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Fonds de prévoyance insuffisants: Un frein à la revente

Les propriétaires de condos manquent d’argent pour les travaux

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L’étude dévoilée jeudi matin, qui révèle que les fonds de prévoyance des syndicats de copropriété sont insuffisants pour pallier aux travaux les plus urgents, inquiète les intervenants de l’industrie.

«Les résultats de cette étude nous préoccupent grandement. Si la situation n’est pas dramatique, elle n’est pas positive non plus. L’étude démontre clairement qu’il existe un problème sérieux dans la gestion financière des immeubles à condo», a réagi François-William Simard, directeur des communications à l’APCHQ.

Selon lui, le pourcentage de syndicats qui ont constaté un manque de fonds au moment de réaliser des travaux, soit 41%, est beaucoup trop élevé et il risque d’entraîner des conséquences majeures.

«Le manque d’argent dans les fonds de prévoyance survient dans 63% des cas pour les immeubles âgés de plus de 15 ans», ajoute M. Simard en souhaitant une réforme du Code civil pour mieux encadrer la gestion des copropriétés.

Essentiellement, l’APCHQ, la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ) et le Regroupement des gestionnaires et copropriétaires du Québec (RGCQ) demandent au gouvernement d’intervenir afin d’amener les gestionnaires et administrateurs de condo à se doter

obligatoirement d’une étude de fonds de prévoyance comme c’est le cas en Ontario.

«La copropriété est un secteur clé du marché immobilier au Québec. C’est le produit ciblé par plusieurs premiers acheteurs», a dit Mme Christine St-Jean, membre du conseil d’administration de la FCIQ.

Éviter les mauvaises surprises

Depuis trente ans, affirme-t-elle, le marché de la copropriété a complètement transformé le paysage urbain. En 2014, les courtiers immobiliers ont vendu 14 423 copropriétés au Québec à un prix médian de 215 000$. Dans la région de Québec, cela représente 1 485 ventes au prix médian de 198 500$.

Il faut que l’acheteur ait un meilleur portait quand il achète une copropriété, insiste Mme St-Jean.

«Il faut éviter que les acheteurs se retrouvent avec une mauvaise surprise suite à une acquisition en raison d’une gestion défaillante du syndicat de copropriétés.»

Le manque d’argent dans le fonds de prévoyance est un frein à la revente, sans compter que l’on voit des compagnies d’assurance se retirer de ce marché.

«Si rien n’est fait pour améliorer la gestion des copropriétés, les cotisations spéciales deviendront la norme, ce qui n’est nullement souhaitable. Nous demandons au gouvernement du Québec d’accélérer le processus en matière de révision du Code civil. La copropriété ne doit pas être une boîte à surprise lors de la revente», a poursuivi Mme St-Jean.

Le marché de la copropriété a vécu une «crise des assurances» en 2015 avec le resserrement de l’admissibilité à des produits pour les syndicats de copropriété.

En mars dernier, AVIVA, qui est le deuxième plus grand assureur au monde, s’est retirée de ce type de risque en évoquant justement les fonds de prévoyance insuffisants.

Toujours selon l’étude, les fonds de prévoyance contiennent en moyenne 1,7% de la valeur à neuf des immeubles, ce qui est beaucoup trop faible, estiment les intervenants. Les dispositions du Code civil concernant les copropriétés n’ont pas été réformées depuis 1994.

 

Travaux réalisés depuis dix ans

  • 33 % toiture
  • 25 % balcons et terrasses
  • 25 % revêtement extérieur