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Le capitaine fier de ses racines francophones

Il a assisté cette semaine à sa première messe en français à l’église Immaculée-Conception

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Qui aurait pensé qu’on verrait un jour un capitaine du Canadien d’origine américaine dont la grand-mère est native du Plateau Mont-Royal? C’est bien la preuve que le monde est petit.

Vous auriez dû voir, d’ailleurs, la réaction des gens qui ont aperçu Max Pacioretty devant l’église Immaculée-Conception, là même où sa grand-mère Thérèse Savoie a été baptisée, alors qu’il posait pour notre photographe Chantal Poirier, lundi après-midi.

Max Pacioretty au coin de Papineau et Rachel?

Pourquoi pas!

Il y avait longtemps qu’on avait vu un capitaine du Canadien dans un fief francophone.

C’était amusant à voir, mais pour Pacioretty, c’était normal qu’il soit là. C’était un clin d’œil qu’il faisait à sa grand-mère, mais aux Montréalais aussi.

La séance photo terminée, il est entré à l’église pour assister à sa première messe en français. Ce n’était pas du tape-à-l’œil. Il va à l’église toutes les semaines.

Un 50e mémorable

Pacioretty éprouve pour sa grand-mère la même fierté que celle-ci témoigne à son endroit.

Il n’a pas la chance de la voir aussi souvent qu’il le voudrait. Mais quand l’occasion se présente après la saison de hockey, il ne la rate pas.

Dans sa jeunesse, il partait du Connecticut avec ses parents Raymond et Ana et sa sœur Kathty pour rendre visite à ses grands-parents en Californie.

Il y a une quinzaine d’années, les cinq filles et deux garçons du couple sont débarqués chez leurs parents avec leur ribambelle d’enfants à l’occasion de leur 50e anniversaire de mariage.

«Ce fut toute une fête!, raconte Pacioretty.

«Tout le monde était là, tantes et oncles, cousins et cousines. On a engorgé la maison durant deux semaines, mais je sais que mes grands-parents ont apprécié.»

Deux arrières-petits-fils

La dernière fois que Pacioretty a rendu visite à sa grand-mère, c’était il y a deux ans. Mme Pacioretty a fait connaissance avec son arrière-petit-fils Lorenzo.

Un deuxième garçon, Mimos, s’est ajouté à la famille du joueur du Tricolore en juin dernier.

Pacioretty et son épouse Katia, ancienne joueuse professionnelle de tennis dont le frère Maxim Afinogenov a joué avec les Sabres de Buffalo, comptent bien présenter leur deuxième rejeton à son arrière-grand-mère l’été prochain.

À moins que Mme Pacioretty ne s’amène à Montréal au cours des prochains mois, comme elle aimerait bien le faire.

De bon conseil en affaires

Quand on vous dit qu’elle est allumée, son petit-fils raconte ce qui suit.

«Mes parents vantent toujours sa grande intelligence, souligne-t-il.

«Elle a un excellent sens des affaires encore aujourd’hui. C’est impressionnant de voir ça chez une personne de son âge.

«Elle a été d’une grande utilité à mon père quand il s’est lancé en affaires. Mon père a beaucoup appris d’elle et il a bien réussi. Lui aussi a la bosse des affaires.

«J’espère que ça ne sautera pas d’une génération!»

Belle générosité

Mme Pacioretty est généreuse avec ça.

«L’été dernier, mon père lui a raconté que la fille d’un frère de ma mère [famille Kolenda] habitant San Francisco avait besoin d’une voiture pour son travail, relate-t-il.

«Sans connaître ma cousine, ma grand-mère lui a offert la Volvo qu’elle possédait encore même si elle ne conduit plus depuis un certain temps.

«Elle n’avait pas à faire ça puisque la jeune femme n’est pas parente avec elle. Mais elle y tenait. J’adorerais faire ça, a-t-elle dit à mon père.

«Une voiture lavée de fond en comble attendait la nièce de ma mère quand elle s’est présentée chez ma grand-mère. La famille de ma mère a été vraiment impressionnée par ce geste de générosité.»

