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Ces profs qui quittent l’enseignement

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L’article de Daphnée Dion-Viens sur la désertion professionnelle des jeunes enseignants abat quelques mythes, pointe de sérieuses problématiques et ouvre un débat social fort pertinent sur leur recrutement.

L’article de Daphnée Dion-Viens sur la désertion professionnelle des jeunes enseignants abat quelques mythes, pointe de sérieuses problématiques et ouvre un débat social fort pertinent sur leur recrutement.

Sur la base d’une enquête menée par le Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE), la journaliste nous révèle que le quart des enseignants qui ont moins de cinq ans de pratique abandonne la profession. Ce taux de désertion serait à la hausse en considérant une analyse du ministère de l’Éducation qui le situait à 17 % en 2003.

En finir avec la vision bucolique

L’enseignement peut être le plus beau métier du monde, mais il faut cesser d’entretenir cette vision idyllique d’une profession facile avec seulement des enfants qui veulent apprendre.

Il faut cesser d’entretenir cette vision idyllique que l’enseignement est une profession facile avec seulement des enfants qui veulent apprendre

Nos universités ont un devoir de pragmatisme à l’égard de leurs étudiants qui postulent dans les facultés de formation des maîtres. Elles devraient s’interroger sur leurs motivations et mieux leur faire voir les difficultés auxquelles ils seront confrontés dans l’exercice de la profession.

Je ne compte plus les fois dans ma vie professionnelle où j’ai entendu de jeunes enseignants me dire qu’ils s’étaient orientés vers l’enseignement par amour des enfants et parce qu’ils auraient plus de temps pour s’occuper de leurs propres rejetons. Les idées préconçues sont tenaces et leur désenchantement n’en fut que plus grand lorsqu’ils réalisèrent que c’est un métier exigeant et difficile avec beaucoup moins de temps pour leur marmaille qu’ils en espéraient lors de leurs études.

Le profil bas pour survivre

Si, après un parcours universitaire qui n’a pas tué ses belles illusions, le jeune enseignant fait son entrée dans un établissement scolaire la tête remplie de ses idéaux, la réalité a tôt fait de lui faire réaliser le monde à l’envers dans lequel il pénètre.

Contrairement à d’autres professions et métiers où les cas les plus difficiles sont laissés aux employés plus expérimentés et où les tâches plus simples sont déléguées à d’autres collaborateurs, les enseignants sont noyés dans des exigences bien en dehors de leur profession et les plus jeunes écopent des cas les plus complexes.

Tel un pompier lancé dans la lutte aux incendies majeurs en début de carrière, le jeune enseignant qui aura réussi son parcours du combattant sans périr n’aura qu’une envie dans cette quête de survivance. Il recherchera un poste peinard pour abandonner les troubles et dangers aux nouveaux.

Un tel repli reflète le peu de valorisation du métier et révèle plutôt un parcours où les jeunes enseignants réussissent à survivre en se faisant oublier. Ils sont persuadés qu’ils pourront continuer en se tenant loin des ennuis, plutôt que de relever des défis osés.

Admission généralisée

Le taux de désertion est un problème majeur, comme l’affirme le directeur du CRIFPE, mais il ne faudrait pas sous-estimer le laxisme à l’entrée dans nos universités.

Comparativement aux Finlandais qui n’admettent que 10 % des postulants dans leurs facultés d’éducation, nos universités retiennent presque tous les candidats qui font une demande d’admission, malgré une faible cote R.

Mieux encadrer des gens qui ont fait un choix par dépit ou avec de fragiles convictions ne ferait qu’ajouter à la lourdeur de l’insertion professionnelle!

 

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