/finance/business
Navigation

Libéraliser sans tuer la Société des alcools

Des experts en faveur d’une mixité privée-publique

En augmentant le nombre de points de vente de vins et de spiritueux, le gouvernement empocherait, finalement, plus d’argent qu’à l’heure actuelle grâce aux taxes, anticipent les chroniqueurs Marc-André Gagnon (photo) et Yves Mailloux.
Photo d'archives En augmentant le nombre de points de vente de vins et de spiritueux, le gouvernement empocherait, finalement, plus d’argent qu’à l’heure actuelle grâce aux taxes, anticipent les chroniqueurs Marc-André Gagnon (photo) et Yves Mailloux.

Coup d'oeil sur cet article

Libéraliser la distribution du vin et des spiritueux au Québec tout en préservant la Société des alcools (SAQ) permettrait d’améliorer l’offre de produits, d’augmenter le volume des ventes tout en diminuant les prix.

À la longue, l’opération serait plus rentable pour le gouvernement, selon trois spécialistes consultés par la chaîne Argent à la suite du dépôt du rapport de la Commission de révision permanente des programmes – ou Commission Robillard, du nom de sa présidente, Lucienne Robillard.

«Ce n’est pas nécessaire d’abolir la SAQ. Avec un peu de concurrence du privé, nous aurions le meilleur des deux mondes», a affirmé spontanément Yves Mailloux, président du Club des Dégustateurs de Grands Vins et chroniqueur spécialisé.

Frédéric Laurin, professeur d'économie à l'Université du Québec à Trois-Rivières et auteur du livre Où sont les vins? - Le problème de la distribution du vin au Québec abonde dans le même sens. Cet universitaire souhaite l’apparition de petites boutiques spécialisées dans les vins et spiritueux, des «cavistes» dans le jargon. Ces boutiques offriraient des vins québécois, des vins biologiques, du whisky, par exemple, à petite échelle, avec un service plus personnalisé qu’à la Société des alcools.

La SAQ est un «Walmart ou un Costco du vin», a souligné Frédéric Laurin, une grosse entreprise qui prend de grosses commandes de ses gros fournisseurs pour son gros réseau. Un autre modèle de distribution, de niche, pourrait voir le jour dans le commerce de détail, selon lui.

Épiceries et dépanneurs

Le chroniqueur Marc-André Gagnon, animateur du site web spécialisé Vin Québec, espère que le gouvernement ouvrira «progressivement» la porte au secteur privé en permettant non seulement aux cavistes, mais aussi aux dépanneurs, aux épiceries et aux restaurateurs de vendre davantage de vins et d’autres alcools. Ce qui pourrait s’effectuer sans déstabiliser le réseau de la SAQ. Québec ne voudra évidemment pas torpiller cette société d’État qui lui a rapporté 1,034 milliard $ en 2014-2015, a souligné Marc-André Gagnon.

Yves Mailloux croit de son côté qu’il faut d’abord miser sur le secteur privé existant, celui du petit commerce d’alimentation.

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.