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Stephen Harper, «maître manipulateur» selon un quotidien britannique

Stephen Harper - Marilyn

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Le premier ministre Stephen Harper est un «maître manipulateur» qui méprise les principes de la démocratie, signale sans mettre de gant blanc le quotidien britannique The Guardian dans un article de fond publié hier.

Sous la plume du journaliste et écrivain Nick Davies, le texte du Guardian dépeint pendant quelque 11 pages le chef conservateur canadien comme un politicien populiste et peu scrupuleux.

«Le maître manipulateur pourra-t-il exercer sa magie noire» et se faire réélire une quatrième fois?, s’interroge-t-on dans l’introduction du volumineux article.

«Ce qui rend les politiques de Harper intéressantes, c’est qu’il a perfectionné les tactiques qui visent à prendre et garder le pouvoir – en dépit des exigences de la démocratie», écrit M. Davies. «Le style de leadership de Harper n’est que contrôle - de l’information et des gens», ajoute-t-il plus loin.

Pour illustrer ce sombre tableau, le journaliste décrit en détail les scandales qui ont éclaté pendant les années de Stephen Harper au pouvoir, dont le scandale des «robocalls», l’affaire Mike Duffy et ses démêlés avec la presse et la communauté scientifique.

Comparé à Nixon

«Stephen Harper n’a été reconnu coupable d’aucun crime. Mais sa personnalité semble avoir un fort impact sur l’attitude de son équipe», estime M. Davies.

«Pendant les 11 années depuis qu’il est devenu chef des conservateurs, le parti a été mis à l’amende pour avoir brisé les règles électorales et plusieurs membres de l’équipe Harper ont été pris en train de tromper le parlement, de bâillonner les fonctionnaires [...], de museler les scientifiques, de harceler la Cour suprême, de bâillonner les diplomates, de mentir au public, de dissimuler les preuves de crimes potentiels, d’espionner ses rivaux, d’intimider et de salir», énumère l’article.

«Au lieu d’un gouvernement qui répond à la population, l’électorat est devenu le récipient passif des décisions de l’État», analyse l’écrivain.

M. Davies va même jusqu’à comparer M. Harper à Richard Nixon, le seul président américain à avoir été contrait de démissionner en 1974, après avoir été accusé d’entrave à la justice. Le scandale d’espionnage politique du Watergate était à l’origine de sa destitution.