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Laval ne veut plus de fast-food près des écoles

David De Cotis
Photo Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin L’élu municipal David De Cotis croit que Montréal et Québec pourraient emboîter le pas si Laval interdit la malbouffe près de ses écoles.

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La Ville de Laval veut mettre fin à la prolifération de la malbouffe autour de ses écoles et étudie présente­ment plusieurs mesures qui empêcheront de nouveaux restaurants-minute de s’établir près des établissements scolaires.

«Les restaurants de fast-food s’installent partout autour de nos écoles et ça encourage nos enfants à manger moins bien. Il faut protéger nos jeunes», explique l’élu municipal Pierre Anthian.

Lors du dernier conseil municipal, celui-ci a fait adopter au directeur général le mandat de trouver des façons d’empêcher les nouveaux restaurants-minute – soit là où un client reçoit sa commande à un comptoir plutôt que d’être servi – de s’établir à proximité d’une école.

Plusieurs solutions sont présentement à l’étude, dont un changement au règlement du zonage qui interdirait la restauration rapi­de près d’une zone scolaire ou même une clause dans le nouveau schéma d’aménagement prévu pour 2016.

Chose certaine, l’initiative de la Ville reçoit l’appui total de la Commission scolaire de Laval.

«Certains de nos jeunes sortent le midi pour aller manger dans ces restaurants, ce qui entre en concurrence avec notre politique d’alimentation saine. Donc on se bat contre Goliath, mais il y a des pas qui se font et l’aide de la Ville est toujours appréciée», commente la présidente Louise Lortie.

Créer un mouvement

Si un règlement en ce sens est adopté, Laval deviendrait la plus importante Ville du Québec à limiter la malbouffe autour de ses établissements scolaires.

La Ville espère créer un mouvement qui poussera Montréal et Québec à adopter des mesures similaires.

«Laval est un leader au Québec pour la vie familiale. Nous avons beaucoup de familles qui déménagent ici et les autres villes le remarquent. Donc ça leur met beaucoup de pression», explique le vice-président du comité exécutif de Laval, David de Cotis.

D’autres petites municipalités, telles que Rosemère et Lavaltrie, ont déjà modifié leurs règlements de zonage pour interdire l’arrivée de restaurants-minute à moins de 500 mètres des écoles.

Bon premier pas

Selon une étude publiée en 2009 par l’Institut national de santé publique du Québec, il y a un restaurant-minute à moins de 15 minutes de marche de

60 % des écoles lavalloises.

Il est donc temps que Laval agisse pour réduire ce taux, croit la directrice de la Coali­tion québécoise sur la problématique du poids.

«C’est un gros pas que la municipalité vient faire pour offrir un environnement scolaire sain. Cette mesure à elle seule ne réglera pas tout, mais ça fait un bon bout de chemin pour promouvoir une saine alimentation», conclut Corinne Voyer.


  • Nombres d’écoles à Laval: 90
  • Nombre d’élèves au primaire: 26 000
  • Nombre d’élèves au secondaire: 14 000
  • Pourcentage d’écoles à Laval ayant un restaurant-minute à moins de 15 minutes de marche: 60,76%
  • Pourcentage d’écoles à Montréal avec un restaurant-minute à moins de 15 minutes de marche: 69,8%

La cible serait ratée, disent des restaurateurs

La Ville de Laval rate la cible en s’attaquant aux restaurants-minute plutôt qu’aux habitudes alimentaires des jeunes, soutient le Conseil des chaînes de restaurants du Québec (CCRQ).

Au lieu d’investir de l’argent pour réduire l’accès des étudiants à la restauration rapide, la Ville devrait plutôt encourager les jeunes à adopter de bonnes habitudes alimentaires, dit le porte-parole du CCRQ, Jean Lefebvre.

«Nous ne pensons pas qu’atteindre l’objectif d’une alimentation équilibrée passe par limiter les choix des jeunes. Tout est une question de contrôle et d’abus. Un jeune apprend à se contrôler grâce à l’éducation», soutient M. Lefebvre.

De plus, la municipalité se mettrait à dos la communauté des restaurateurs québécois et pourrait perdre des millions de dollars en revenus fonciers si elle empêche des commerçants de s’installer chez elle.

«Laval doit comprendre l’apport de ces restaurants dans son économie. Les propriétaires investissent beaucoup, s’installent, payent des taxes et embauchent des résidents du quartier. Mais quelques années plus tard, la Ville leur dit qu’ils ne sont pas les bienvenus. Il y a quelque chose qui ne marche pas», continue le porte-parole.

Risque de poursuite

Si Laval veut limiter la malbouffe près de ses écoles, elle devra interdire tout restaurant qui ne fait pas le service aux tables plutôt que de s’attaquer aux menus de certains établissements.

En effet, les municipalités québécoises qui essayeraient d’exclure certains restaurants en raison de leur menu grâce à un changement de zonage s’exposent à des poursuites, avertit l’Union des municipalités du Québec (UMQ).

Ainsi, Laval n’aurait pas le droit d’interdire qu’un restaurant s’installe dans une zone scolaire uniquement parce qu’ils servent des aliments ayant des gras trans.

Pour sa part, depuis 2008, l’UMQ demande au gouvernement provincial d’adopter une nouvelle loi qui éliminerait les gras trans du menu des restaurateurs.