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L’amie des aliments mal aimés

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Qu’ils soient piqués, tordus ou mal formés, elle les prend tous. Florence-Léa Siry ne s’arrête surtout pas à l’apparence des fruits et légumes qu’elle cuisine. La jeune cantinière de plateau a su développer au fil des ans l’art de faire ressortir le beau et le bon de chaque aliment mal aimé ou simplement oublié au fond du frigo.

C’est sur les plateaux de tournage de Montréal, où elle nourrit les comédiens depuis l’âge de 14 ans, qu’elle a appris l’art de faire plus avec moins. Avec un budget­ limité, elle ne pouvait surtout pas se permettre de gaspiller­­.

C’est en puisant dans sa créativité débordante qu’elle s’est mise à imaginer de petits plats savoureux en récupérant chaque jour tous les aliments présents dans son frigo. Qu’ils soient frais, moins frais, beaux ou moches, entre ses mains de fée, tous les aliments, même une ­vulgaire queue de fraise, se transforment en plat de roi.

«Je n’avais pas prévu devenir cuisinière et encore moins femme d’affaires», m’explique la jeune femme de 30 ans qui ouvrira ­début novembre, rue Beaubien, un commerce de prêt-à-manger avec épicerie fine où les produits locaux seront mis à l’honneur.

Elle a étudié dans plusieurs ­domaines (production cinématographique, théâtre et création ­littéraire) avant de réaliser qu’elle avait déjà trouvé sa place. Ce qui n’était au départ qu’un ­travail d’été est devenu son occupation principale. À 23 ans, elle était déjà chef cantinière sur les plateaux de tournage.

Un produit à son image

«Les comédiens aimaient ma créativité en cuisine. Je voulais abandonner, mais on me rappelait toujours», relate-t-elle. À 26 ans, quand elle a finalement compris et accepté qu’elle était une entrepreneure dans l’âme, elle est retournée sur les bancs d’école pour se former en ­gestion d’entreprise.

«J’ai décidé de créer un produit qui me ressemblait», dit-elle­­. En prenant tout ce qu’elle avait en elle, sa passion pour la cuisine, ses préoccupations ­environnementales et son ­besoin d’entrer en relation, elle s’est créé un emploi à sa mesure. C’est ainsi que Chic frigo sans fric, sa propre cantine roulante, est née.

Elle a vu grand. L’entreprise a rapidement pris une ampleur inespérée­­, mais son désir de ­sauver la planète des déchets a vite eu raison de ses ambitions. «Quand on s’embarque dans de trop gros projets, le gaspillage est inévitable», a-t-elle constaté. En acceptant moins de gros contrats de tournage, elle a pu trouver du temps pour écrire un livre de recettes. L’art de cuisiner sans gaspiller ni se ruiner, publié récemment aux éditions Caractère, propose une foule de trucs et astuces pour aider les ­familles à faire des économies en cuisine sans faire de compromis sur le goût. «Les gens seraient tellement plus riches s’ils ­gaspillaient moins de nourriture», fait-elle remarquer.

Nouvelle aventure

Les Emballées, la boutique de prêt-à-manger qu’elle ouvrira bientôt avec deux amies, servira de quartier général pour continuer à préparer les repas et collations de sa clientèle de comédiens. On y trouvera aussi des plats à emporter abordables, ­emballés de façon écologique et préparés à partir de produits ­locaux, dont tous ces fruits et ­légumes moches qui trouvent difficilement leur place sur les tablettes de nos épiceries.

«Nous sommes même en train de créer un partenariat avec une épicerie de Rosemont pour ­racheter leurs produits presque périmés. Vous n’avez pas idée de tout ce que je peux faire avec du yogourt qui approche de la date de péremption», dit-elle en souriant.


Les Emballées
2381, rue Beaubien Est
Montréal (Québec)
514 725-9769

Produits vedettes

Touski (tout ce qui reste) de légumes

Utilisez vos restes de salade, crudités ou légumes fanés pour faire une soupe ou un potage. Hachez-les pour les servir en macédoine ou ajoutez-les à des pâtes ou une trempette. Vous pouvez aussi les déshydrater au four à basse température pour en faire du sel aromatique.

Le saviez-vous ?

Exiger des fruits et légumes parfaits fait augmenter leur prix de 30 %, car les producteurs doivent compenser la perte des aliments déclassés. Pourtant, leur goût et leur qualité sont identiques.


Source : L’art de cuisiner sans gaspiller ni se ruiner, Florence Léa Siry, éditions Caractère.