/finance/business
Navigation

Canam avance avec prudence

L’entreprise beauceronne participe activement à la construction du nouveau pont Champlain

Canam avance avec prudence
PHOTO didier debusschère

Coup d'oeil sur cet article

Le Groupe Canam participera activement à la réalisation du nouveau pont Champlain. Pour cette entreprise beauceronne, qui rayonne à l’international, il s’agit d’un contrat parmi les plus importants de son histoire.

Comment s’est développée votre relation d’affaires avec le consortium Groupe Signature sur le Saint-Laurent ?

«Il y avait cinq ou six entreprises au début de l’appel d’offres. Il y avait des Coréens avec Samsung, des Américains avec Kiewit. On a des relations de longue date avec chacun de ces groupes. Par contre, le Groupe Signature, dans sa conception, avait une utilisation de l’acier beaucoup plus intéressante. On s’est mis à travailler avec eux de façon plus étroite.»

C’est donc Canam qui a choisi Groupe Signature et non l’inverse ?

«Tout le monde nous a demandé de travailler pour lui. L’expérience avec Dragados sur l’autoroute 30 avait été difficile en raison d’un échéancier extrêmement serré et du poids des pièces, mais on a appris énormément des Espagnols. Pour le pont Champlain, c’est le même gérant de projet. Collaborer avec les mêmes personnes rend le travail beaucoup plus efficace.»

Est-ce le plus important contrat pour Canam ?

«C’est un projet de 225 M$ CAN qui se partage en deux composantes: 206 M$ pour le pont Champlain et 19 M$ pour la portion de l’île des Sœurs. Ironiquement, le stade des Falcons d’Atlanta va dépasser 240 M$ US avec l’élargissement du mandat initial, soit près de 300 M$ CAN.»

Tout de même, est-ce que le pont Champlain représente une valeur symbolique ?

«Les collègues, les fournisseurs et les banquiers ne veulent pas être rémunérés avec des sentiments. Les éléments économiques sont toujours pris en considération. Pour le pont Champlain, on est relativement confiants parce qu’on a peur. On attaque ça avec prudence. On sait ce que c’est qu’un projet qui peut mal aller. Ce que j’aime du pont Champlain, c’est que sur les trois propositions, c’est celle qui mettait l’acier de l’avant de façon plus importante qui a gagné.»

Pourquoi cette prudence ?

«Les conditions d’octroi du projet sont très orientées vers la cédule. À la fin décembre, en 2018, il faut que le consortium ait livré le projet, sinon il s’expose à des pénalités importantes. Canam a limité son exposition à ces pénalités-là, mais notre deadline est physique. Il faut fabriquer ces morceaux-là et les livrer. Trois ans, c’est vite passé. Les gens qui disent «inquiète-toi pas. Il n’y a pas de problème» sont ceux qui m’énervent le plus.»

Où êtes-vous rendu dans le projet ?

«L’ingénierie est commencée. On a des ententes avec des fournisseurs. Dans les derniers mois, les chargés de projet ont analysé la logistique d’entreposage, la fabrication en usine, la livraison, etc. L’usine de Québec sera la principale usine mise à contribution, mais il y a aussi une usine au New Hampshire qui sera pas mal sollicitée. Nous avons aussi beaucoup de sous-traitants québécois tant en dessin qu’en fabrication. C’est de la belle business.»

Groupe Canam a le vent dans le voile. Depuis cinq ans, vous avez doublé votre chiffre d’affaires. Comment va votre carnet de commandes ?

«On a le meilleur carnet de commandes de notre histoire. On fait environ 10 000 projets par année. Ils sont tous importants. Il y a quatre ans, notre carnet de commandes était moitié-moitié entre le Canada et les États-Unis. Aujourd’hui, 80% de notre chiffre d’affaires vient des États-Unis.»

Qu’est-ce qui arrive quand vous perdez un contrat ? Est-ce que vous le prenez mal ?

«On rationalise en se disant que ce n’est pas grave et qu’il y en aura d’autres. Il y a des projets qu’on aurait souhaité perdre, finalement. Avec le recul, on se dit qu’on était trop bas soumissionnaire. Si on est les seuls à avoir du travail, tout le monde va se mettre à couper dans les prix et personne ne sera en santé. Quand on soumissionne, on dit voici le prix qu’on veut. Si on le perd, celui qui l’obtient sera occupé pour la fois d’après.»

 

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.