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Les villes intimidées par TransCanada

Reprochant à l’entreprise de vouloir diviser pour régner, Terrebonne refuse désormais de la rencontrer

Jean-Marc Robitaille
Photo Journal de Montréal, Anne-Caroline Desplanques Le maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille, est fermement opposé au pipeline Énergie Est de TransCanada dans sa forme actuelle.

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Le maire de Terrebonne reproche à TransCanada de tenter d’intimider les villes et refuse désormais de rencontrer les représentants de l’entreprise albertaine.

«La stratégie de TransCanada est claire, c’est diviser pour régner», a lancé le maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille, jeudi, lors de l’ultime séance de consultation de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) sur le projet de pipeline Énergie Est.

Reprochant au promoteur de l’Ouest de vouloir négocier à la pièce avec chacune des municipalités qu’il veut traverser, le maire «refuse systématiquement les rencontres avec TransCanada» et appelle ses confrères maires à faire de même.

Parler d’une seule voix

Pour lui, il faut parler d’une seule voix. «Les tracés alternatifs discutés individuellement entre des municipalités et TransCanada ont des répercussions sur les villes voisines», explique Terrebonne dans un mémoire déposé à la CMM.

De fait, toutes les rencontres avec TransCanada doivent être coordonnées par la CMM afin que soient formulées «des demandes faisant consensus entre les villes», poursuit la municipalité.

Tim Duboyce, porte-parole de TransCanada, défend néanmoins l’approche individualisée. «Nous trouvons que cette formule fonctionne bien, parce que ça laisse la place aux élus de s’exprimer pleinement auprès de nos représentants», dit-il, espérant avoir d’autres occasions de rencontrer les élus de la Rive-Nord.

Mais le maire Robitaille a déjà pris sa décision: «la Ville de Terrebonne n’a d’autre choix que de s’opposer au projet Énergie Est dans sa forme actuelle», a-t-il dit aux commissaires de la CMM.

Agriculteurs intimidés

Il a souligné que ce projet, s’il voyait le jour, traverserait sa ville sur 12,8 km, dont 3,7 km de boisé et 6,9 km de terres agricoles.

Or, l’organisation écologiste Sierra Club reproche à TransCanada d’user de la même stratégie de division et d’intimidation auprès des agriculteurs dont les terres se trouvent sur sa route. Devant les commissaires de la CMM, l’organisme a souligné que ces petits propriétaires sont «des proies faciles», isolées et peu informées.

La Ville de Terrebonne a quant à elle rappelé que les agriculteurs dépendent des ressources en eau et que leur vulnérabilité est extrême en cas de fuite ou de déversement.

Soulignant que TransCanada veut traverser 21 cours d’eau sur son territoire, la Ville affirme qu’un déversement compromettrait ses engagements en matière de protection des milieux agricoles et de soutien de l’émergence de l’agriculture biologique.

 

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