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Si Foglia m’était conté

Si Foglia m’était conté

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Oh que je l’attendais, cet essai, et sans trop savoir ce qu’il pouvait contenir. Parler de Foglia, un «ours mal léché», celui qui faisait vendre de la copie à l’époque de la «grosse Presse» ou le très influent chroniqueur qui fit tant d’émules.


Avouons-le, nous sommes jaloux! Marc-François Bernier, professeur et spécialiste en éthique du journalisme à l’Université d’Ottawa, a réussi son pari. Dans un style fluide, souvent teinté d’humour avec une distance appréciable du sujet (Le Foglia), il nous amène presque dans la tête d’un homme de plume énigmatique, aux limites de l’asociabilité.


Foglia, tout le monde le connaît. Pendant 40 ans et avec parcimonie, il écrivit sur ses chats, le quotidien, s’enflamma contre une éducation qui «foutait et fout encore le camp», ses livres (sa passion) et la liberté. Si son modèle fut Alexandre Vialatte, nous songeons aussi à Cavanna (Les Ritals) et Michel Audiard, le féroce polémiste.


Contrairement à ce que nous avons pu imaginer, ce n’est pas tout à fait un livre pour les journalistes sur un gazetier-chroniqueur, mais bien, un récit captivant sur un homme de cœur, cela va de soi. Ayant relu tous les écrits du trublion de la rue St-Jacques, Marc-François Bernier a divisé son travail par thèmes. De l’éthicien au moraliste, de l’opposant à l’indigné et du lettré au vieux, nous sourions beaucoup, réfléchissons intelligemment, tout en faisant cette remarque essentielle: la plume de Foglia fut unique.


«Je ne comprends pas qu’après tant d’années à me lire vous donniez encore dans l’illusion du “tout-dire”. Je vous ai dit que j’avais des chats, je vous dis que je roule à bicyclette, que ma fiancée fait les sudokus des journaux turcs, je vous dis les livres quels livres je lis, de temps en temps ce que je pense, je vous dis la confiture de mirabelles... je vous dis des choses infimes, mais chaque fois, fouille-moi pourquoi, au lieu d’infimes, vous comprenez intimes [2005].»