de guides des Karavaniers, une agence spécialisée dans les voyages d’aventure, qui a accepté de l’épauler.

Ils ont utilisé une mule sur certaines parties du parcours et une joëllette (un siège juché sur une roue unique, tiré et poussé par des bras devant et derrière) sur d’autres pour permettre au jeune homme et à trois de ses amis également atteints d’ataxie de faire l’ascension qui a duré cinq jours.

Mythique

«Ma mère et les autres bénévoles avec leur bâton de marche avaient du mal à suivre, mais eux ils faisaient la course en nous poussant. Ils ont été extraordinaires», raconte Samuel Camirand.

La caravane est ainsi arrivée à la mythique cité inca au petit matin, avant le lever du jour. «Il était 5 h du matin. Le Machu Picchu était caché dans la brume. Quand le soleil a commencé à poindre et qu’on l’a enfin vu, c’était magique», relate le jeune aventurier.

Devant ce paysage à couper le souffle,

Samuel Camirand s’est détaché de sa joëllette pour se hisser sur un rocher, la tête déjà pleine de ses prochaines aventures. Il projette maintenant un voyage en pleine jungle au Costa Rica.

Une personne sur 40 est porteuse du gène responsable de l’ataxie de Friedreich au Québec.