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Bébé à bord... dehors!

Canot, randonnée, escalade… Ludovic suit ses parents partout! Éric Turcotte et Manon Simard ont tous deux une formation en plein air, mais surtout une passion qu’ils souhaitent contagieuse.
photo courtoisie joanie St-pierre Canot, randonnée, escalade… Ludovic suit ses parents partout! Éric Turcotte et Manon Simard ont tous deux une formation en plein air, mais surtout une passion qu’ils souhaitent contagieuse.

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L’aventure du plein air est-elle toujours possible après l’arrivée de bébé? Deux mordues de plein air se sont fait la promesse d’essayer. Non seulement ont-elles «réussi», mais elles inspirent d’autres familles à tenter ­l’expérience elles aussi.

Ti-Mousse dans la brousse, c’est le nom du «bébé» de Joanie St-Pierre et Manon Simard, deux amies de longue date qui ont fait de leur passion du plein air leur métier après des études en tourisme d’aventure.

«On a besoin de se retrouver en nature et de bouger! Enceintes, on s’est donné le défi de continuer à profiter d’activités de plein air», résume Joanie, la maman de Maëva, 17 mois.

La réaction classique à leur souhait? Les «tu vas voir...»

Eh bien, elles sont sorties, elles ont vu... et elles partagent leurs conseils et expériences:

Planifier... sans se faire de plan

«Se faire un plan, c’est une erreur, dit Joanie. Ce n’est pas possible de planifier un itinéraire élaboré comme avant les enfants – et si on y arrive, ce ne sera probablement pas plaisant pour tout le monde. À chaque expédition, on se donne comme seul but de se retrouver en famille en forêt.»

Cela veut entre autres dire de renoncer à un sommet, une journée où bébé fait moins preuve de coopération, et de plutôt ramasser des roches, de photographier des coccinelles, de toucher des feuilles...

Comme guides d’aventure, les deux mères de famille ont déjà développé l’habitude de partager le plein air en mettant les autres et leurs envies en premier plan: «Comme parent, c’est la même chose: on est le guide de nos enfants! On a choisi de suivre le rythme et les intérêts de nos enfants afin de partager notre passion avec eux au lieu de la leur imposer. Peut-être que plus tard, ils vont ainsi avoir envie de nous accompagner dans nos aventures plus folles!»

Un programme improvisé et un peu éparpillé, parsemé de compromis, qui peut somme toute se transformer en une belle journée de plein air si on est ouvert au terrain et aux intérêts du bambin. Et entre ça et s’emmurer à la maison en attendant que bébé soit grand...

Penser petit

Pour un jeune enfant, le simple fait de marcher jusqu’au parc du coin est une aventure... Joanie et Manon ont donc adopté le concept des microaventures avec leur bambin. «On part moins loin et on recherche des petits moments magiques plutôt que de gros défis. Les randonnées de 25 km par jour, c’est fini pour l’instant. Mais on y va avec des 5 kilomètres, parsemés de pauses pendant lesquelles Maëva marche à son rythme. Et il y a maintenant l’incontournable pique-nique au sommet», donne en exemple Joanie St-Pierre.

Le plein air pour les bébés

Qu’est-ce que ça apporte à un si jeune enfant, le plein air? «Maëva dépense son énergie en plein air, c’est évident! Et être dehors, c’est une superbe façon de stimuler les sens de son enfant: le vent sur sa peau, la texture du sable sur ses pieds, l’odeur de l’herbe mouillée... on parle toujours de stimulation, mais on oublie que la nature est toute une expérience sensorielle, qu’on recherche d’ailleurs même adulte.»

Et une passion, ça naît, ça grandit et ça fait des petits... des «petits mousses dans la brousse.»

«Une fois (enfin!) partis, en nature, ce que l’on a devant soi, c’est du temps», dit Joanie. Du temps... le rêve de toute jeune famille.

Les 5 freins... et leurs réponses

Le seul prérequis pour faire du plein air avec un bébé selon

Ti-Mousse dans la brousse: en avoir envie. Si la volonté est là, ces 5 freins courants se ­contournent aisément.

1. C’est compliqué

«C’est vrai que ça demande plus d’organisation avec un enfant... Le truc, c’est d’avoir un petit sac prêt sur le bord de la porte avec tout le nécessaire pour une journée dehors: collations, couches, eau, vêtements de rechange, etc. Comme ça, on peut partir rapidement, quand bébé coopère! Et pour les plus grandes aventures, on prépare et met tout le matériel dans l’auto la veille.»

2. Ça coûte cher

«Il y a énormément de dépenses pour les nouveaux parents, mais il y a heureusement aussi beaucoup d’activités de plein air peu coûteuses, par exemple la randonnée pédestre qui se résume essentiellement à l’achat d’un porte-bébé. Pour dénicher des produits de qualité à bas prix, le marché de l’usagé est aussi une excellente option.»

3. L’horaire de bébé et le plein air, difficiles à concilier

«C’est sûr que si on tient à ce que toutes les siestes se fassent dans la bassinette, quitter la maison devient compliqué. Quand on va en nature, la routine de la maison prend le bord! Il est par contre tout à fait possible de s’en créer une autre, différente de la maison, mais tout aussi respectueuse des besoins de bébé.»

4. La route

«L’aventure commence dès qu’on embarque dans l’auto, et non pas qu’une fois rendus à destination! Il faut gérer les déplacements afin de prévoir plusieurs pauses agréables, au lieu de stresser sur un horaire à respecter à tout prix.»

«On peut aussi opter pour des microaventures. On n’a pas besoin d’aller très loin pour décrocher en nature.»

5. La température

«Le classique adage comme quoi il n’y a pas de mauvaises températures, mais que de mauvais vêtements, c’est aussi vrai avec un bébé! Les enfants trouvent d’ailleurs en général la pluie amusante et stimulante pour les sens. Il nous reste à les habiller pour qu’ils restent au sec et à prévoir des vêtements de rechange.»