/sports/hockey/canadien
Navigation

La grand-mère de Max Pacioretty est restée fidèle à ses origines montréalaises

La grand-mère du capitaine du Canadien est restée fidèle à ses origines montréalaises

Coup d'oeil sur cet article

C’est le nom qu’elle porte depuis qu’elle a uni ses destinées à Burton Pacioretty, en 1950. C’est ainsi que le voulait le Code civil à l’époque et elle en est fière.

Qui prenait mari, prenait son nom.

Mais la dame est encore une Savoie de sang et de cœur. Elle parle français sans accent. Thérèse Savoie, de son nom de fille, est la grand-mère paternelle de Max Pacioretty, qui disputera son premier match officiel à titre de nouveau capitaine du Canadien, ce soir à Toronto.

Pendant plus de 35 minutes, elle parle de son enfance dans la paroisse Immaculée-Conception, sur le Plateau Mont-Royal, de sa famille et de sa vie en Californie, de ses petits-enfants et de son petit-fils Maximilien, comme elle l’appelle à un moment donné.

Il n’y a qu’une chose qu’elle veut garder pour elle.

«Ne mentionnez pas mon âge», supplie-t-elle.

La chère dame n’a rien perdu de sa coquetterie, mais elle n’a rien à craindre.

Tout homme doit savoir que l’âge d’une dame est top secret.

Grande famille

Comme toute grand-mère, Mme Pacioretty est fière de sa famille. Elle estime qu’elle et son mari, avocat retraité, ont bien joué leur rôle de parents avec leurs cinq filles et leurs deux garçons.

Quand elle parle de son petit-fils Max, des airs de jeunesse égaient sa voix. On la sent toute pimpante.

«Max adore tellement le hockey, dit-elle.

«Et il est si humble avec ça, ajoute-t-elle.

«Max est de nature tranquille. J’ai dans mon portefeuille une photo de lui où il patine. Je pense qu’il a six ans.»

Mme Pacioretty possède aussi un chandail du Canadien qui lui a été offert lorsque Max a été repêché en 2007.

Ce fut un grand événement dans la famille.

Et voilà qu’aujourd’hui, Pacioretty est capitaine du Tricolore.

«Mon fils Raymond [le père de Max] m’a appelé de Floride, où il vit maintenant, pour m’apprendre la nouvelle, raconte-t-elle.

«Il n’arrivait pas à y croire. Je lui ai dit que Max devait être lui-même renversé. Nos deux familles sont tellement heureuses, continue-t-elle, faisant référence aussi la famille de sa bru Ana Kolenda.

«Je suis convaincu que Max va connaître une bonne saison.»

Bon pour Montréal

Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier

Pacioretty a insisté pour commencer son exposé en français le jour de sa nomination. Sa grand-mère l’a vu à la télévision.

«J’étais tellement contente!, s’exclame sa grand-mère.

«Il a fait ça merveilleusement bien, mais je ne suis pas surprise. Max est quelqu’un de très consciencieux. Qu’il prenne soin de parler français est une grande chose tant pour Montréal que pour moi.»

Sa grand-mère pourrait lui donner des leçons si elle vivait ici. Mais elle a une réponse toute prête.

«Sa sœur Kathy a fait une majeure en français à l’université du Michigan, souligne-t-elle.

«Elle vit à New York et rentre tout juste d’un voyage en France où elle a visité des amis.»

Styliste dans le Big Apple, le français lui est sûrement très utile dans le domaine de la mode.

Mais son célèbre frère comprend lui aussi que le français pourrait lui servir à Montréal. Il suit des cours depuis un an et s’applique beaucoup comme dans tout ce qu’il touche.

Baptisée à Immaculée-Conception

Mme Pacioretty, quant à elle, n’a absolument rien perdu de ses connaissances du français. Elle pense dans sa langue maternelle. Les mots viennent machinalement.

C’est quand même remarquable quand on considère qu’elle vit en anglais depuis qu’elle a quitté le Québec durant la Deuxième Guerre mondiale.

«Dans la famille, on trouve même qu’elle parle anglais avec un accent», dit en riant son petit-fils Max.

Ses souvenirs de Montréal sont clairs et limpides.

«Nous habitions sur la rue Fabre, pas très loin du parc Lafontaine, relate-t-elle.

«Les rues Rachel et Papineau étaient les principales artères du quartier.»

Elle a vu le jour sur l’avenue Bureau, qui est située au nord de Rachel, et a été baptisée à l’église Immaculée-Conception, coin Papineau et Rachel.

La famille a ensuite déménagé sur la rue Peel (alors Colborne), entre Notre-Dame et de la Commune, soit à proximité du Centre Bell. Elle est retournée sur le Plateau Mont-Royal, rue Cartier, puis a résidé sur la rue Saint-Denis, au nord de Bellechasse.

