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Nos enfants ne sont pas des bobbleheads

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Sous le coup de la colère hier, j’ai dénoncé dans mon blogue la présence d’enfants et de bambins, dans les chaînes humaines devant 200 écoles du Québec, en train de dénoncer les coupes en éducation.

Sous le coup de la colère hier, j’ai dénoncé dans mon blogue la présence d’enfants et de bambins, dans les chaînes humaines devant 200 écoles du Québec, en train de dénoncer les coupes en éducation.

Au moment même où les négociations syndicales entrent dans une phase critique. Mais c’est sûrement une coïncidence, n’est-ce pas?

Je n’ai pas vraiment décoléré depuis. Surtout quand j’ai appris que des politiciens péquistes et des candidats bloquistes s’étaient joints à certaines manifestations, en appui au mouvement «Je protège mon école publique!» dont on aimerait connaître les organisateurs.

Échange de bons procédés

Les enfants avaient réalisé des dessins conspuant le premier ministre du Québec. Le texte d’un de ces chefs-d’œuvre a retenu mon attention: «monsieur Couillar arêter de couper des sèrevisse!».

Vous êtes libres d’en penser ce que vous voulez, mais selon moi, ce jeune a plus besoin d’être sensibilisé à l’orthographe et aux règles de la grammaire française qu’aux joies du militantisme.

Les politiciens aussi font un usage immodéré et indécent des enfants pour mousser leurs annonces et leurs campagnes électorales

Et son enseignant devrait lui dire que ce n’est pas M. Couillard qui choisit comment appliquer les compressions, mais les commissions scolaires qui trop souvent préfèrent protéger des postes administratifs que de protéger ou de bonifier les services à l’élève.

J’aurais préféré que le gouvernement protège et même augmente les budgets en éducation en échange de réformes qui se font attendre depuis longtemps, notamment de retirer le volet pédagogique aux commissions scolaires pour accroître l’autonomie des écoles. Ce qu’a fait le gouvernement britannique avec des résultats renversants.

De bons vendeurs

Mais il n’y a pas que les syndicats qui utilisent les enfants, et leurs jolies frimousses, pour attiser l’intérêt du public et des médias à leurs causes. Les enfants sont utilisés pour vendre du détergent, des céréales multicolores, même des armes à feu aux États-Unis et tutti quanti.

Il n’y a pas de meilleure façon pour attirer notre attention que de lancer une œuvre caritative au profit des enfants, comme le fait la marque President’s Choice, qui fabrique de la nourriture pour bébé, des couches et de la formule pour nourrissons. Le Québec interdit la publicité qui s’adresse aux enfants. Il faudrait peut-être réfléchir à interdire la publicité qui s’adresse aux adultes, mais qui met en vedette des enfants.

Les politiciens aussi font un usage immodéré et indécent des enfants pour mousser leurs annonces et leurs campagnes électorales. Que ce soit en toile de fond lors d’un rallye politique, ou comme objet d’adoration à embrasser pendant un bain de foule, l’enfant vend. L’American Psychological Association a même étudié l’impact de l’usage d’enfants dans un contexte aussi polarisé.

Des voix commencent à se faire entendre: nos enfants ne sont pas des bobbleheads, ces figurines humaines dont la tête, montée sur un ressort, fait oui en permanence. Alors, laissez-les vivre leur enfance en paix. Ils n’ont certes pas besoin de pression supplémentaire.


NOTA BENE: J’ai eu le ministre de l’Éducation François Blais au téléphone. Il m’a confirmé que le budget consacré aux enfants qui ont des besoins spéciaux n’a pas été coupé. Il serait peut-être plus payant alors d’organiser des chaînes humaines autour des commissions scolaires...