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Un pas de plus vers l’accessibilité

Martin Beauregard et Valérie Burnet initiateurs du projet des rampes d'accès AXCS.
CAMILLE GAIOR/24 HEURES/AGENCE QMI Martin Beauregard et Valérie Burnet initiateurs du projet des rampes d'accès AXCS.

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Deux Montréalais ont décidé d’équiper gratuitement 15 commerces d’Hochelaga-Maisonneuve de rampes d’accès mobiles, un premier pas vers un projet qu’ils souhaitent étendre dans pas moins de 500 établissements d’ici l’été prochain.

À peine trois mois après s'être associés à l’entreprise Catapulte pour financer leur projet, Valérie Burnet et Martin Beauregard ont équipé gratuitement 15 commerces d'Hochelaga-Maisonneuve de rampes d’accès mobiles, samedi dernier. Ces équipements faits sur mesure et mobiles permettront d'accommoder l'ensemble de la clientèle selon leurs besoins, de quoi réjouir le propriétaire du magasin de jouets Bric-à-Brac.

«Avec les poussettes, on arrive encore à s’arranger, mais pour nos clients en fauteuil, on les servait généralement à l’extérieur du magasin», relate Yves Dugal, ravi d’être équipé d’une rampe sécuritaire et facile à installer.

Si Martin Beauregard a initié le projet AXCS, c'est parce que les marches l'ont toujours privé de sa liberté. Atteint d'ostéogenèse imparfaite, la «maladie des os de verre», l'homme de 48 ans se déplace en fauteuil roulant depuis sa naissance.

«Le fait qu’il y a des marches partout, c’est un problème pour les personnes en fauteuil, mais aussi les personnes âgées qui ont de la difficulté à se déplacer, les mamans en poussette et complique la vie des livreurs», fait valoir M. Beauregard qui s’est inspiré du projet torontois Stop Gap.

Yves Dugal, propriétaire du magasin Bric-à-Brac sur la rue Ontario est un des 15 commerçants a avoir reçu une rampe d'accès AXCS.
CAMILLE GAIOR/24 HEURES/AGENCE QMI
Yves Dugal, propriétaire du magasin Bric-à-Brac sur la rue Ontario est un des 15 commerçants a avoir reçu une rampe d'accès AXCS.

Une expansion à définir

À peine le projet pilote terminé, l'équipe d’AXCS pense déjà au grand déploiement et espère pouvoir livrer 500 rampes dans autant de commerces d’ici l’été 2016.

«On a déjà approché la Société de développement commercial du boulevard Saint-Laurent et on vise aussi des rues comme Wellington, Notre-Dame ou Saint-Jacques», ajoute Martin Beauregard.

Si les besoins sont facilement identifiables, le processus de fabrication des rampes et leur financement restent à concrétiser.

L'équipe espère pouvoir intégrer le projet auprès d’un établissement de formation aux métiers de la construction et mise sur des partenariats avec des entreprises de matériaux de construction. «On devrait aussi lancer une campagne de sociofinancement.»

Un accueil mitigé

Alors que les premières rampes n’étaient pas encore installées, le projet avait déjà retenu l’attention de Monique Vallée, membre du conseil exécutif de la Ville et responsable du développement social et communautaire. Cette dernière qui a rencontré les fondateurs du concept à deux reprises s'est dit «emballée par le projet et souhaite les accompagner».

De son côté le RAPLIQ, le Regroupement des activistes pour l'inclusion Québec, y voit plutôt un frein à une future loi sur l’accessibilité universelle. «Le problème de l’accessibilité se n’est pas seulement pouvoir entrer dans le magasin, c’est aussi l’aménagement des rangées, des toilettes, la hauteur du comptoir ou du terminal de point de vente», plaide sa présidente Linda Gauthier.