/sports/others
Navigation

Joel Anthony, des Pistons: une inspiration pour les jeunes

Le vétéran de la NBA est fier de ses racines montréalaises

Joel Anthony, des Pistons de Detroit, a profité de sa présence à l’école ­secondaire Lucien-Pagé pour vanter les bienfaits de l’activité physique ­auprès de jeunes Montréalais, ­dimanche.
Photo courtoisie Joel Anthony, des Pistons de Detroit, a profité de sa présence à l’école ­secondaire Lucien-Pagé pour vanter les bienfaits de l’activité physique ­auprès de jeunes Montréalais, ­dimanche.

Coup d'oeil sur cet article

Avant d’amorcer sa neuvième saison dans la NBA, Joel Anthony est retourné à ses racines, passant le dernier week-end à Montréal.

Le centre des Pistons de Detroit a participé, dimanche, à l’école secondaire ­Lucien-Pagé, à un événement organisé par la banque en ligne Tangerine pour promouvoir l’activité physique dans nos établissements scolaires.

Les 125 joueurs de basketball invités étaient toute oreille lorsque Anthony s’est adressé à eux, après avoir pris part à des ateliers à leurs côtés.

L’ex-coéquipier de Shaquille O’Neal, de LeBron James et de Dwayne Wade avec le Heat de Miami leur a refilé de bons trucs, non seulement sur le plan sportif, mais aussi sur le plan du développement personnel.

L’événement Gym communautaire de Tangerine se tenait pour la première fois au Québec. Steve Nash y participe dans les autres provinces.

Il était donc logique de demander à un Montréalais d’être le porte-parole de la campagne #ParticiperAuChangement, qui a pour but de développer la confiance en soi et l’optimisme chez les jeunes.

Anthony, qui s’est adressé en français et en anglais aux élèves, a accordé une entrevue au Journal de Montréal, avant de retourner à Detroit pour parfaire sa préparation en vue du camp d’entraînement des Pistons.

Pourquoi as-tu accepté de ­participer à un tel événement ­communautaire?

«J’aurais bien aimé pouvoir bénéficier d’un tel programme constructif et d’avoir la chance de rencontrer un joueur de la NBA lorsque j’étais adolescent et que je jouais au basketball à Montréal. Je me sens privilégié d’être un joueur professionnel qui gagne bien sa vie et il est important de redonner quelque chose à la société. Les jeunes ont besoin d’aide, de motivation. Il faut leur donner des raisons de sourire, de voir la vie avec optimisme.»

On dit que tu avais beaucoup de talent comme joueur de football. Comment t’es-tu retrouvé dans le monde du basketball?

«Je suis originaire de Dollard-des-Ormeaux et j’ai changé d’école vers l’âge de 15 ans. J’adorais jouer au football au Selwyn House, mais à ma nouvelle école, l’Emmanuel Christian High School, on n’offrait que le programme de basketball. J’ai vite appris à aimer ce sport. Il faut dire que je mesurais six pieds et trois pouces à 15 ans et que j’ai grandi de six pouces au cours d’un seul été! Je peux vous confirmer que c’était douloureux de grandir aussi rapidement. J’ai ensuite joué pour le collège Dawson avant d’aller étudier en Floride, au ­Pensacola Junior College. Les dirigeants de l’équipe de l’Université du Nevada à Las Vegas ont remarqué mon talent et j’ai reçu une bourse d’études de leur part.»

As-tu toujours cru que tu avais le talent nécessaire pour jouer régulièrement dans la NBA?

«Non. Je partais de très loin. Aux yeux des Américains, j’étais un Canadien ­originaire de Montréal, une ville où le hockey est très populaire. Je n’ai pas été repêché par une équipe de la NBA et il a fallu que je travaille fort pour faire ma place avec le Heat. De jouer dans la NBA était quelque chose de surréel pour moi.»

Quel joueur t’a le plus aidé à tes débuts avec le Heat de Miami?

