/opinion/blogs
Navigation

Ces enfants qu’on ne peut pas se payer

Francoise David
Photo d'Archives

Coup d'oeil sur cet article

Nos enfants ont commencé l’école. Un peu d’anxiété habite les tout-petits et la colère gronde chez les parents. D’abord à cause des coûts de la rentrée: facilement entre 300 et 400 dollars par enfant! Une honte.

Quand une amie, mère de deux enfants au primaire, m’a parlé des fournitures scolaires obligatoires – une liste d’une précision chirurgicale —, j’ai avalé mon café de travers! En plus des crayons à mine, des surligneurs multicolores, de la trousse tendance, il faut acheter les cahiers d’exercices et renouveler le sac à dos devenu trop petit pour les immenses cartables de nos enfants. Elle doit même fournir une boîte de Kleenex!

La liste s’allonge et la facture augmente chaque année. Gratuite, l’école primaire et secondaire? De moins en moins. Les ministres de l’Éducation coupent les budgets des commissions scolaires qui, à leur tour, donnent moins d’argent aux écoles. Sans compter les coupes récentes dans les services de garde scolaire qui obligeront les parents à payer le prix fort pour les journées pédagogiques. Les parents, toujours eux. Les familles paient des taxes déguisées dont les gouvernements ne parlent jamais.

Il y a pire encore. Parents et enfants remarqueront bientôt l’empreinte des compressions du ministre Blais. Le dernier budget libéral a choisi d’infliger au milieu scolaire les pires compressions en vingt ans, soit un manque à gagner pour cette année seulement, de 350 millions de dollars.

Malgré la volte-face d’Yves Bolduc sur l’achat de livres, on peut douter que les rayons des bibliothèques soient vraiment bien garnis. L’aide aux devoirs, l’aide alimentaire aux enfants défavorisés, le transport scolaire et certains programmes d’aide aux immigrantes et aux immigrants vont vivre des coupes majeures.

Après des décennies de progrès dans le soutien aux élèves en difficulté, de nombreux postes d’éducateurs spécialisés, de techniciens en éducation spécialisée et de préposés aux enfants handicapés disparaîtront. C’est sans parler des orthopédagogues et des conseillers pédagogiques. Malgré toute la bonne volonté du personnel, certains élèves plus vulnérables vont échapper aux mailles du filet à un moment crucial de leur parcours scolaire.

Le ministre Blais affirmait le printemps dernier que les services aux élèves ne seraient pas touchés par les coupes budgétaires. Il nous a menti. Cet automne, l’austérité libérale va frapper de plein fouet ceux et celles qui portent à bout de bras notre système d’éducation et que nous devrions remercier chaque jour: le corps enseignant et les autres membres du personnel scolaire.

De grâce, M. Blais, prenez votre rôle au sérieux. Vous n’êtes pas qu’un chargé de mission pour l’austérité libérale. Avez-vous l’avenir de nos enfants à cœur? De tous nos enfants, y compris celles et ceux qui sont plus fragiles. L’éducation est un droit. Point. En plus, elle n’est pas une dépense, mais un investissement.

Ceux et celles qui bâtiront le Québec de demain méritent mieux. Ce mardi 1er septembre, je serai parmi les parents, les enfants et les professeurs qui clameront bien fort dans des dizaines de chaînes humaines, tôt le matin, autour des écoles: je protège mon école publique!

 

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.