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Ces Amish qui résistent aux sirènes de la modernité

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Pennsylvanie | Quelle bizarre sensation pour nous, modernistes, que de se promener parmi les Amish. Ils vivent comme nos ancêtres il y a 150 ans.

Cette secte chrétienne protestante existe depuis la fin du 17e siècle, et elle s’est réfugiée aux États-Unis après avoir été chassée de France (Alsace) par Louis XIV. William Penn, le fondateur de la Pennsylvanie, leur a dit «Bienvenue aux États-Unis, à condition que vous appreniez l’anglais».

En Pennsylvanie, il y a quelque 80 000 Amish. Comme chaque famille a de huit à dix ­enfants, la communauté croît sans cesse. ­Attirés par les sirènes du modernisme, ­plusieurs jeunes s’en vont... mais souvent pour revenir au bout de quelques années.

Autonomie

Les Amish vivent en autarcie alimentaire. Ils fabriquent leurs propres vêtements. Ils ­refusent les moteurs et l’électricité presque totalement ; ils ont quelques véhicules et quelques génératrices pour leurs fermes. Leurs maisons sont immenses, somptueuses et propres ; ils s’entraident pour les construire. Pas d’obésité ni de diabète (dans un pays hyper-obèse). Pas d’armes à feu (dans un pays hyper-violent).

L’attraction touristique principale est une ferme qui date de 1715 et qui demeure active. J’y ai mangé d’excellents mets entièrement préparés par des Amish. Ils travaillent du ­lever au coucher du soleil, six jours sur sept, coiffés d’un chapeau de paille ; le dimanche, pour la messe (où vont 100 % des membres), ils portent un chapeau noir. Le traitement qu’ils réservent aux animaux est exemplaire; ces pacifistes sont par ailleurs exemptés de service militaire, même en période de conscription. J’avais l’impression ici de vivre dans l’utopie que plusieurs de nos ancêtres cultivaient, celle d’une communauté très chrétienne et résolument agraire, où les gens travaillent fort et où l’alcool est banni. Après une journée là-bas, je suis sorti enchanté de ma visite, et pensif : nous qui nous tuons à travailler et à faire notre place par ambition, nous ne devrions pas rire de ces gens qui sont probablement plus heureux que nous.