On comprend Pacioretty d’être fier de sa grand-mère.

 

De l’Acadie à la californie

 

L’arbre généalogique de la famille de la grand-mère de Max Pacioretty est le fruit de recherches effectuées par Dominique Ritchot.

Mlle Ritchot s’est initiée à la généalogie il y a 25 ans, alors qu’elle voulait connaître les origines de sa famille.

Puis, elle a commencé à dresser des arbres généalogiques pour des personnes qui lui en faisaient la demande.

Très vite, c’est devenu une passion chez elle. Depuis plusieurs années, elle donne de son temps bénévolement à la Société généalogique canadienne-française, dont le siège est situé sur la rue Davidson à Montréal.

«Comme l’a dit un ancien président de l’organisme, il est impossible de ne pas trouver les origines de toutes personnes ayant vécu au Québec à partir de 1634», se plaît-elle à dire.

Le site de la SGCF regorge d’articles et de documents portant sur l’histoire québécoise sous toutes ses formes. Des cours de généalogie sont offerts et des ateliers ont lieu périodiquement.

Mlle Ritchot s’intéresse particulièrement aux soldats des troupes auxiliaires allemandes (1776-1783) et aux personnalités sportives. Elle a même conçu un site nommé Sport et Généalogie.

Deux noms ont suffi

Au début, elle a retracé les origines des entraîneurs Paul Maurice, né à Sault Sainte-Marie en Ontario, et Peter Laviolette, qui a vu le jour à Franklin, au Massachusetts.

Elle a fait aussi les arbres généalogiques de plusieurs joueurs québécois ayant porté les couleurs du Canadien ainsi que d’autres joueurs francophones tels Jason Pominville et Claude Giroux.

C’est en lisant un article dans lequel il était question du père de Max Pacioretty, publié sur le site du Canadien, qu’elle a appris au sujet des origines québécoises de la mère de celui-ci.

Elle a communiqué avec l’auteur du reportage pour lui demander s’il pouvait communiquer de nouveau avec le père du joueur du Canadien pour recueillir les noms de ses grands-parents maternels.

Avec ces informations en main, Mlle Ritchot a consulté les registres de l’État civil et autres sources de renseignements pour remonter la lignée entière de la famille de Thérèse Savoie.

Il ne lui a fallu qu’une heure pour assembler les renseignements pertinents, mais ce n’est pas toujours aussi facile.

Il faut parfois beaucoup de temps et de patience. Mais étant déterminée à toujours aller au bout de ses recherches, Mlle Ritchot arrive à ses fins.

Déportation des Acadiens

Les premières générations de la famille Savoie ont été expulsées de Port-Royal et de Beaubassin lors de la Déportation des Acadiens par les Britanniques, entre 1755 et 1763.

Les premiers descendants, François Savoie et Catherine Lejeune, se sont mariés à Port-Royal vers 1651.

Pierre Savoie et Marie-Louise Paquin, qui étaient de la quatrième génération, ont trouvé refuge dans le comté de Berthier, plus précisément à Saint-Cuthbert, en 1772.

Les premiers Savoie à s’établir à Montréal sont arrivés au tournant du XXe siècle.

L’arrière grand-père de Max, Wilfrid, était chauffeur-mécanicien. Il s’est marié à Flora Gagnon le 27 janvier 1919. Il est décédé en 1995, à Brossard.

Son arrière-grand-père Pacioretty, Joseph, est né le 2 juin 1882 à Bergamo, dans le nord de l’Italie. Il immigre en Californie vers 1902 et décède le 13 avril 1941 à San Francisco.

Son arrière grand-mère, Dora Maggini, a vu le jour le 1er mai 1887 et est décédée en avril 1976 à San Francisco.

Dominique Ritchot a recueilli ces renseignements auprès des services de recensements fédéraux américains. Elle compte bien compléter la lignée entière des Pacioretty sous peu.

 

 

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