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Fin de vie : l’audacieuse et touchante campagne de la Fondation Jacques-Bouchard

Fin de vie : l’audacieuse et touchante campagne de la Fondation Jacques-Bouchard

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Quelle sorte de mort voulons-nous? Pour nos proches d’abord : nos parents; nos conjoints, si par malheur une maladie mortelle les frappe trop tôt; et, éventuellement, pour nous-mêmes...  Autant c’est une question qui était complètement taboue, et absente du discours public il n’y a encore pas si longtemps, autant c’est un sujet qui se retrouve projeté à l’avant-plan ces temps-ci. Qu’on pense au film Paul à Québec, qui sort en salles ce vendredi 18 septembre, et qui raconte le séjour dans une maison de soins palliatifs, puis la mort, du beau-père de « Paul », l’alter-ego que s’est créé Michel Rabagliati. Et le tout, inspiré des événements tels qu’il les a réellement vécus. Qu’on songe aussi à la série Nouvelle adresse, à Radio-Canada, dont toute l’action tourne ainsi autour du cancer, puis de la mort, de la personnage principale.

Et, si on se ramène dans la vraie vie, Céline Dion, lors des entrevues qu’elle a données autour du lancement de son actuelle série de concerts, a abordé sans ambages le sujet de la maladie de son mari, René Angélil, de même que l’éventualité de sa mort, étant donné le cancer qu’il combat. Et enfin, évidemment, il y a toute la discussion qu’a entraîné le projet de loi sur l’aide médicale à mourir. Ce projet, et la commission « Mourir dans la dignité» qui y a mené, ont aussi contribué beaucoup à alimenter la discussion. On s’en rend compte, il n’y a pas unanimité sur la question, entre autres dans le corps médical... Mais au moins c’est un sujet qui prend l’avant-plan.Tant mieux.

Et, c’est une bonne occasion de souligner le travail remarquable que fait, dans ce domaine, et depuis huit ans déjà un organisme qui tient ces temps-ci sa levée de fond annuelle : la Fondation Jacques-Bouchard. Elle est baptisée en l’honneur de Jacques Bouchard, grand publicitaire québécois, visionnaire tant sur le plan de la création, de la culture, des affaires, que de la défense et la promotion de causes humanitaires. La fondation a été créée grâce au travail de sa femme, Caroline Maranda-Bouchard, qui a travaillé de concert avec les réputés médecins Serge Daneault et Robert Marchand. Pour ma part, j’en ai entendu davantage parler, évidemment, quand j’ai travaillé à la biographie de Jacques Bouchard. J’avais été frappée, à l’époque, de voir à quel point Jacques Bouchard aura été un précurseur toute sa vie, et aussi dans sa façon de mourir. Il avait su accepter le pronostic quant au cancer qui allait finalement l’emporter (en 2006), et préparer son départ avec une immense sérénité. Il avait même adopté la formule « je suis un cancéreux heureux », qu’il aimait à décrire comme étant « son dernier slogan »...  Et il a pu mourir chez lui, aussi paisiblement que possible.

Mais bien sûr, Jacques Bouchard a eu la chance d’être entouré, d’avoir des ressources, et de pouvoir compter sur la formidable énergie qu’avait pu déployer Caroline Maranda-Bouchard afin de trouver où d’adresser dans le système médical, qui mobiliser, comment faire... Ce que sont loin d’avoir tous les malades en phase terminale. Et donc, c’est à cela que s’attaque la Fondation Jacques-Bouchard. Pour en savoir plus sur le remarquable travail qui se fait depuis tout ce temps, je vous invite d’ailleurs à aller voir les sections « Notre mission » et « Questions courantes » sur le site de la Fondation. Pour ma part, dans mes contacts avec Caroline, puis lors du cocktail-bénéfice que fait chaque année la Fondation, j’ai été chaque fois frappée de ce travail qui se fait « au ras des pâquerettes », par tant  de collaborateurs dévoués.

Jacques Bouchard était un publicitaire remarquable, et les gens de son milieu s’en souviennent. Et donc, des gens du milieu publicitaire s’impliquent, chaque année, pour que les communications entourant le cocktail-bénéfice soit remarquables. Cette année, on poursuit la remarquable initiative amorcée l’an dernier, pilotée par Nicolas Massey, vice-président directeur de la création chez Publicis Montréal : des personnalités connues se sont fait photographier les yeux fermés pendant qu'elles confiaient de quelle façon elles aimeraient mourir. L’an dernier, c’étaient Denys Arcand, Robert Charlebois, Pierre Bruneau, Pascale Bussières, Alexandre Bilodeau, Louise Deschâtelets, Sophie Lorain, Armand Vaillancourt et Jean-Marc Vallée. Pascale Bussière agit d’ailleurs à titre de porte-parole pour la campagne de financement 2015-2016. Et, la campagne poursuit sur la même lancée, avec d’autres personnalités qui ont accepté de se prêter au même exercice : Audrey Benoit, Stephan Bureau, les membres de Alfa Rococo, Marie-Thérèse Fortin, Marianne Saint-Gelais, Charles Hamelin, Patricia Paquin et Louis-François Marcotte. Les photos ont toutes été réalisées par le photographe Neil Mota, de l'agence Rodéo Production.

Tout comme l’an dernier, on pourra découvrir ces photos lors du cocktail-bénéfice de la Fondation, qui se tient ce mardi 15 septembre, au Musée des Beaux-Arts de Montréal. Je mentionne, en passant, qu’il semblerait qu’il n’est pas trop tard pour quiconque déciderait d'y assister...  Sinon, les dons sont toujours bienvenus, pour cette fondation qui fait un travail vraiment remarquable.