Le père de Mme Pacioretty, Wilfrid, chauffeur-mécanicien de son état, était marié à dame Flora Gagnon. Leur mariage a été célébré à l’église Sacré-Cœur-de-Jésus, que l’on retrouve à l’angle des rues Alexandre-Desève et Ontario Est.

Le couple a eu une autre fille, Claire, qui est décédée d’une pneumonie il y a quelques années.

Infirmière anesthésiste

Jeune fille, Mme Pacioretty a étudié en infirmerie au collège Sacré-Cœur, à Hull.

Puis, elle a reçu une autorisation pour aller étudier aux États-Unis. Elle a obtenu un diplôme d’infirmière-anesthésiste, fonction qui n’existe que dans très peu de pays, le Canada n’étant pas parmi ceux-là.

Elle est revenue travailler à Montréal, mais comme elle ne pouvait exercer sa profession, elle est retournée aux États-Unis. Elle a travaillé à l’hôpital Saint Francis, à Peoria en Illinois, au milieu des années 1940, avant de s’installer à San Francisco.

En 1949, elle a fait la connaissance de l’homme avec qui elle allait convoler l’année suivante.

«Nous venions visiter mes parents chaque année, dit-elle.

«On venait souvent à l’automne. J’adorais observer les belles colories des arbres. Ça me manquait en Californie et je dois dire que c’est toujours le cas.»

Après avoir travaillé environ cinq ans à San Francisco, Mme Pacioretty est devenue mère à plein temps. Avec cinq filles et deux garçons dont Raymond, le père de Max, ses journées étaient bien remplies.

Son mari Burt mettait le pain sur la table pendant qu’elle veillait sur la maisonnée.

«Mes enfants ont étudié à l’université et ils travaillent tous, souligne-t-elle.

«Raymond est le troisième de la lignée. Il s’est beaucoup dévoué pour ses enfants dans leur jeunesse. Max avait trois ans quand il a commencé à patiner chez lui à New Canaan, au Connecticut. Tous les dimanches, Raymond conduisait ses enfants partout pour leurs activités.»

Le jeune Max était loin de se douter qu’il jouerait dans la Ligue nationale de hockey un jour.

Et que dire de sa grand-mère?

Elle n’aurait jamais imaginé que son petit-fils défendrait un jour les couleurs de l’équipe de sa ville natale.

 

Revenir dans un grand Boeing bleu de mer...

Thérèse Savoie
Photo courtoisie
Thérèse Savoie

La grand-mère de Max Pacioretty souhaite ardemment revenir faire un tour à Montréal prochainement.

«J’ai renouvelé mon passeport, confie-t-elle.

«J’adorerais revoir mes cousins et cousines. Ça pourrait être ma dernière visite dans la ville qui m’a vu naître.

«La dernière fois que j’y suis allée, c’était longtemps avant que Max ne soit repêché par le Canadien.»

Mme Pacioretty garde contact avec une cousine qui réside à Brossard. Celle-ci lui envoie des articles traitant de son célèbre petit-fils.

Il fait bon à Santa Rosa

Mme Pacioretty vit dans un quartier résidentiel pour personnes âgées à Santa Rosa, ville située à quelque 80 kilomètres au nord de San Francisco.

Son mari Burt est hospitalisé dans un centre de soins situé dans le même secteur.

Elle se dit très heureuse loin du rythme trépidant des grandes villes.

Le climat est bon. Il faisait 31 Celsius quand on s’est parlé.

Il lui arrive de voir des matchs du Canadien grâce à des gens de sa famille et de son entourage qui veillent à ce qu’elle ne manque de rien.

«Je me couche tard, car je regarde toujours les nouvelles avant d’aller au lit, raconte-t-elle.

«Ça me permet de voir les résultats des matchs de hockey. Les journaux parlent peu de hockey ici.

«Je regarde parfois des matchs des Sharks. Ça dépend de l’horaire que nous offre la télévision.»

Pas le temps d’aller au Forum

Dans sa jeunesse, Mme Pacioretty ne se passionnait pas pour le hockey. Les joueurs du Canadien lui étaient pour ainsi dire inconnus.

«J’entendais mes cousins parler d’eux, mais j’étais trop préoccupée par mes études pour m’intéresser au hockey.

«Je n’ai jamais vu un match au Forum. De toute façon, c’était impossible de se procurer des billets. Il y avait une liste d’attente.»

Les temps n’ont pas trop changé. Mais si elle revient en ville prochainement, elle peut être assurée qu’une place de choix l’attendra au Centre Bell.