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Fin du remboursement de taxes municipales: le milieu agricole furieux

La fin du remboursement des taxes municipales choque

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MONTRÉAL – La proposition de la commission Robillard d’abolir le remboursement d’une partie des taxes municipales aux producteurs agricoles soulève une vague de mécontentement dans les milieux agricoles et auprès d’élus de l’Assemblée nationale.

À cause de l’augmentation de la valeur des terres agricoles, à hauteur de 100 % en cinq ans, le compte de taxes municipales des propriétaires de fermes a connu un bond spectaculaire. En conséquence, en 2015, le gouvernement du Québec a réservé un budget de 137 millions $ pour rembourser les municipalités des sommes créditées aux agriculteurs. En 2014, ce budget s’élevait à 128 millions $.

L’Union des producteurs agricoles (UPA) s’est montrée virulente envers la présidente de la commission, Lucienne Robillard.

«On est tannés, a lâché Charles-Félix Ross, directeur général adjoint de l’UPA. Ça fait deux fois qu’elle est complètement dans le champ avec ses analyses superficielles. Le programme de remboursement de taxes existe partout ailleurs en Amérique du Nord. Et avec la hausse de la valeur des terres, il va continuer à coûter plus cher. Je ne serais pas surpris qu’il atteigne 150 millions $ d’ici trois ans. L’analyse de Mme Robillard ne tient pas la route», a-t-il lancé.

De son côté, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) Pierre Paradis a tenu à rappeler qu’il n’avait pas attendu le rapport Robillard pour sonner l’alarme sur les coûts du remboursement de taxes municipales.

«Ça accapare le budget du ministère et cela devient évident qu’il y a un problème avec cela. Ce n’est pas normal qu’en 2014, le MAPAQ doive faire des chèques aux municipalités. On ne peut pas arrêter le remboursement des taxes aux agriculteurs. Mais on a entrepris une réflexion pour le rendre plus intelligent», a précisé le ministre.

Le modèle ontarien

Diverses sources affirment que le MAPAQ analyserait en profondeur le scénario en application en Ontario. Le gouvernement de Queen’s Park impose aux municipalités d’offrir un taux de taxation distinct aux propriétaires agricoles reconnus. Ce taux ne doit pas dépasser de 25 % le taux en vigueur dans le domaine résidentiel.

«Nous ne sommes pas fermés à une nouvelle façon de faire, mais le ministre doit rassurer les agriculteurs que ce ne sera pas de nouvelles coupes qui s’en viennent, a commenté André Villeneuve, député de Berthier et porte-parole de l’opposition en matière agricole. Tous les États à travers le monde soutiennent leur milieu agricole. Ici, après avoir dénoncé le premier rapport Robillard, le ministre Paradis a accepté des coupures de 150 millions $ à la Financière agricole et à d’autres programmes», déclare André Villeneuve, député de Berthier et porte-parole de l’opposition en matière agricole.

«En agriculture, il faut investir 8 $ pour obtenir un dollar de revenu et le principal actif est la terre agricole. On en vient à se demander pourquoi Québec investit dans ce genre de commission qui ne comprend rien à l’agriculture», a ironisé Charles-Félix Ross.