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L’heure de vérité a sonné

Stephen Harper a passé une partie de la campagne à se battre contre une volonté de changement

CANADA-ELECTION/
Photo Reuters Stephen Harper

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Après avoir plongé le pays dans la plus longue campagne électorale de l’histoire du pays, Stephen Harper saura dans 48 heures s’il a gagné son pari de remporter son quatrième mandat à Ottawa.

Quoi qu’il en soit, le premier ministre sortant pourrait fort bien terminer la campagne là où il l’a commencée, chez le gouverneur général qui, après avoir dissous à sa demande le Parlement le 2 août dernier, risque d’avoir à gérer une crise constitutionnelle advenant l’élection d’un gouvernement minoritaire.

«Les libéraux et les néo démocrates, c’est le risque, l’inconnu, c’est l’incertitude économique. La stabilité et la sécurité, c’est notre parti conservateur.» – Ce que Stephen Harper a dit le plus souvent

Après plus de neuf ans au pouvoir, ou plus précisément 3538 jours aux commandes de l’édifice Langevin, le chef conservateur a dû passer une bonne partie de sa campagne à se battre contre la volonté de changement palpable au sein d’une bonne partie de l’électorat. C’est d’ailleurs sans surprise le créneau qu’ont cherché à se disputer ses adversaires libéral et néo-démocrate.

Procès Duffy

Les 78 jours de campagne n’ont pas été de tout repos pour Stephen Harper, qui a connu un bien mauvais départ, alors que tout près du Parlement se déroulait le procès du sénateur conservateur déchu Mike Duffy.

Les questions de qui savait quoi au sujet du chèque personnel de 90 000 $ que son ex-chef de cabinet Nigel Wright avait remis au sénateur pour qu’il rembourse ses dépenses inappropriées au Sénat ont dominé les premières semaines de la campagne et exposé au grand jour les jeux de coulisse et tractations au bureau du premier ministre.

Le petit syrien

La crise syrienne qui a secoué l’Europe a aussi fait son entrée dans la campagne électorale et embarrassé une fois de plus Stephen Harper, lorsque la photo montrant le corps du petit Aylan Kurdi sur une plage en Turquie a ému la planète.

La polémique sur le niqab lancée par les conservateurs dans la foulée d’un jugement de la Cour fédérale d’appel s’est toutefois avérée être une planche de salut pour Stephen Harper, alors troisième dans les sondages à l’échelle du pays.

Au Québec, cet enjeu a fait perdre des plumes au NPD, laissant présager des luttes à quatre dans plusieurs circonscriptions de la province, et redirigé la campagne pancanadienne vers une course serrée entre les libéraux et les conservateurs.

Des données budgétaires plus optimistes que prévu et une récession technique se révélant moins catastrophique qu’anticipé ont aussi joué en faveur de Stephen Harper, lui permettant de recentrer son message sur l’économie.

Si, en 2011, il a fait campagne en suppliant les électeurs de lui confier un gouvernement conservateur majoritaire fort, tel n’est pas le cas cette fois. À Québec, vendredi, il a refusé de dire s’il continuerait de siéger comme simple député sur les banquettes de l’opposition.

 

Les moments forts

L’appui de la «Merveille», Wayne Gretzky, à Stephen Harper lors d’un événement à Toronto.

L’annonce d’un surplus fédéral de 1,9 G$ pour l’exercice financier ayant pris fin le 31 mars plutôt que le déficit prévu de 2 G$.

 

Le moment faible

La photo qui a fait le tour du monde, celle d’Aylan Kurdi, ce petit Syrien qui s’est noyé et qui a échoué sur une plage de Turquie et dont la famille souhaitait se rendre au Canada.

 

Campagne en bref

Moment inusité

Lorsqu’il a participé à l’émission En mode Salvail, où il a chanté au piano Let It Be et Quand le soleil dit bonjour aux montagnes.

La controverse

Le procès de Mike Duffy en début de campagne, où il a été révélé que Ray Novak, actuel chef de cabinet de Stephen Harper, aurait été au courant que son prédécesseur Nigel Wright avait remis un chèque personnel de 90 000 $ à l’ex-sénateur conservateur pour que celui-ci rembourse ses dépenses jugées inappropriées.

 

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