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Les psychiatres «jouent aux princesses», dit le ministre

<b> Gaétan barrette</b><br><i> Ministre de la Santé </i>
Photo d'archives Gaétan barrette
Ministre de la Santé

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Un psychiatre du CHUM qui traite des gens souffrant de troubles mentaux, comme Francis Jutras, sonne l’alarme concernant le plan d’action en santé mentale de Gaétan Barrette qui, selon lui, ne répond pas aux besoins des gens en crise. Ce à quoi le ministre de la Santé réplique que les «psychiatres jouent aux princesses».

«Il n’y a rien sur les services psychiatriques dans son plan, lance le Dr Olivier Farmer, psychiatre à l'Hôpital Notre-Dame du CHUM. Si le ministère n’oriente pas plus les services, on continuera à faire la même chose qu’il y a 30 ans.»

Le médecin se veut prudent concernant le cas de Francis Jutras, accusé du meurtre de François-Xavier Théberge et qui a un lourd passé psychiatrique et un trouble de l’autisme.

«Je ne peux commenter son dossier, car je ne le connais pas, mais ce que je sais, c’est que les services et l’hébergement pour les gens autistes à l’âge adulte, il n’y en a pas tant que ça. Pas de ressources d’urgence non plus quand la personne fait une crise.»

Sur le terrain

Le ministre, quant à lui, défend son plan qui vise «les patients et non les organisations professionnelles», précise-t-il.

«Le plan d’action en santé mentale est le résultat de consultation étendue et les psychiatres ont été consultés. Et il se trouve que leur position est profondément corporative. Ils veulent que ça passe par eux (l’hospitalisation), mais tout ne passe pas par les psychiatres dans la santé mentale», a-t-il dit.

M. Barrette affirme même que les médecins ne sont pas assez présents pour les patients.

«Les problèmes sont sur le terrain et si les médecins psychiatres descendaient sur le terrain à l’exception du Dr Farmer, ils retrouveraient leurs ressources et seraient plus utiles qu’en restant dans leurs tours d’ivoire.»

À bout de souffle

Pour Christiane Trudel, présidente de la Fédération des familles et amis de la personne atteinte de maladie mentale (FFAPAMM), le drame survenu cette semaine est désolant et réitère l'importance des soins et services pour les gens en crise.

«J’ai envie de pleurer. Je comprends la détresse des familles. C’est très difficile comme situation», explique celle qui a un fils ayant des problèmes de santé mentale.

Selon nos informations, Francis Jutras avait déjà été reconnu coupable de voies de fait à deux reprises au cours des dernières années, dont une fois sur sa propre mère. De plus, il n’aurait pas été très collaboratif à son suivi psychologique et a d’ailleurs été reconnu non criminellement responsable de ses actes par un tribunal dans une cause passée.

«La loi permet à la personne ayant des problèmes mentaux de refuser les traitements ou d’être hospitalisée, mais elle n’est pas apte à prendre cette décision. Les familles ne savent plus quoi faire à ce moment-là. Tu voudrais la faire soigner, mais la personne ne veut pas. La famille devient épuisée et ne sait plus à qui s’adresser, précise Mme Trudel. Mais quand on est capable d’avoir des services, ça fonctionne».

Elle espère maintenant que le nouveau plan d’action du ministre Barrette pourra aider les familles et les gens en détresse.

«Il est difficile pour moi de commenter le plan, car il débute. Au moins il y a une volonté et l’avenir nous le dira», lance-t-elle.

Selon la FFAPAMM, il y a 60 000 demandes d'aide par année en lien avec la santé mentale. Une personne sur cinq sera atteinte de troubles mentaux dans sa vie. 

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