/entertainment/tv
Navigation

Les Spice Boys

La soirée est (encore) jeune
photo courtoisie Olivier Niquet, Jean-Sébastien Girard, Jean-Philippe Wauthier et Fred Savard de La soirée est (encore) jeune.

Coup d'oeil sur cet article

La Soirée est (encore) jeune ne laisse personne indifférent. Les trois chroniqueurs du rendez-vous radiophonique – et maintenant télévisuel – en savent quelque chose. Leur fan-club s’élargit avec les années, mais d’un autre côté, on désapprouve leur humour acerbe, leurs gags qui vont parfois trop loin, leur propension à «faire une émission pour initiés», etc.

Certains auditeurs leur reprochent même d’être un boy band comme les Backstreet Boys, alors qu’en réalité, les gars ressemblent davantage aux Spice Girls, chacun ayant son identité propre, ses couleurs et ses traits caractéristiques. L’animateur Jean-Philippe Wauthier serait ainsi Star Spice (étant donné son omni­présence en ondes cet automne), Olivier Niquet Nerd Spice, Fred Savard Politico Spice et Jean-Sébastien Girard Bitch Spice.

Les principaux intéressés seraient sans doute d’accord avec notre classification, puisqu’en entrevue avec Le Journal, Olivier, Fred et Jean-Sébastien reconnaissent tous jouer un rôle différent dans La soirée est (encore) jeune.

«Nos personnages sont assez typés, déclare Olivier Niquet, le souffre-douleur et geek autoproclamé du groupe. Je suis le plus calme, celui qui parle le moins... C’est un rôle que j’aime, parce que c’est naturel: je suis comme ça dans la vie. Je suis aussi une cible facile, parce que je n’ai pas autant de repartie que les autres.»

Ancien membre des Zapartistes, Fred Savard privilégie les blagues politisées, tandis que Jean-Sébastien Girard compare son rôle à celui du fou du roi. «Je lance les pires vacheries, indique le passionné de Culture avec un grand C. Le côté malaise, le côté «est-ce qu’on va avoir des courriels de plaintes demain?» passe par moi.»

Fan-club

La Soirée est (encore) jeune a toujours compté sur des auditeurs fidèles, même quand elle était diffusée en format d’une heure les vendredis. Quand Radio-Canada a établi le rendez-vous les weekends en août 2014, quadruplant au passage son temps d’antenne, son fan-club n’a fait qu’exploser.

L’hiver dernier, même quand le mercure indiquait -30 degrés Celcius, il n’était pas rare d’apercevoir une file d’attente devant le Helm, la micro-brasserie montréalaise où sont enregistrées les émissions. Le tout, sans même recourir aux services d’une firme spécialisée en recrutement de public.

«On a vraiment senti qu’il se passait quelque chose après la pause de Noël, raconte Jean-Sébastien Girard. Juste en regardant les réservations, on voyait qu’il y avait quelque chose de spécial. Aujourd’hui, les gens doivent réserver leur place sur internet au début de chaque mois et c’est complet en 20 minutes... comme les billets d’un show rock. Ce n’est pourtant pas le propre d’une émission de radio. On n’est pas un groupe de musique!»

Selon Jean-Sébastien Girard, qui décrit La Soirée est (encore) jeune d’«ovni» dans la programmation d’ICI Radio-Canada Première, ce succès est attribuable – en partie du moins – au ton particulièrement baveux du talk-show.

«Dans une ère de rectitude politique, hyper aseptisée où tout le monde est gentil, où tout le monde s’envoie du bonheur comme Marina Orsini, on apporte quelque chose de trash, mais de bon goût, qui détonne un peu. On va très loin, mais c’est bien compris. Les gens comprennent qu’on n’est pas vraiment des abrutis quand on lance des énormités.»

Pour la télé

La Soirée est (encore) jeune a fait le grand saut au petit écran cet automne. Depuis deux semaines, ICI ARTV présente le dimanche soir un condensé des meilleurs moments du rendez-vous radio du samedi. Diffusée le 27 septembre, la première émission a rallié 79 000 téléspectateurs, un excellent score pour ICI ARTV. Celle du 4 octobre a attiré 38 000 personnes, selon les données préliminaires de Numéris.

De leur propre aveu, Olivier Niquet, Fred Savard et Jean-Sébastien Girard craignaient qu’en laissant entrer des caméras de télévision au Helm, les choses changent et affectent la dynamique gagnante du talk-show humoristique. Mais finalement, plus de peur que de mal.

«L’équipe de télé ne participe pas du tout au processus de création, souligne Jean-Sébastien Girard. Ce n’est pas une adaptation, mais une captation. Notre façon de faire reste très artisanale dans la création. Quand on fait nos réunions de contenu, on est juste six: les quatre gars, le réalisateur et le recherchiste. Pour le moment, ça ne change absolument rien.»

Le quatuor continuera de rire et surtout, d’égratigner les politiciens au cours des prochaines semaines. En période électorale, leurs blagues ont beau rebuter certains partisans, ils n’arrêteront pas pour autant.

♦ La soirée est (encore) jeune, sur ICI Radio-Canada Première les samedis et dimanches à 17 h, sur ICI ARTV le dimanche à 19 h.