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Québec coupe dans la lutte au décrochage

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Photo Le Journal de Québec, Simon Clark Le ministre de l'Éducation François Blais.

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Le ministre de l'Éducation François Blais reconnaît qu'il réduit les sommes d'argent vouées à la lutte au décrochage scolaire.

Les élèves à risque qui bénéficiaient de services offerts par différents organismes communautaires devront trouver ailleurs l'aide dont ils ont besoin, a signifié lundi le ministre l'Éducation. François Blais réagissait aux déclarations du PQ et de la CAQ qui ont dénoncé les coupes dans la lutte au décrochage scolaire.

Les coupes touchent des organismes communautaires qui ont développé, depuis cinq ans, des programmes de soutien à la persévérance scolaire. En outre, Québec retire sa participation annuelle de cinq millions $ du programme à frais partagés Réunir Réussir (R2) avec la Fondation Chagnon. Le programme est sous évaluation a dit le ministre.

«Le très populaire programme Allo prof!, qui est une ligne d'appel et un site internet financé par R2 prendra fin le 30 septembre. Il y a des programmes de prévention, de stimulation à la lecture, pour favoriser la compétence», s'inquiète le député Jean-François Roberge.

«La Fondation Chagnon a convenu d'une enveloppe de 2,5 millions et nous avons des ententes avec 15 des 19 instances régionales de concertation pour les aider dans cette période de transition», a assuré François Lagarde, porte-parole de la Fondation Chagnon. La nouvelle politique jeunesse du gouvernement, attendue d'ici la fin de l'année pourrait offrir de nouvelles sommes, prévoit M. Lagarde. «On souhaite que le gouvernement réaffirme son engagement envers l'éducation et la réussite éducative.»

Une vingtaine d'organismes régionaux de lutte au décrochage ont soit cessé leurs activités ou sont en mode survie. «Pour la grande région de Québec, le programme «La persévérance c'est capital», qui a investi 3,2 millions $ pour la persévérance depuis cinq ans est aboli. Même chose pour Réussite Laval qui avait vu le jour au printemps 2010 et pour Action réussite en Abitibi qui a du mettre la clé dans la porte après avoir investi quatre millions et rejoint plus de 20 000 élèves», a énuméré le député péquiste Alexandre Cloutier.

Au Lac-Saint-Jean, le Conseil régional de prévention de l'abandon scolaire a vu son budget coupé de 800 000 $ à 200 000 $. De huit intervenants à temps complet on est passés à trois à temps partiel, révèle la directrice Isabelle Auclair.

«Ce n'est pas parce qu'un organisme n'offre plus un service qu'il n'y a plus de service pour les jeunes», a plaidé le ministre de l'Éducation. À son avis, les commissions scolaires disposent des ressources pour répondre à la demande. Québec est à réévaluer la pertinence des programmes, même si le taux de décrochage a fondu de 20,3% à 16,2% entre 2009 et 2013. «Il faut regarder ce qui a été fait, est-ce que ça a porté fruit», a plaidé le ministre.

«On était sur la bonne voie. Toute cette mobilisation en faveur de la réussite de nos jeunes est carrément en train de tomber», craint Alexandre Cloutier.

«On maintien pour l'essentiel les sommes que nous mettions dans différents projets; on met à peu près 200 millions par année pour lutter contre le décrochage scolaire», s'est défendu le ministre. Québec souhaite revoir la stratégie de lutte au décrochage. «L'enjeu pour nous c'est beaucoup au niveau de la formation professionnelle», a précisé M. Blais.

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