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Encore plus de pétrole de schiste à Lévis

La raffinerie Valero privilégie le transport par pétroliers à la place des wagons-citernes

Pétrolier Cap Theodora
Photo FleetMon.com

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La raffinerie Valero de Lévis a cessé d’être approvisionnée par des convois de wagons-citernes en provenance de l’ouest et compte maintenant plus que jamais sur le pétrole de schiste américain livré par pétroliers à Lévis.

La raffinerie Valero de Lévis a cessé d’être approvisionnée par des convois de wagons-citernes en provenance de l’ouest et compte maintenant plus que jamais sur le pétrole de schiste américain livré par pétroliers à Lévis.

«Depuis le mois de mai, on a décidé de revenir à notre mode de transport par navire. Donc on fait venir notre pétrole du sud des États-Unis, du golfe du Mexique, pour des raisons de marché», a déclaré à notre Bureau d’enquête Julie Cusson, directrice principale, affaires publiques et gouvernementales pour Valero. «Notre objectif, c’est toujours d’aller chercher le pétrole le plus compétitif possible.»

Depuis le début de l’année, plus de 71 % des approvisionnements en pétrole de Valero proviennent de pétroliers chargés principalement de pétrole de schiste, qui effectuent un trajet d’environ 5000 kilomètres entre Corpus Christi, au Texas, et Lévis.

Ce pétrole provient entre autres du bassin d’Eagle Ford, un des plus importants gisements de gaz et de pétrole de schiste en Amérique du Nord avec celui de Marcellus en Pennsylvanie. La semaine dernière, deux pétroliers, l’Elia et le Cap Theodora, étaient d’ailleurs amarrés au quai de Lévis pour leur déchargement.

Fini les wagons-citernes

C’est sans tambour ni trompette que l’entreprise a décidé d’interrompre ses convois ferroviaires de dizaines et de dizaines de wagons-citernes chargés de pétroles synthétiques en provenance de l’ouest. Pour Julie Cusson, il s’agit d’une décision d’affaires et elle nie que cela ait quelque chose à voir avec la sécurité, le transport ferroviaire étant encore utilisé pour livrer les produits de la raffinerie à ses clients.

Les écologistes n’en saluent pas moins la décision de Valero. «Ça nous semble une bonne décision. On espère que ce n’est pas une suspension temporaire», a déclaré à notre Bureau d’enquête Christian Simard, de Québec Nature. Mais l’entreprise n’est pas de cet avis. «Si le contexte économique devait changer, nous pourrions reprendre cette activité», précise Julie Cusson.

On se souviendra que l’hiver dernier, deux convois de pétroles synthétiques destinés à la raffinerie de Lévis avaient pris feu dans la région de Gogoma, dans le nord de l’Ontario, à la suite de déraillements. En 2012 et 2013, Valero avait investi 30 M$ dans son terminal ferroviaire pour recevoir encore plus de pétroles de l’ouest.

«On avait été sidéré que Valero entreprenne de recevoir 100 wagons par jour, à son terminal de Lévis, de pétrole brut de l’ouest à peine deux mois après l’accident de Lac-Mégantic», rappelle Christian Simard.

En attendant le pipeline

«Lorsque le pipeline d’Enbrige entrera en fonction, notre approvisionnement en pétroles canadiens représentera plus de 50 % de notre approvisionnement», affirme Julie Cusson. Il s’agit de contrats fermes et à long terme.

Avant 2013, 100 % de l’approvisionnement de Valero se faisait par le Saint-Laurent.

Cette situation pourrait se reproduire d’ici la fin de l’année, avec des pétroles de schiste principalement au lieu de pétroles légers, en provenance de l’Afrique du Nord ou du Kazakhstan. Au cours des 10 dernières années, Valero a investi 2 milliards de dollars dans sa raffinerie de Lévis, la deuxième en importance au pays après celle d’Irving, au Nouveau-Brunswick.