«J’ai eu la chance d’amorcer ma carrière professionnelle en 2007 aux côtés du légendaire Shaquille O’Neal, qui m’a rapidement fait sentir que j’étais le bienvenu dans l’équipe. J’ai beaucoup appris en côtoyant un tel joueur étoile, autant sur le terrain qu’à l’extérieur. Je n’en croyais pas mes yeux de jouer en compagnie d’une vedette dont j’avais eu l’affiche sur le mur de ma chambre. J’étais reconnu pour mes talents pour bloquer des tirs et Shaquille m’a fait comprendre que je ­devais continuer d’améliorer cet aspect du jeu si je voulais rester avec le Heat. Ce fut un précieux conseil. J’ai été choyé d’avoir eu la chance de jouer durant plus de six ans avec le Heat et d’avoir pu participer à la conquête de deux championnats, en 2012 et en 2013. J’étais entouré de grandes vedettes comme LeBron James, Alonzo Mourning, Dwyane Wade et Chris Bosh. C’était vraiment spécial comme ambiance.»

Joel Anthony, des Pistons de Detroit, a profité de sa présence à l’école ­secondaire Lucien-Pagé pour vanter les bienfaits de l’activité physique ­auprès de jeunes Montréalais, ­dimanche.
Photo d'archives

À 33 ans, comment vois-tu le reste de ta carrière?

«J’espère jouer pendant quelques années encore, si je peux rester en santé. Ça fait drôle de penser que je suis déjà un vétéran dans la NBA à l’âge de 33 ans. Il me semble que le temps a passé très vite. C’est à mon tour maintenant de servir d’exemple aux jeunes joueurs de ­basketball au Québec et au Canada.»

Tu as gagné beaucoup d’argent dans la NBA. Toi qui as grandi au sein d’une famille modeste à ­Montréal, a-t-il été difficile de gérer toute cette fortune et cette gloire?

«Ce fut un bon défi, en effet. J’ai eu la chance d’être élevé de la bonne manière par ma mère, Erene, qui est originaire d’Antigua. Je lui dois beaucoup. Elle m’a appris à garder les pieds sur terre, à bien me comporter en toutes ­circonstances. C’est si facile de déraper lorsqu’on part d’un milieu où on n’a rien et qu’on se retrouve avec tous ces ­millions de dollars versés en salaire. Ma mère a travaillé dur et elle a toujours été une inspiration pour moi. Je suis heureux de pouvoir l’aider à mon tour. Je viens visiter la famille à Montréal quelques fois par année, surtout durant l’été. Cette année, je n’ai pas joué pour l’équipe canadienne et j’ai pu ainsi ­passer plus de temps à Montréal.»

Ça doit faire tout un changement, de jouer à Detroit au lieu de Miami?

«Disons que ce sont deux villes bien ­différentes, notamment sur le plan de la température! Mon rôle est différent avec les Pistons. C’est une jeune équipe en reconstruction et je suis appelé à jouer un rôle de vétéran qui doit aider à développer une mentalité de gagnants à Detroit. À Miami, je jouais pour une équipe qui avait toujours la chance de remporter le championnat. Le contexte était différent.»

Que penses-tu de l’essor du basketball au Canada, avec 13 Canadiens présentement actifs dans la NBA?

«La courbe de développement de ce sport au Canada est extraordinaire. Plusieurs bons joueurs canadiens ont été repêchés, dont Anthony Bennett et Andrew Wiggins, qui ont été des premiers choix. Ils sont tellement talentueux. Ils n’auront pas à passer par les mêmes étapes que moi. Je dirais que c’est le début de l’âge d’or pour le ­basketball au Canada. Les Américains ne nous voient plus de la même façon.»

En tant qu’ancien membre de l’équipe nationale, tu as dû avoir mal au cœur lorsque le Canada a subi une défaite par un point en demi-finale du championnat des Amériques, ce qui repousse sa qualification pour le tournoi olympique de 2016?

«Oui, ça m’a brisé. le cœur. Mais je demeure très confiant que le ­Canada obtiendra sa place l’an ­prochain aux Jeux de Rio. L’équipe a tout simplement joué de malchance.»