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Le nombre d'assistés sociaux à son plus bas au Québec

L’économie et le marché de l’emploi favorables seraient responsables de cette statistique

Drapeau Quebec flag fleurdelysé
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Alors que le gouvernement Couillard s’apprête à légiférer pour inciter les assistés sociaux à se trouver un emploi, le nombre de Québécois vivant de l’aide sociale vient d’atteindre son plus bas niveau en près de 40 ans, a constaté l’Agence QMI.

Selon les dernières données du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS), 439 376 personnes ont bénéficié des programmes d’aide financière de dernier recours (Aide sociale et Solidarité sociale) au mois de juillet.

C’est la première fois depuis octobre 1976, soit un mois avant l’élection du Parti québécois de René Lévesque, que le nombre d’assistés sociaux se retrouve sous la barre des 440 000.

À cette époque, le Québec comptait environ six millions d’habitants, alors que la population dépasse aujourd’hui les 8 millions de personnes. Le taux d’assistance sociale, soit le nombre d’assistés sociaux parmi les personnes âgées de 0 à 64 ans, était donc plus élevé au milieu des années 1970 qu’il ne l’est aujourd’hui (7,3% contre 6,5%).

Facteurs

Selon le relationniste au MESSS David McKeown, cette diminution s’inscrit dans une tendance lourde observée depuis 20 ans. Elle s’explique principalement par une amélioration générale de l’économie québécoise et du marché de l’emploi.

«C’est sûr que le facteur principal, ça demeure une conjoncture économique favorable, a indiqué M. McKeown en entrevue avec l’Agence QMI. Quand, en parallèle, il y a une création d’emplois, c’est certain qu’on observe une diminution du nombre de prestataires de l’assistance sociale, ça va de soi.»

Certaines mesures telles que la prime au travail, l’augmentation du salaire minimum ou encore les places en garderie à contribution réduite ont également eu pour effet de rendre le marché de l’emploi plus attrayant, a ajouté M. McKeown.

Mesures de Couillard?

Le resserrement des critères d’admissibilité aux programmes d’aide sociale effectué par le gouvernement Couillard ne serait pas pour grand-chose dans la baisse du nombre de prestataires, si l’on en croit le ministère.

«On n’est vraiment pas dans ce qu’on pourrait appeler un resserrement majeur de critères, a fait valoir David McKeown. Il y a effectivement eu des modifications réglementaires sur certains aspects, mais c’est vraiment une question de conjoncture économique qui explique la diminution des prestataires.»

Le ministre de l’Emploi, Sam Hamad, a annoncé qu’il ferait en sorte d’inciter les futurs assistés sociaux à se tourner vers le marché du travail cet automne, en augmentant la prestation mensuelle de ceux qui participeront à une formation intensive en emploi, pour la faire passer de 718 $ à 970 $.

 

Dépenses liées aux programmes d’aide financière de dernier recours

 

  • Budget prévu pour 2015-2016: 2,945 milliards $
  • Prestations totales versées en juillet: 238,8 millions $
  • Montant moyen des prestations pour juillet: 751,47 $

Source : Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale

 

Types de contrainte à l’emploi des prestataires d’aide sociale, Québec, juillet 2015

 

  • Sans contrainte: 138 166 (40,2 %)
  • Contraintes temporaires: 70 975 (20,7 %)
  • Contraintes sévères: 127 924 (37,2 %)
  • Conjoints sans contrainte sévère: 6 633 (1,9 %)

Source : Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale