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Les frais de scolarité du Québec parmi les plus bas au pays

Tricherie à l'université
Photo d'Archives Les étudiants québécois versent environ 5000 $ de moins par année en frais de scolarité que leurs homologues ontariens.

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Les étudiants universitaires québécois continuent de payer les frais de scolarité parmi les plus bas au pays. Ils déboursent même 5000 $ de moins que leurs voisins ontariens, rapporte Statistique Canada.

«Il n’y a rien de surprenant. Les frais de scolarité au Québec ont toujours été bas, ça fait partie d’une tradition qui remonte aux années 60», relate Pierre Doray, professeur de sociologie de l’UQAM.

Pour l’année scolaire 2015-2016, les étudiants du Québec inscrits à temps plein au premier cycle universitaire verseront en moyenne 2799 $. Il s’agit d’une augmentation de 2,1 % par rapport à l’année précédente.

La Belle Province se trouve tout juste derrière Terre-Neuve-et-Labrador dont les frais de scolarité atteindront 2660 $ cette année.

«Terre-Neuve s’est enrichie avec le pétrole, alors ils ont décidé de faire des cadeaux et de mettre de l’argent dans l’éducation. Au Québec, on est en période d’austérité et on coupe dans le financement des universités, ce n’est pas la même réalité», indique l’économiste Pierre Fortin.

Pierre Fortin<br />Économiste
© Photo Jean-François Desgagnés
Pierre Fortin
Économiste

M. Fortin ne voit donc pas d’un bon œil qu’année après année, le Québec soit toujours parmi les plus bas.

Sans atteindre les 7868 $ que paieront les étudiants ontariens, les frais devraient tout de même être augmentés pour mieux financer les universités, selon lui.

Et l’accessibilité ?

«Les étudiants ne paient que 10 % de ce que coûte l’enseignement qu’ils reçoivent. Les études supérieures donnent accès aux niveaux de salaires les plus élevés. Ils devraient en payer un peu plus, c’est une question d’équité sociale», soutient-il.

Michel Poitevin, professeur en sciences économiques de l’Université de Montréal, est du même avis. Il en va selon lui de la qualité même de l’enseignement prodigué.

«On est en train de se tirer dans le pied. On voit qu’on perd des professeurs et on a de la difficulté à recruter des experts parce qu’on a moins d’argent. On paie moins, mais, à long terme, on aura une moins bonne éducation», estime-t-il.

Mais pour la Confédération des associations étudiantes de l’Université Laval, les droits de scolarité doivent demeurer bas pour assurer l’accessibilité aux études supérieures.

«L’augmentation des frais pour les étudiants, ce n’est pas une solution viable pour maintenir l’accès et améliorer la santé financière des universités. Le gouvernement doit investir aussi», insiste le porte-parole Thierry Bouchard-Vincent.

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