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J'accuse !

J'accuse !

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Je serai brève car ceci est un blogue de dénonciation. Ce matin, 1er septembre, mon indignation est au zénith.

Une fois encore, les syndicats d’enseignants utilisent, manipulent des enfants à peine sortis des couches pour faire avancer leurs négociations avec l’État.

Si cela ne vous révolte pas de voir des enfants de 5 ou 6 ans qui ânonnent des slogans que des enseignants leur ont mis dans la bouche en faisant une chaîne humaine devant leur école, expliquez-moi votre point de vue.

En tant que parent, enn tant que citoyenne, cela m'échappe.

Des tout-petits étaient interviewés à CHOI-FM à Québec ce matin au sujet de leur présence à une manifestation devant leur école. «Je suis là pour protéger mon école» disaient certains. «Je suis contre les coupures», disaient quelques autres.  Chez les plus jeunes, la plupart semblaient ignorer pourquoi ils étaient là à faire le piquet en ce beau matin de septembre.

Les parents semblaient trouver formidable l’implication citoyenne de leurs enfants. Misère.

Si vous souhaitez éveiller leurs consciences aux injustices, je suggère la visite d'un hôpital pour enfants ou la tournée d'un quartier défavorisé, avec arrêt à la soupe populaire. 

Il n’y a rien de mal à ce que des étudiants du secondaire, du cégep et de l’université décident de leur plein gré de soutenir les revendications de leurs profs. Mais des enfants trop jeunes pour savoir pourquoi ils sont là ? Ce n’est pas sérieux. Pire : cela est moralement répréhensible.

Manquons-nous à ce point de jugeote ?

Parents, enseignants, syndicats : êtes-vous conscients d’instrumentaliser des bambins ? Auriez-vous décidé d’adopter cette tactique parce que c’est la meilleure façon d’avoir l’attention des médias pour votre cause ? Les «kodaks», comme ont dit dans le milieu, adorent les enfants, c’est bien connu. Ça fait du ben beau visuel, plus intéressant qu'une dizaine de pancartes.

«Nous faisons cela pour lutter contre les coupures. L’heure est grave», disent certains. Je suis la première à questionner les choix du gouvernement tout en appuyant l’idée de réformer ce qui ne va pas dans le système d’éducation. Il semble qu'il soit plus simple de couper que de changer ce qui ne va pas.

Mais ce n’est pas un hasard non plus si cette sortie coincide avec des négociations syndicales qui piétinent.

Je  ne peux voir autre chose dans cette tactique syndicale qu’un moyen d’embarrasser le gouvernement. «Regardez ces pauvres petits: que va-t-il leur arriver si on ne nous accorde pas 13,5% d'augmentation ?»

Mais les organisateurs de ces mini-manifestations sont trop endoctrinés pour réaliser qu’ils s’embarrassent eux-mêmes en utilisant des enfants pour se faire entendre.

Les écoles privées vont se ramasser une moisson de nouveaux élèves l'an prochain: tous les parents ne sont pas dupes de la supercherie.

Brèves

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