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Le centre du libre éclate

Centre d'expertise en logiciel libre
capture d'écran, Centre des services partagés Centre d'expertise en logiciel libre

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Ça ne va pas bien pour le Centre d’expertise en logiciel libre du gouvernement (CELL).

 

Créé en avril 2013 par l’initiative du péquiste Stéphane Bédard alors qu’il était président du Conseil du trésor, ce centre avait comme mandat «de développer une expertise de pointe afin d’accompagner les organismes publics dans le développement de solutions basées sur des logiciels libres».

 

Avec l’argent des contribuables, ce centre a donc été pensé, créé, implanté et ajouté aux services gouvernementaux.

 

C’est Patrice Di Marcantonio qui le dirige. Ce dernier n’a pas besoin de présentation dans le milieu. Chargé de cours à l’Université Laval depuis 17 ans, il est aussi un des plus hauts cadres de la fonction publique en informatique depuis 2002. Le CELL s’est doté d’un solide gestionnaire en technologie avec sa nomination.

 

Lancé avec plusieurs bonnes intentions, le CELL était donc considéré comme le berceau de l’implantation du logiciel libre dans l’informatique gouvernementale. Québec, qui traine de la patte à ce chapitre, s’était donc muni d’un outil pour plonger.

 

Le CELL n’a jamais passé proche de se rendre là. Québec ne lui a pas donné les moyens de devenir ce qu’il devait devenir.

 

Les bonnes intentions sont demeurées sur le plan de travail. Concrètement, le CELL n’a jamais eu un rôle important. Quelques initiatives ont vu le jour. Le ministère de la Sécurité publique a par exemple réussi un beau projet de moins de 500 000 $ en géomatique. Pendant ce temps, la France dépense le tiers de ses budgets en informatique dans le libre. Au Québec, le tiers de dépenses, c’est 1,2 milliard de dollars.

 

8 employés au lieu de 20

Le CELL devait être formé de 20 experts en logiciel libre.

 

Mais il y en a 8, dont un en préretraite sous peu.

 

Le CELL est sous la responsabilité du Centre des services partagés du Québec (CSPQ). Mais il sera transféré au Secrétariat du Conseil du trésor. Son rôle sera donc plus de formuler des recommandations plutôt que de verser dans l’«opérationnel» et le développement du libre.

 

Nous avons demandé au CSPQ pourquoi y avaient-ils seulement 8 employés au CELL au lieu de 20 et si effectivement le CELL aura seulement un rôle consultatif ? On s’est limité à dire que le Plan de transformation du CSPQ prévoit que le CELL sera effectivement transféré et que «les travaux entourant le transfert sont en cours».

 

« Inquiétant», dit le PQ

 

« Ça n’a pas de bon sens», a réagi le député du Parti québécois porte-parole des dossiers informatique, Alain Therrien.

 

« Le logiciel libre, c’est la clé pour limiter les coûts», selon lui. « On ne va du tout dans la bonne direction», dit-il, rappelant que l’industrie du logiciel libre avait claqué la porte du comité formé par le gouvernement afin de préparer la réforme informatique en cours au Québec.

 

« Ça commence à sentir mauvais (...) Dans les pays industrialisés, on fait plus d’espace au logiciel libre et nous on recule. On va à contre-courant de ce qui se fait dans le monde. Je ne comprends pas où on s’en va-t-on», poursuit le député de Sanguinet.

 

« On laisse les contrats informatiques entre quelques privilégiés. Regardez les appels d’offres, c’est peu accessible pour tous ceux qui veulent participer (...) le problème est grave», de lancer celui qui va jusqu’à dire que certains groupes dans le milieu sont favorisés.

 

Le gouvernement confirmera ses intentions

 

Le cabinet du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux a aussi tenu à réagir en soulignant que le gouvernement a la volonté de favoriser le logiciel libre.

 

« Mais ça ne passe pas seulement par le CELL», a fait savoir l’attachée de presse de Martin Coiteux, Marie-Ève Pelletier. « La stratégie du gouvernement en technologie de l’information implique des mesures spécifiques en logiciel libre et son déploiement permettra de bien signifier l’intention du gouvernement».