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La bénédiction pour les chasseurs

Depuis 33 ans, les adeptes de la chasse viennent se recueillir devant un prêtre

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MOFFET | Fusils, animaux empaillés, arcs, munitions et décor forestier côtoient chaque année les objets religieux lors de la traditionnelle messe du chasseur qui précède l’ouverture de la chasse à l’orignal au Témiscamingue.

Comme toute bonne chasse, la messe débute au son d’un call d’orignal. Il y a par la suite une procession spéciale où l’on apporte à l’avant de l’église plusieurs objets reliés avec la chasse comme une trousse de survie, un fusil, des munitions, une hache, un arc, un couteau, etc.

L’autel et les statues religieuses ont été remplacés par une grande tente dans laquelle prend place le célébrant.

Cette étrange tradition où presque tous les paroissiens vont à l’église vêtus de leur uniforme de chasse attire des chasseurs d’un peu partout en Abitibi-Témiscamingue.

La messe du chasseur en était à sa 33e édition samedi soir. Il s’agit d’un événement important pour la petite municipalité de Moffet, dans l’est du Témiscamingue, qui compte moins de 200 habitants.

Animaux empaillés

Pendant la semaine qui précède la messe, plusieurs bénévoles se sont occupés de la décoration. Une vingtaine d’animaux empaillés, dont un orignal, plusieurs castors, un faucon, un loup et un harfang des neiges sont répartis partout dans l’église. On a placé des dizaines d’arbres et de branches dans l’église, ce qui donne des odeurs forestières lorsque l’on entre dans le bâtiment.

Respect de la nature

«Ici, tout le monde va à la chasse. Il n’y a plus personne dans les villages pendant la période de la chasse. Tout le monde est dans le bois. C’est donc important de bien s’y préparer et cette messe est une bonne occasion pour le faire», a raconté la responsable de la fabrique de la paroisse de Moffet, Micheline St-Onge.

L’évêque du diocèse de Rouyn-Noranda, Mgr Dorylas Moreau, a beaucoup insisté sur la protection de l’environnement pendant son homélie.

«La chasse ne sera plus jamais la même depuis l’encyclique du pape François qui parle de notre maison commune et du respect de l’environnement. Ça ne veut pas dire de ne pas chasser, mais de le faire avec respect sans tomber dans la tricherie et le gaspillage du gibier», a-t-il dit.

De la viande pour l’évêque

Malgré l’étrange décoration, la célébration est sérieuse, mais Mgr Moreau, un ancien chasseur, a tout de même lancé cette boutade aux paroissiens. «Si vous voulez réussir votre chasse, promettez un morceau de viande à l’évêque.»