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Le procès d’une chasse aux sorcières

Le procès d’une chasse aux sorcières
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La pièce du dramaturge américain Arthur Miller, Les sorcières de Salem, amorcera une grande tournée au Québec dans les prochains jours. Inspirée de faits réels, l’histoire raconte un procès à glacer le sang, où des femmes seront condamnées à la peine capitale après avoir été accusées d’avoir pratiqué la sorcellerie. Mireille Deyglun, Stéphanie Crête-Blais et Christine Lamer se donnent la réplique.

C’est le producteur et metteur en ­scène Martin Lavigne, de La Comédie Humaine, qui a choisi de monter cette pièce qui a été jouée un peu partout depuis sa création, et qui est inspirée du terrible procès qui a eu lieu à Salem, dans le Massachusetts, en 1692.

The Crucible, son titre original, a fait l’objet d’adaptations au cinéma, dont une production française de 1957 et mettant en vedette Yves Montand et Simone ­Signoret.

Adultère

L’histoire s’amorce par une banale histoire d’adultère, celle de John Proctor et de sa femme Elizabeth, interprétés par Pierre Gendron et Mireille Deyglun. Le couple mène une vie paisible sur une ferme de Salem, ­jusqu’au jour où Abigaïl Williams, (Elizabeth Duperré), leur servante, deviendra la maîtresse de John. Sa ­femme, Élizabeth, s’en rendra compte et chassera la jeune fille de 17 ans de la maison. Mais Abigaïl est ­amoureuse de son patron et pour le ­reconquérir, elle est prête à tout, même à utiliser un rituel de sorcellerie.

Magie noire

«Pour essayer de récupérer l’homme qu’elle aime, Abigaïl et deux de ses amis feront un peu de vaudou», raconte Mireille Deyglun, que l’on a pu voir tout l’été au Théâtre des Hirondelles dans la pièce Parfum de crime. Le ­vaudou, culte originaire d’Afrique de l’Ouest, s’est répandu dans les Caraïbes durant l’époque de l’esclavagisme. Si Abigaïl s’y connaît, c’est par son oncle venu de la Barbade. Mais elle et ses amis se feront prendre dansant nues dans la forêt. Rapidement des ­rumeurs de sorcellerie se répandront dans tout le village de Salem, prétendant même la présence du diable. «À partir de là, les jeunes filles ­commenceront à fabuler par vengeance, espérant faire condamner Élizabeth afin d’avoir le champ libre», précise la comédienne qui sera également de la distribution de la pièce Une heure de tranquillité au Théâtre Duceppe entre deux segments de tournées de Les sorcières de Salem.

La pendaison

La manipulation va prendre des ­proportions démesurées et des innocents seront accusés de sorcellerie, risquant la peine de mort.

C’est principalement les trois adolescentes qui accuseront certaines personnes de les avoir envoûtées lors d’un très long procès. «C’est une ­pièce extrêmement actuelle», souligne Mireille Deyglun faisant référence à l’intimidation. «On démontre dans ­cette pièce que tous les moyens sont bons pour atteindre son but.»

Au final, ce sont vingt exécutions qui ont eu lieu pour pratiques sataniques, dont dix-neuf par pendaison, alors que plusieurs autres présumées sorcières ont été emprisonnées.

LES SORCIÈRES DE SALEM

Auteur: Arthur Miller

Traduction et adaptation: Michel Dumont et Marc Grégoire

Mise en scène: Martin Lavigne

Distribution: Pierre Gendron, ­Elizabeth Duperré, Jean-François Blanchard, Paul Dion, Pierre ­Chagnon, Jean Harvey, Christine Lamer, Sylvie Potvin, Stéphanie Crête-Blais, Roseline Biron et ­Tatiana Zinga Botao

Dès le 10 octobre à Montréal suivi d’une tournée au Québec

Pour toutes les dates: ­www.lacomediehumaine.ca