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TransCanada miniserait les risques de déversement

Selon un expert indépendant

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Largement sous-estimé, le nombre de déversements engendrés par le pipeline Énergie Est pourrait être 30 fois supérieur à ce qu’affirme TransCanada, prévient un expert indépendant.

«TransCanada minimise les risques», prévient Jacques Harvey, expert-conseil en énergie et développement durable. L’analyste qui conseille plusieurs villes en matière énergétique a passé au peigne fin l’historique d’incidents des pipelines de TransCanada.

Il a découvert que l’oléoduc Keystone à un taux de plus de dix déversements par 1000 km par an. C’est 30 fois plus que le taux de déversement que prévoit TransCanada pour Énergie Est. Or, les deux pipelines utilisent des technologies comparables.

Le projet Keystone XL, qui est lui aussi comparable au plan technologique, a quant à lui un taux de déversement quatre fois plus important que ce qui est prévu pour Énergie Est, d’après les chiffres du département d’État américain.

Fuite indétectable

Le porte-parole de TransCanada, Tim Duboyce, réplique que «tous les incidents sur Keystone sont arrivés sur nos terrains, dans nos stations de pompage, et n’ont eu aucun impact sur l’environnement».

Dans un mémoire déposé hier lors de la consultation publique de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) sur Énergie Est, M. Harvey ajoute que TransCanada pourrait prendre de 14 à 90 jours pour détecter les plus petites fuites. Il explique que le système de détection des fuites de l’entreprise ne permet pas de détecter les petites fuites dont le débit est inférieur à 1,5 %.

Dans la même veine, Greenpeace calcule que, si une telle fuite survenait sur Énergie Est, «c’est plus de 2,6 millions de litres qui pourraient s’échapper chaque jour dans l’environnement» sans que TransCanada ne s’en rende compte.

Mais M. Duboyce répond qu’un réseau de points de contrôle et une surveillance aérienne constante permettent de compléter le système de détection automatisé. De plus, TransCanada fait circuler des robots à l’intérieur de sa conduite qui «détectent les failles sur les parois avant qu’il y ait un problème», dit-il.

Coup d’Éclat autochtone

La séance de consultation a été interrompue par des manifestantes autochtones venues du nord de l’Ontario. Criant des slogans avec colère et renversant des chaises, les jeunes femmes ont refusé de présenter un mémoire, car pour elles la CMM préside un processus non démocratique et colonialiste sur un territoire mohawk non cédé.

Les chefs mohawks déposeront quant à eux un mémoire à la CMM le 8 octobre. Le chef Serge Simon de Kanesatake a d’ores et déjà opposé un veto sans appel au projet de TransCanada.